Journée mondiale des réfugiés - Le pape invite à écouter "leurs histoires de souffrance et d'espérance"

Le 20 juin est la Journée mondiale des réfugiés voulue par l'ONU, qui lance un appel à la "compassion" pour les réfugiés. Le pape François associe l'Église à cette initiative: il encourage chacun à rencontrer personnellement des réfugiés et à écouter "leurs histoires de souffrance et d'espérance".

L'Assemblée générale des Nations unies a décidé en 2001 que le 20 juin serait la Journée mondiale des réfugiés. Si l'Église catholique célèbre le 15 janvier la Journée mondiale du Migrant et du Réfugié, le pape François s'associe à l'initiative de l'ONU.
 

Pape François: "Leurs histoires de souffrance et d’espérance peuvent devenir occasion de rencontre fraternelle et de vraie connaissance réciproque"

 


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pour une "rencontre personnelle avec les réfugiés"

Ce mardi, la page Facebook La Vidéo du Pape a republié l'appel que lançait le pape en 2016. "Nous devons passer de l'indifférence et de la peur à l'acceptation de l'autre. Car cet autre pourrait être toi. Ou moi...", disait le chef de l'Église catholique. Et lors de la prière de l'Angélus place Saint-Pierre, dimanche dernier, il a encouragé à "la rencontre personnelle avec les réfugiés", rencontre qui "dissipe les peurs et les idéologies déformées". Il a aussi invité à écouter "leurs histoires de souffrance et d’espérance", qui "peuvent devenir une occasion de rencontre fraternelle et de vraie connaissance réciproque".
 

 

Le pape a aussi parlé d'une "attention concrète" à porter "aux femmes, aux hommes et aux enfants qui fuient les conflits, les violences et les persécutions". Hier, lundi 19 juin 2017, il a rencontré des réfugiés accueillis dans des paroisses de Rome. Au total, ce sont 38 communautés paroissiales et instituts religieux de la capitale italienne qui ont hébergé 121 personnes depuis l’appel lancé le 6 septembre 2015 par le souverain pontife (selon Radio Vatican).

 


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L'onu lance un appel à la "compassion"

L'Organisation des Nations unies annonce que le 20 juin est une journée pour "[commémorer] la force, le courage et la résilience de millions de réfugiés". Ce mardi 20 juin, le secrétaire général de l'ONU a délivré un message vidéo sur Facebook. "En cette journée mondiale des réfugés, il importe de méditer sur le courage de ceux qui ont fui et la compassion de ceux qui les accueillent à bras ouverts." António Guterres rappelle que ce sont "les pays les plus mal lotis" qui "en font le plus pour les réfugiés". Il voit là une "véritable source d'inspiration".
 

 

un cadre global pour 2018

António Guterres renouvelle l'appel lancé en 2016. "Nous devons prendre l'engagement de restaurer l'intégrité du régime international de protection des réfugiés." L'ONU souhaite que d'ici 2018, un "cadre global d'aide aux réfugiés" soit développé. Sous le signe de la solidarité et dans le but de soulager les Etats qui accueillent le plus de réfugiés.
 



 

L'ONU entend mobiliser les internautes grâce au hashtag #Aveclesréfugiés. Sur le site de la Journée mondiale des réfugiés, elle invite à signer une pétition à l'intention des gouvernements. Elle vise à favoriser l'éducation des enfants réfugiés, protéger les familles réfugiées et l'insertion professionnelle de chaque réfugié.

 

Réfugiés: sortir de l'impasse

Le temps de le dire

Le débat sur l'accueil des migrants est si tendu aujourd'hui qu'on n'ose pas toucher à la Convention de Genève. Le texte de 1951 est pourtant inadapté à la situation actuelle.

Ces dernières années, dans Le Temps de le Dire, il n'est pas un trimestre sans que l'on aborde la question des migrants. Certains parmi nos auditeurs s'en plaignent, d'autres s'inquiètent de la difficulté d'accueillir dignement ces personnes qui ont souvent traversé l'enfer avant d'arriver en France. D'autres enfin témoignent de leur engagement dans l'accompagnement de ces personnes.
 

Aujourd'hui, les raisons qui poussent une personne à fuir son pays sont multiples

 

Calais, huit mois après

Or, depuis le démantèlement du camp de Calais, en octobre dernier, la situation ne s'est pas améliorée, loin s'en faut. Les associations continuent de dénoncer le harcèlement dont elles font l'objet de la part des forces de l'ordre. Et Gérard Collomb vient d'annoncer, le 6 juin dernier, l'envoi de plus de 150 policiers et gendarmes à Calais.

Dans ce contexte, la revue Projet publie son dossier de juin "Réfugiés: sortir de l'impasse". Un dossier pour nous permettre de rester au plus près du terrain. De ce que vivent les migrants et ceux qui leur viennent en aide.
 

