Jubilé des personnes malades et handicapées, programmation spéciale

© Vatican

VIDEO | Revivez la messe célébrée à Rome par le pape François, pour le Jubilé des personnes malades et handicapées.

Du 10 au 12 juin 2016, le Vatican organise le Jubilé des personnes malades et handicapées. Un dispositif exceptionnel est mis en place pour assurer le meilleur accueil possible aux pèlerins. Plus de 50.000 personnes étaient attendues pour la messe du dimanche 12 juin.

>> "Aimer malgré tout !" - Lire l'homélie du pape François

 

 

VIDEO | Dimanche 12 juin à 10h, Suivez la messe en direct de Rome

 

> Voir le programme du Jubilé des malades et des personnes avec handicap

Les personnes avec handicap sont précieuses pour l'Eglise

Chrétiens à la Une

Dimanche, c'est le jubilé des malades et des personnes handicapées. Comment vivre sa foi quand on est handicapé ? Comment accompagner les personnes concernées et leur entourage ?

Ce vendredi, l'Eglise célèbre le Jubilé des personnes malades et handicapées. Une grande fête où les plus faibles seront à l'honneur jusqu'à dimanche, et qui se clôturera par une messe spéciale célébrée à Rome par le pape François. L'occasion pour l'Eglise universelle de mettre en avant la différence de ces fidèles, de l'impact que peut avoir leur fragilité sur leur vie spirituelle, un impact très souvent positif.

Pour en parler, deux invités directement concernés, mais à des niveaux différents, par le handicap et la maladie. Cécile Gandon a 33 ans et travaille à l'Office Chrétien des Personnes Handicapées (OCH). Elle est elle-même atteinte d'un handicap moteur depuis sa naissance.  

Margaux Tapié a 25 ans, diplômée d'une école de commerce. Elle vient de passer six mois de service civique pour travailler avec le diocèse de Lyon sur le projet de la "Route des sourires". Cette initiative propose aux jeunes atteints de handicaps physiques et/ou mentaux de participer aux JMJ en suivant le même programme que le diocèse de Lyon tout en leur apportant l’aide dont ils ont besoin.

Le jubilé qui débute vendredi s'intègre dans l'année jubilaire extraordinaire de la Miséricorde. Un mot qui recouvre trois notions pour le pape François. La misère, le pardon mais également la douceur. Des termes qui concernent évidemment les personnes atteintes de maladie et de handicap. En juin 2015, le pape François déclarait à leur sujet : “Chers amis porteurs de handicap, vous êtes précieux pour l’Eglise". C'est cette valeur dont on parle aujourd'hui dans Chrétiens à la Une. 
 

Benoit Gautier, une vie au service du handicap

Benoit Gautier, une vie au  service du handicap

"La foi n'est pas qu'une belle idée ni des rites." Benoît Gautier a fondé La Belle Porte, une association qui accueille des personnes handicapées. Au micro de Claire Le Parc, il raconte comment il a trouvé une façon concrète de vivre sa foi.

> La Belle Porte

 

Emission enregistrée en novembre 2013

Jean-Christophe Parisot: "L'être humain est quelque chose d'extraordinaire"

Jean-Christophe Parisot: "L'être humain est quelque chose d'extraordinaire"

Il est le premier préfet handicapé de France. Jean-Christophe Parisot est un homme engagé et résistant. Il livre à Thierry Lyonnet un témoignage saisissant de force et d'humilité.

Peu de préfets en France sont autant que lui concernés par la question des inégalités. Jean-Christophe Parisot de Bayard est préfet en mission de service public dans le domaine de l'exclusion. Préfet et handicapé. Atteint d'une forme de myopathie, l'alpha-sarcoglycanopathie, il combat chaque jour une maladie évolutive qui lui fait perdre progressivement l'usage de ses muscles. Un jour, sa grand-mère lui a dit: "Ce qui compte ce n'est pas le nombre des années que l'on vit mais ce que l'on en fait.

 


©Jean-Christophe Parisot

 

Jean-Christophe Parisot est un résistant. D'abord parce que son grand-père - Jean Parisot, résistant mort en déportation en 1944 - lui en a transmis l'esprit. S'il avait connu ce petit-fils devenu préfet, sans doute aurait-il trouvé en lui des liens plus forts encore que ceux du sang. "Je suis un résistant quotidiennement contre la maladie, contre la souffrance, contre l'injustice..."

Car il a beau porter l'uniforme, il arrive à Jean-Christophe Parisot de voir dans le regard de ces hauts-fontionnaires "qui se croient premiers de la classe" une "panique" devant le handicap. S'ils l'écoutaient parler de sa maladie comme il le fait au micro de Thierry Lyonnet, sans doute cela éveillerait-il en eux une plus grande intelligence du coeur. Quand en effet il parle de son chemin "de très grande pauvreté", il n'y a pas d'angélisme dans ses propos ni de misérabilisme. Avec sa femme Katia, qu'il a rencontré au lycée, ils partagent un quotidien auquel il faut dire "oui" chaque jour.

