[Dossier] Qu'est-ce que la Toussaint?

Le 1er novembre, c'est la Toussaint. Une fête catholique qui n'est pas la fête des morts mais des saints, c'est-à-dire de tous ceux qui ont vécu fidèles à l’Évangile et au service des autres. L'occasion de rappeler que tous les hommes sont appelés à la sainteté. Ceux que l'Église a proclamés saints sont des figures inspirantes qui peuvent nous guider dans notre foi.

Qu'est-ce que la sainteté?

Le b.a.-ba du christianisme

A quoi servent les saints? Dans la Bible on lit que Dieu seul est saint. Or "Dieu nous partage tout, aussi sa sainteté" explique le Fr. Jean-Pierre Brice Olivier au micro de Mathilde Hauvy.

La liste est longue de celles et ceux que l'Église catholique a reconnus comme saints et saintes. Sur l'existence des saints, le regard des Églises orthodoxes et protestantes diverge. Dans cette émission, Mathilde Hauvy interroge le Père Jean-Pierre Brice Olivier sur ce pense spécifiquement l'Église catholique.
 

"Aux débuts du christianisme, les chrétiens s'appelaient entre eux 'les saints'"

 

LE SAINT DU JOUR - Dans La Matinale RCF, Françoise Juhel dresse le portrait du saint du jour.
> Écouter la chronique

 

Qui sont les saints?

Religieux ou laïcs, adultes ou enfants et même couple. Ceux que l'Église catholique a canonisés sont si nombreux que le calendrier ne suffit pour tous les citer. On connaît sainte Thérèse de Lisieux, sainte Thérèse d'Avila, saint Vincent-de-Paul, saint François d'Assise, mère Téresa, ou sainte Catherine de Sienne, qui sont parmi les plus cités. Ont aussi été déclarés saints, le couple formé par Louis et Zélie Martin, ou encore des enfants ou adolescents, comme saint Dominique Savio.
 



 

tout le monde peut devenir saint

Dieu seul est saint, dit-on souvent. La sainteté est certes l'attribut le plus précis de Dieu, mais "Dieu partage tout", explique fr. Brice Olivier. "Il nous partage qui il est et aussi sa sainteté, nous sommes donc invités à être saints comme lui-même est saint." Par son incarnation, Dieu a montré comment devenir saint. "Il suffit de suivre le Christ et l'Évangile."
 

Être saint, sans doute plus facile qu'on ne le pense

Il y a ceux que l'Église donne à la vénération des fidèles. Il y a aussi tous ceux qui le sont sans qu'on le sache. "Aux débuts du christianisme, les chrétiens s'appelaient entre eux les saints."

 

ÉMISSION ENREGISTRÉE EN octobre 2016

 

La sainteté au quotidien

La sainteté au quotidien

François d'Assise, Thérèse de Lisieux, Edith Stein: face à ces géants de la foi on peut éprouver un certain vertige. Béatrice Soltner reçoit le p. Guy Lepoutre.

Souvent, on voit souvent le saint comme quelqu'un de sévère, coupé de la réalité du monde. Parfois aussi, la sainteté apparaît comme quelque chose d'impeccable, de désincarné. Or, la sainteté met en jeu notre vie de chrétien. Il y a là quelque chose de vital pour le chrétien.

La sainteté c'est se laisser aimé par le Père et devenir à son tour un être empli d'amour. Dieu seul est saint, seule source d'amour rayonnant, communicatif, vibrant dans cette communication. Les êtres humains sont appelés à entrer dans la vie divine, participants de la vie de Dieu.

Mgr Pascal Delannoy: "la sainteté commence par une vie unie au Christ"

Le Grand Invité

​Ce mardi 1er novembre, c’est la Toussaint. La fête de tous les saints, connus ou inconnus.

La Toussaint n’a pas son origine dans les textes bibliques à la différence d’autres grandes fêtes chrétiennes. "Le 1er novembre c’est la date qui a été retenue par l’Eglise, par la tradition, pour fêter et célébrer tous ceux qui sont aujourd’hui présents dans la gloire de Dieu, tout ceux qui nous ont précédé dans cette gloire à laquelle nous sommes tous appelés" explique Mgr Pascal Delannoy, évêque de Saint Denis, vice-président de la Conférence des Evêques de France.

Très concrètement, la sainteté "c’est tout simplement vouloir vivre uni avec le Christ. Quelque fois on pense la sainteté en termes d’exploits. Or la sainteté commence par une vie qui se veut unie au Christ, dans la prière, dans l’Eucharistie, pour entendre ce qu’il attend de nous. Et ce que le Christ attend de nous aujourd’hui, c’est l’amour de Dieu et celui du prochain" précise l'évêque de Saint Denis.