Réfugiés: sortir de l'impasse - Pour toute personne en danger dans son pays, l'hospitalité était devenue un droit. Mais notre civilisation régresse. La France et l'Europe trient, chassent, rejettent bon nombre de celles et ceux qui frappent à leurs portes. Dans un sursaut d'humanité, des citoyens, des associations prennent le relai. Jusqu'à quand?
> Lire le dossier de la revue Projet

 

Ce qui est sûr, c'est qu'à Calais, comme au Cedre (Centre d’entraide pour les demandeurs d’asile et les réfugiés, dans le XIXè arrondissement de Paris, les réfugiés sont fatigués. "Ils ont subi des menaces, des violences, dans leur pays et aussi dans le voyage qu'ils ont entrepris pour arriver jusque là", explique Julien Fromanger. Une fois arrivés, reste l'attente et le labyrinthe administratif pour obtenir le statut de réfugié.

 



 

Fuir une persécution, être privé de droits

Réfugié. "Même ce statut protecteur n'est plus respecté", déplore Jean Merckaert. La période durant laquelle le migrant est privé de droits est "antagonique avec le socle de valeurs de l'Europe et de la France". Avec la Convention de Genève, la communauté internationale s'accordait pourtant sur le droit d'une personne à être accueillie dans un autre pays, en cas de persécution.
 

Dans le contexte actuel, réviser la Convention pourrait aboutir à un texte encore moins favorable pour les migrants

 

réviser la convention de Genève

La Convention de 1951 relative au statut des réfugiés est aujourd'hui "un instrument inadapté", selon François Gemenne. Car la situation est bien plus complexe qu'en 1951. Et les raisons qui poussent une personne à fuir son pays sont multiples - économiques, politiques, sociales ou climatiques. Ainsi la frontière entre migration forcée ou volontaire est-elle de plus en plus floue.

Aujourd'hui, le débat sur la question des migrants est très tendu. Trop tendu même. Si bien que réviser la Convention pourrait aboutir à un texte encore moins favorable pour les migrants.

 

Mineurs, les plus vulnérables des migrants

Le temps de le dire

Au nom de leur "droit d’être des enfants" (pape François), l’Église consacre la 103è Journée mondiale du Migrant et du Réfugié aux mineurs. On en parle avec Stéphanie Gallet.

Le 15 janvier 2017 Journée mondiale du Migrant et du Réfugié

Par cette journée, l’Eglise catholique veut rappeler, de par le monde, ses convictions et ses engagements pour que soient respectés et reconnus dans leurs droits et dignité les migrants, les réfugiés, les demandeurs d’asile et tous les hommes et femmes de la migration. Les catholiques devront mettre à profit cette journée pour renouveler dans la foi leur confiance en Jésus-Christ, visage d’un Dieu Père de tous les hommes, de toutes langues, origines et cultures.
Source: Eglise catholique en France

 

"Migrants mineurs, vulnérables et sans voix"

Le pape François a choisi pour cette 103è Journée, le thème des "Migrants mineurs, vulnérables et sans voix". Parce que "parmi les migrants, écrit-il dans son message, les enfants constituent le groupe le plus vulnérable", l'Eglise encourage les communautés d'accueil à veiller à l'intégration des mineurs, proies faciles pour les trafics les plus dégradants. "Les migrants mineurs échouent facilement aux plus bas niveaux de la dégradation humaine." Le pape adresse aussi un appel à la communauté internationale pour enrayer les conflits qui sont à l'origine des phénomènes migratoires.

MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS POUR LA JOURNÉE MONDIALE DU MIGRANT ET DU RÉFUGIÉ 2017

 

mineurs dans la "jungle" de Calais et autour

Les mineurs qui arrivent dans notre pays sont d'abord des enfants et des adolescents avant d'être des étrangers en situation irrégulière. Fin octobre 2016, après le dernier démantèlement de la "jungle" de Calais, on semblait le découvrir, en voyant dans les médias des photos de migrants mineurs errer dans les rues. On pense qu'il y avait dans le camp mais aussi dans les environs "plus ou moins 10% de mineurs étrangers isolés ou en lien avec un majeur mais pas forcément quelqu'un de confiance", explique Evangéline Masson-Diez. Elle est la co-auteure d'un rapport publié par l'UNICEF, "Ni sains, ni saufs: enquête sur les mineurs non accompagnés dans le Nord de la France". Lors de l'enquête, "la majeure partie des jeunes étaient touchés qu'on les écoute", se souvient-elle.

Parmi ces hommes et ces femmes fuyant la guerre, la misère ou l'exploitation, il y a bien des enfants, donc. La diffusion massive de la photo du petit Aylan, en septembre 2015, avait-elle suffisamment marqué les esprits? Elle avait pourtant fait le tour du monde, amplement reprise par la presse et les réseaux sociaux. En écho, à l'occasion de la Journée mondiale du Migrant et du Réfugié, la Pastorale des Migrants a voulu comme affiche une photo d'enfant sur une plage. "Pour dire qu'il y a des victimes et aussi des personnes que l'émigration a sauvées", explique son directeur le P. Carlos Caetano.
 