 


©Jean-Christophe Parisot

 

Choisir de faire de la maladie non pas une "malédiction" mais une "bénédiction". Au risque de choquer, Jean-Christophe Parisot parle de son handicap comme d'une "chance". Il le reconnaît, "cela peut scandaliser", mais sa façon d'inverser le sort c'est une manière de considérer tout ce que sa situation lui permet de vivre. Certes, il a fallu passer par le deuil et la révolte, lui qui a perdu progressivement l'usage de ses jambes, puis de ses bras, de ses mains, de ses poumons.
 

"Je crois que l'être humain est quelque chose d'extraordinaire,
c'est une merveille et si on ne la protège pas cette merveille on se condamne collectivement.
"

 

Résistant, Jean-Christophe Parisot l'est aussi contre tout ce qui "abime" l'être humain. Que ce soit le préfet qui parle, ou celui qui est devenu à 35 ans "et un jour" le plus jeune diacre de France, son discours s'adresse à tous quand il évoque les dérives possibles de l'euthanasie et les dangers du transhumanisme. N'y a-t-il pas en effet une responsabilité de chacun à rester vigilant?

 


©Jean-Christophe Parisot

 

Il ne mêle en aucun cas sa mission de préfet et son rôle de diacre de l'Eglise catholique, car il respecte trop la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Mais ce qui frappe pourtant c'est la cohérence et l'unité de vie qu'il recherche et revendique. "Je suis stupéfait de voir comment nos contemporains ont une vie cloisonnée par étapes." Résistant et engagé, cet homme en fauteuil roulant au service de la collectivité porte sur son uniforme de préfet la feuille de chêne, symbole de la force brodé au fil d'or.

En 2012, Jean-Christophe Parisot a reçu l'autorisation officielle d'associer à son nom celui de son ancêtre, Bayard. Le célèbre chevalier "sans peur et sans reproche" est l'image même des valeurs de la chevalerie française. Son destrier à lui c'est quatre roues "et non pas quatre pattes", comme il le dit avec humour. "Servir c'est se mettre au niveau de l'autre, c'est accepter de se diminuer pour que l'autre grandisse". Des paroles qui ressemble fort à celle d'un certain Jean l'évangéliste, ce disciple qui annonçait le Christ.

 

Entretien réalisé en mai 2016.

Qu'est-ce qu'une œuvre de miséricorde?

Qu'est-ce qu'une œuvre de miséricorde?

Aimer son frère est une façon d'aimer Dieu ; le chrétien ne peut vivre que de l’Évangile. Les actes de miséricorde font grandir la foi. Le p. Francis Manoukian répond à Bénédicte Draillard.

Dans son message pour le Carême rendu public le mardi 26 janvier 2016, le pape François invitait à une prise de conscience de notre pauvreté devant Dieu. Le guide des catholiques invitait chacun à "réveiller [sa] conscience souvent endormie face au drame de la pauvreté". L'Année de la miséricorde est l'occasion de poser des actes concrets de charité. Et de découvrir ce que sont les œuvres de miséricorde. Il en existe 14. Sept d'entre elles sont dites "œuvres corporelles" et sept autres "œuvres spirituelles". Héritage de l'Ancien Testament, elles sont inspirées de la vie et des actions du Christ lui-même.

Les sept œuvres corporelles de miséricorde: donner à manger aux affamés ; donner à boire à ceux qui ont soif ; vêtir ceux qui sont nus ; accueillir les étrangers ; assister les malades ; visiter les prisonniers ; ensevelir les morts.

 

Les œuvres corporelles de miséricorde sont des réponses aux premiers besoins de l'homme. Elles visent à combler une injustice, à répondr à un cri de détresse de l'homme vers son créateur. Pour le p. Francis Manoukian, dans nos sociétes occidentales, on propose souvent à une personne en situation de précarité de se tourner vers une association ou vers les pouvoirs publics. Ce qui ne nous fait pas toujours prendre conscience de tout ce que l'on peut déjà donner à sa propre échelle. "Le premier besoin souvent c'est d'être regardé", exprime le prêtre qui a souvent participé à des maraudes auprès de SDF. "Dans toute oeuvre de miséricorde il y a d'abord la reconnaissance de la personne humaine."

"Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile!"  (1Co. 9, 16), écrivait saint Paul, mais la parole de Dieu ne peut être coupée des oeuvres de miséricorde. Dans l'Evangile, les oeuvres de Jésus parlent autant que ses discours. Aujourd'hui, les chrétiens sont largement présents dans le secteur de l'humanitaire ou du social. Des chrétiens qui "savent que le Christ est proche de leurs fragilités à eux", selon le prêtre de la communauté de l'Emmanuel. "Ils se sentent eux-mêmes consolés par Dieu".

La justice c'est la miséricorde. Au chapitre 25 de l'Evangile selon saint Matthieu, se trouve un texte fondamental pour tout chrétien. On y comprend que la justice selon Dieu est la miséricorde même. "La justice c'est rendre à chacun ce qui lui est dû", explique le p. Francis Manoukian. Qu'est-ce qui est dû à chacun? D'être approché dans sa misère, dans sa fragilité et dans sa pauvreté. Ce superbe texte renvoie chaque chrétien à sa responsabilité vis-à-vis de son frère malade "ou qui ne connaît pas Dieu", précise le prêtre fondateur d'une équipe missionnaire itinérante.

Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !” (Mt, 25, 34-36)*

 

*Source: AELF