Les JMJ, "une pédagogie de la profondeur", par le p. Pierre de Charentenay

© Światowe Dni Młodzieży Krakow 2016

"On commence par l’émotion, beaucoup d’émotion..." Le père Pierre de Charentenay, sj, consultant pour RCF aux JMJ, livre son regard sur l'événement qui a réuni plus d'un million de jeunes.

  PIERRE_DE_CHA_PORTRAIT_EDITO Les JMJ déroulent une pédagogie que je dirai « de la profondeur ». On commence par l’émotion, beaucoup d’émotion. Des jeunes pleuraient à l’arrivée du pape par exemple. Ensuite, des catéchèses seront une occasion d’approfondissement intellectuel permettant déjà de prendre un peu de distance. Puis, le chemin de croix provoque de très forts sentiments spirituels, sortant les jeunes d’eux-mêmes et de leur quotidien.

Ce cheminement est unique dans une vie en raison des circonstances, la présence du pape, l’attente, l’atmosphère, la foule. Il mène ces jeunes au-delà de la surface de leurs existences, bien au-delà de leurs préoccupations ordinaires, de leurs petits écrans, de leur désir d’être au courant du dernier potin.

Le cheminement des JMJ permet une concentration et une interrogation sur les questions fondamentales.

 

Nous avons rarement l’occasion de toucher les profondeurs de nos vies. Par sa présence, par ses gestes symboliques forts, par sa parole, le pape remue les vieilles habitudes, détruit les routines et ouvre des portes. L’émotion que tout cela provoque creuse une ouverture, une profondeur qui nous est inconnue dans la vie ordinaire. Nous sentons bien que nous sommes dans des zones de nos vies que nous ne fréquentons pas souvent mais qui nous donnent de la joie parce que nous y expérimentons la vérité sur nous-mêmes.
 

Mais la question se pose: qu’est-ce que nous en faisons? On peut tout oublier et partir vers sa maison de campagne, comme disait François au chemin de Croix. Ou on peut essayer de tirer les conséquences de cette expérience. C’est un travail qu’il faut accomplir, un travail de discernement sur la vie en cours, les options qui ont été choisies et qui ne correspondraient pas au niveau de profondeur qui a été expérimenté dans ces journées.

S’ils acceptent le questionnement, les JMJistes sont invités à faire un parcours pour dépasser l’émotion et parvenir à des choix en cohérence avec l’approfondissement de leur foi que ces journées ont provoqué. Le grand mot, c’est bien celui-là, trouver une cohérence avec la profondeur de leurs désirs tels qu’ils sont apparus.

 

Les émotions sont justes, mais elles peuvent être trompeuses si elles ne sont pas suivies d’action. Et la pédagogie du pape est de les ramener tous au concret. La profondeur nous invite au concret. Jésus a choisi d’être proche de ceux qui sont éprouvés, comme le disait le pape à la fin du Chemin de croix. Nous rejoignons le plus profond de la vie chrétienne dans la vie de service.
Voilà un bilan en forme de feuille de route.