©Pastorale des Migrants - Affiche de la Journée mondiale du Migrant et du Réfugié

 

"Combien de familles, d'hommes, de femmes, d'enfants, ont été sauvés grâce à leur décision de partir?"

 

Un regard positif sur la migration, c'est possible

Ecouter des migrants mineurs c'est entendre des histoires terrifiantes mais aussi être édifié par la force de ces jeunes. Il faut le rappeler, pour arriver jusqu'en Europe, ils ont affronté les pires épreuves et une fois chez nous, leur calvaire n'est pas terminé. Rozenn Le Berre en témoigne, elle qui a travaillé comme éducatrice dans un service d’accueil pour les jeunes exilés arrivés en France sans leurs parents. "Ce sont des jeunes incroyables, qui ont un espoir incroyable dans leur vie en France."

Dans son livre, "De rêves et de papiers - 547 jours avec les mineurs isolés étrangers" (éd. La Découverte) - un texte bouleversant, souvent assez dur, mais très bien écrit - Rozenn Le Berre décrit ce qui a été son quotidien auprès des jeunes migrants. Elle raconte aussi le périple de Souley, 16 ans, qui a fui le Mali. La jeune femme voulait donner une image non pas "misérabiliste" des migrants, mais au contraire de montrer leur "force" et "leur beauté dans cette lutte-là".

"Derrière le phénomène de la migration il y a quelque chose de positif, non pas quelque chose que l'on doit combattre mais que l'on doit gérer." Ces mots du  P. Carlos Caetano aident à changer de regard sur les jeunes migrants. "On doit souligner les belles choses qui sont en train de se construire: combien de familles, d'hommes, de femmes, d'enfants, ont été sauvés grâce à leur décision de partir?"

 

Emission enregistrée en duplex avec RCF Nord de France

 

Réfugiés et citoyens français, quelles richesses à partager?

Réfugiés et citoyens français, quelles richesses à partager?

Des histoires vraies de rencontres entre réfugiés et citoyens français. Des témoignages croisés d'une richesse partagée. Une émission antidote à la peur.

"Vous Avez Dit Fragile?" donne la parole à des personnes réfugiées et demandeuses d'asile. Toutes ont été logées, ou le sont encore, par le Service jésuite des réfugiés (JRS). Mais ce que l'on souhaite sur RCF ce n'est pas raconter des histoires d'exil. Nos invités les ont confiées mille fois au cours de leurs démarches administratives. Ce qu'ils peuvent nous faire comprendre en revanche, c'est comment des personnes venues de loin, fuyant la guerre, la mort ou la torture dans leur pays, peuvent une fois chez nous en France, apporter leurs richesses humaines. Et réveiller notre capacité à être solidaire et à créer des liens.
 


©Valérie-Anne Maître/RCF Lyon - Enregistrement de "Vous Avez Dit Fragile?"

 

Dipu et Shumon sont arrivés en France en novembre 2015. Ils mesurent les différences qui existent entre les deux pays, notamment en ce qui concerne les libertés individuelles. Au Bangladesh, en effet, comme le dit Dipu, "on ne peut pas écrire sur le gouvernement" et la liberté religieuse n'est pas non plus garantie. Ce dont l'un et l'autre rêvent aujourd'hui c'est de vivre en France "en liberté".
 


©Valérie-Anne Maître/RCF Lyon

 

"Quand Shumon a parlé je me suis retrouvée 47 ans en arrière, témoigne Elga venue assister à l'enregistrement de l'émission, mon mari et moi sommes arrivés à Lyon et la chose qui m'a beaucoup surprise c'était que l'on pouvait parler. Dans notre pays on était condamnés au silence... Il m'a fallu deux ans pour parler à haute voix dans la rue." Il y a 47 ans, Elga fuyait l'Allemagne de l'Est. Pour elle, c'est son histoire qui se répète avec celle de tous les réfugiés.
 

©Valérie-Anne Maître/RCF Lyon

 


Vous avez dit fragile? par RcfLyon  

 

Emission animée par Anne Kerléo et Daniel Maciel (de Patricipation et Fraternité), enregistrée à Lyon - Merci à Valérie-Anne Maître (RCF Lyon) pour ses photos et Léna Bouillard pour ses traductions.
Emission enregistrée en novembre 2016.

logo_pf_2013.jpgRendez-vous mensuel, réalisé en partenariat avec l'association Participation et Fraternité,  "Vous avez dit fragile?" donne la parole aux personnes isolées, en situation de précarité, malades... Des personnes que la vie a fragilisées. Parce que la parole des personnes fragiles doit être entendue, RCF et l'association Participation et Fraternité veulent faire entendre sur les ondes l'espérance que redonne la joie d'être ensemble.Chaque mois, les personnes qui participent à l'émission se réunissent deux ou trois fois dans les semaines qui précèdent la séance d'enregistrement. Le concept de l'émission est porté par la conviction que c'est dans la rencontre que l'on partage, et que pour bien se rencontrer il faut passer du temps ensemble.
 

 

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