La mystérieuse Joséphine Bakhita vue par Véronique Olmi

La mystérieuse Joséphine Bakhita vue par Véronique Olmi

Il y a des êtres plus lumineux que d'autres, plus mystérieux aussi. La vie et la personnalité de Joséphine Bakhita, esclave devenue religieuse (puis sainte) fascinent Véronique Olmi.

"Ce parcours de femme, cette force, cette personnalité, cette aura... Ça m'a envahit." Pourtant c'est un peu par hasard que Véronique Olmi a découvert Bakhita. De retour du marché à Langeais (Indre-et-Loire), elle est entrée dans l'église de la paroisse Sainte Joséphine Bakhita. Quand elle est ressortie, "[sa] vie avait changé" et elle a aussitôt délaissé le roman qu'elle écrivait pour se consacrer à la sainte. Après quatre réécritures, elle publie "Bakhita" (éd. Albin Michel). La biographie littéraire d’un personnage mystérieux.
 

"Sur son visage un sourire de gratitude et dans ses yeux une profonde tristesse"

 

Joséphine Bakhita, L'esclave devenue religieuse

Sa vie, même une romancière n’oserait imaginer. Joséphine Bakhita (1869-1947) est née au Darfour. À l'âge de 7 ans, elle a été enlevée, puis achetée et revendue plusieurs fois par des négriers msulmans. Elle a 14 ans quand son maître devient le consul italien de Khartoum (la capitale du Soudan). Il l'envoie en Italie, pour y être domestique puis nourrice. Entrée dans l'ordre des Filles de la Charité canossiennes, elle se consacre au service des plus pauvres. 

Elle meurt à 78 ans, en 1947, Jean-Paul II la canonise en 2000. Au cours du XXè siècle s'est développée en Italie toute une imagerie autour de son histoire. L'Italie catholique de l'époque en a fait la figure du petit esclave noir sauvé par un Blanc catholique.
 

Avec Bakhita, Côtoyer L'horreur et le sublime

"Pour qu'une histoire soit merveilleuse, il faut que le début soit terrible bien sûr, mais que le malheur reste acceptable et que personne n'en sorte salit, ni celle qui raconte ni ceux qui écoutent", écrit Véronique Olmi. Avec "Bakhita", elle livre le fruit d'un travail "autant littéraire qu'humain". Difficile de rester indifférent au parcours de cette enfant soudanaise réduite à l'esclavage à 7 ans, et qui ne s'est jamais souvenue de sa vie d'avant. Pas même de son prénom.

Écrire sur Joséphine Bakhita c'est se pencher sur le destin d'une petite qui fille qui a marché 800 km sur le sable et les pierres brûlantes, qui a assisté à des scènes atroces, qui a été chosifiée en devenant esclave. Il y eut "beaucoup de larmes versées en écrivant, confie Véronique Olmi, non pas de l'attendrissement mais un accompagnement." Impossible de ne pas penser à toutes celles et ceux qui encore aujourd'hui, que ce soit en Afrique ou en Asie, et même en Europe, sont réduits à l'esclavage.

 



 

Le Mystère Bakhita

Malgré cette vie très rude, Bakhita n'a cédé ni à la violence ni à l'aigreur. Et c'est probablement ce qui en fait "une femme très étonnante". D'ailleurs, à chaque fois qu'elle croyait l'approcher, la romancière, la personnalité de Bakhita lui échappait. C'est déjà "une force de vie inimaginable", ensuite un parcours de résistance exceptionnel. Tout autre à sa place aurait pu céder à "l'aigreur, la méchanceté ou la folie". "Il y a des êtres plus forts, plus intelligents, plus lumineux que d'autres." Véronique Olmi suppose également chez Joséphine Bakhita un "amour immense" reçu "de ses parents, et de sa jumelle".

"Sur son visage un sourire de gratitude et dans ses yeux une profonde tristesse." Approcher ce type de personnalité c'est ne laisser de côté aucun aspect, fûssent-ils contradictoires. Bakhita, nous dit Véronique Olmi, "n'a jamais été apaisée". Elle vivait une "lutte intérieure constante", dans une "insoumission permanente". Et l'écrivain de confier une "culpabilité" à l'idée de "[s'emparer] de son mystère" et "une peur de la trahir". Ce qu'elle livre n'est pas une biographie d'historien, mais "la réflexion de Bakhita". Celle d'une "lumière que tous ceux qui l'ont approchée ont ressentie". Et la réflexion qu'elle nourrit chez nous au XXIè siècle.

 

Comédienne, dramaturge, romancière, Véronique Olmi est l'auteure d'une œuvre traduite dans de nombreux pays. Elle a notamment écrit "Mathilde" et "Bord de mer" (éd. Actes Sud, 2003) ou encore "Nous étions faits pour être heureux" (2012), "La nuit en vérité" (2013) et "J'aimais mieux quand c'était toi" (2015).

 

 

Vincent de Paul, "le grand saint du Grand Siècle"

Vincent de Paul, "le grand saint du Grand Siècle"

Il n'a trouvé sa vocation qu'à l'âge de 36 ans: servir les pauvres. Il y a 400 ans, Vincent de Paul fondait la confrérie de la Charité et organisait l'exercice de la charité en France.

En 1617, à Châtillon-les-Dombes (aujourd'hui Châtillon-sur-Chalaronne), Vincent de Paul (1581-1660) fonde la première confrérie de la Charité. Dont on fête les 400 ans cette année. Mais la vie de Vincent de Paul est si dense qu'elle est difficile à retracer. Le "grand saint du Grand Siècle", "patron de toutes les œuvres charitables" selon Léon XIII, n'a pas été épargné par des crises de la foi. Lui qui a côtoyé les plus puissants du royaume a organisé l'aide aux plus pauvres. Avec un credo: prendre soin des corps et des âmes.
 

sa vocation: l'exercice de la charité

"Toute sa vie, Vincent considèrera qu'il ne fait les choses que si la Providence le veut", explique sa biographe Marie-Joëlle Guillaume. Vincent de Paul, découvre à trente-six ans quelle serait sa vocation, le service des pauvres. Enfant précoce, né en 1581 dans une famille de paysans, il est choisi par son père pour faire des études en vue de la prêtrise.

Ses rencontres avec Pierre de Bérulle (1575-1629), personnage influent du royaume, puis avec Philippe-Emmanuel et Françoise Marguerite de Gondi sont décisives. Le premier devient son père spirituel et lui fait rencontrer les personnes influentes de la noblesse fançaise. C'est avec le soutien notamment financier des Gondi qu'il fonde la première confrérie de la Charité, dont on fête cette année le 400è anniversaire.
 

Vie de Vincent de Paul en quelques dates
• 1610 Devient aumônier de Marguerite de France, la "reine Margot"
• 1609 Rencontre avec Pierre de Bérulle
• 1613 Rencontre avec la famille de Gondi
• 25 janvier 1617 Prononce le fameux Sermon de Folleville (Somme) sur la réconciliation et les confesssions générales
• 20 août 1617 À Châtillon-les-Dombes (Ain) reçoit l'appel au secours d'une famille malade comme un appel de la Providence
• 8 décembre 1617 Fondation de la première confrérie de la charité
• 1625 Fondation de la congrégation de la Mission (lazaristes)
• 1633 Fondation des Filles de la Charité
• 27 septembre 1660 Mort à Paris
• 16 juin 1737 Canonisation par le pape Clément XII

 

 "Une confiance en la Providence qu'il gardera toute son existence"

 

une confiance en la providence

À deux reprises au cours de sa vie, Vincent de Paul a connu des crises de la foi. Des périodes où "il voit s'écrouler tout ce à quoi il croit depuis son enfance". Sans perdre totalement l'espérance, nous dit sa biographe. Vincent de Paul conserve le texte du "Credo" sur sa poitrine et porte la main à son cœur dès que le doute le prend. "Cette confiance en Dieu qu'il a gardée est certainement à la racine de cette confiance en la Providence qu'il gardera toute son existence."
 

Prendre soin des corps et des âmes

Ces crises spirituelles sont d'une importance capitale pour comprendre la spiritualité vincentienne. De là vient le soin particulier qu'avait Vincent de Paul à ne pas séparer le spirituel et le temporel. "Quand il voudra s'occuper des pauvres il ne mettra jamais de côté leur âme car au fond il sait à quel point sa propre âme a souffert."

 

Saint Dominique Savio, patron des adolescents, vu par le P. Jean-Marie Petitclerc

Halte spirituelle, l'intégrale

Dominique Savio est un adolescent de la fin du XIXè siècle qui voulait devenir saint. Un itinéraire fulgurant puisqu’il est mort à l'âge 15 ans et qu’il a été canonisé en 1954.

"C'est dans son travail quotidien, ses camaraderies quotidiennes, ses activités quotidiennes, que Dominique a créé cet itinéraire de sainteté." Il y a quelque chose comme un prélude à la petite voix de sainte Thérèse de Lisieux dans la spiritualité de saint Dominique Savio. 175 ans après la naissance du célèbre adolescent turinois, le Père Jean-Marie Petitclerc publie "Prier 15 jours avec Dominique Savio" (éd. Nouvelle Cité). Prêtre éducateur, il appartient à la congrégation des Salésiens de Don Bosco.
 

L'adolescent était "un gamin comme les autres", qui a mis de "l'extraordinaire dans l'ordinaire"

 

une époque similaire à la nôtre

Comme les adolescents d'aujourd'hui, Dominique Savio a vécu à une période de bouleversements sociétaux. L'Italie du milieu du XIXè siècle était celle des débuts d'un exode rural important. En 2017, nous passons d'un modèle de société industrielle à une ère post-industrielle. Dans de telles conditions, difficile de se projeter dans l'avenir! Et pourtant c'est ce dont on a besoin au sortir de l'enfance. Il a aussi connu les difficultés du vivre ensemble à une époque, qui tout comme la nôtre, connaît d'importants flux migratoires.

 



 

 

un gamin comme les autres

Mort juste avant ses 15 ans, Dominique Savio (1842-1857) a connu les bouleversements propres à l'adolescence. Des questionnements universels - Qui suis-je? Quel est le sens de la vie? - que se posent évidemment les jeunes au XXIè siècle. En 1854, il fait la rencontre de Don Bosco, qui tout de suite, repère le potentiel du jeune garçon. Comme le dit le P. Jean-Marie Petitclerc, "leur relation a fait progresser et l'éducateur et le jeune". Mais l'auteur de "Prier 15 jours avec Dominique Savio" a tenu à "lutter contre la façon qu'on a eue parfois de le statufier". L'adolescent était "un gamin comme les autres", qui a mis de "l'extraordinaire dans l'ordinaire".

 

Sainte Thérèse de Lisieux, "une destinée absolument magnifique"

Sainte Thérèse de Lisieux, "une destinée absolument magnifique"

Chez Thérèse, on trouve avec Philippe Le Guillou une figure du don total, brûlant de mener une vie de prière et de méditation, "et en même temps jeune fille extrêmement incarnée".

Lisieux. À première vue, une ville comme une autre, avec ses oisifs, ses promeneurs, sa jeunesse. "Ceux qui sont là aujourd'hui ont-ils encore conscience de ce qui s'est passé?" Dans les rues de Lisieux, Philippe Le Guillou se questionne, médite, observe. Le temps d'une journée il a "scrupuleusement" suivi les lignes bleues tracées dans la ville, pour un pèlerinage sur les lieux thérésiens - Les Buissonets, la basilique, le carmel - qu'il raconte dans "La sainte au sablier" (éd. Salvator). Son ouvrage est l'hommage d'un romancier à "une destinée magnifique". C'est aussi une méditation qu'il propose, sur cet "acquiescement à la miséricorde" qui caractérise la vie de sainte Thérèse.
 

"Le romancier, indépendamment du chrétien, ne pouvait qu'être fasciné par une destinée absolument magnifique."

 

Thérèse, récit d'une destinée

Ce n'est ni en théologien ni en historien mais en romancier, que Philippe Le Guillou s'empare de la destinée de Thérèse. Lui qui "croit beaucoup à la nécessité de traverser les espaces et les villes", nous conduit avec son guide, à redécouvrir sainte Thérèse de Lisieux au long des lieux qu'elle a fréquentés.
Thérèse Martin, c'est cette jeune fille entrée au carmel à l'âge de 15 ans, morte à 24 ans de la tuberculose après neuf années de vie religieuse marquée par l'épreuve d'une nuit de la foi. Elle est devenue par ses écrits et sa destinée l'une des saintes les plus vénérées dans le monde.

"L'Église il est vrai, a l'éternité pour elle, mais Thérèse brûle, elle se consume déjà, c'est une chandelle fragile, précaire, condamnée."
Philippe LE GUILLOU

 

figure du don total

Chez Thérèse, on trouve avec Philippe Le Guillou une figure du don total, brûlant de mener une vie de prière et de méditation, "et en même temps jeune fille extrêmement incarnée". La sainte a laissé de "très belles pages", insiste le romancier, sur la nature notamment. À quoi elle renonce "pour servir ses soeurs, prier, entrer en correspondance avec des séminaristes, affronter le terrible calvaire de la maladie et la nuit de la foi". "Le romancier indépendamment du chrétien ne pouvait qu'être fasciné par une destinée absolument magnifique, exceptionnelle."
 

"un acquiescement à la miséricorde"

Philippe Le Guillou éloigne de sainte Thérèse toute image fleurie, mièvre, qui encombre souvent sa spiritualité. Si naïveté il y a chez elle, c'est au sens premier du terme: quelque chose de "natif", "c'est-à-dire un jaillissement du cœur, de la foi, de cette confiance qui s'assombrit, qui flirte avecles lisières du gouffre". Dans ce qui qui étonne et fascine chez Thérèse, le choix d'une vie de renoncement et de souffrance, le romancier - ou le croyant - voit "un acquiescement à la miséricorde".

 

Haut-fonctionnaire de l'Éducation nationale, Philippe Le Guillou est romancier et essayiste, il a écrit une cinquantaine d'ouvrages, dont "Les sept noms du peintre" (1997 - prix Médicis), "Le bateau Brume" (2010) ou "L’intimité de la rivière" (2011) aux éditions Gallimard.

- émission diffusée le 8 mars 2017 - 

Sur le même thème :