Avec la Samaritaine, avoir une foi vivante et vraie

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En Toutes Lettres

lundi 5 mars à 16h00

Durée émission : 25 min

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© P.RAZZO/CIRIC - 12 Août 2013 : Philippe Mac Leod, écrivain, au 140è pèlerinage national à Lourdes

Ceux qui ont la foi tiennent parfois un discours convenu, fabriqué. Or, dans l'Évangile la rencontre entre Jésus et la Samaritaine donne l'idée d'une intensité, de quelque chose qui éveille.

"Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi. Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. »"
(Jn 4, 6-7)

 

Il y a cinq ans, Philippe Mac Leod animait un week-end sur le thème "Avec la Samaritaine, réveillez votre foi !". Comment la rencontre entre Jésus et la Samaritaine peut-elle "réveiller" notre foi ? Et d'abord, pourqupoi partir du principe que notre foi a besoin d'être réveillée? Écrivain et prédicateur, Philippe Mac Leod a vécu 20 ans à Lourdes, à la fois en ermite et en animateur de retraites. Ce qu'il constate, c'est qu'aujourd'hui dans notre Église, "la foi ne désaltère plus". "Beaucoup de gens aujourd'hui, assoifés spirituellement, ne trouvent plus dans les paroisses, de réponse à cette soif profonde." Et c'est bien de soif spirituelle dont il est question dans la rencontre entre Jésus et la Samaritaine. Ce pourquoi il publie aujourd'hui "Évangile de la rencontre - Jésus et la Samaritaine" (éd. Artège).
 

 "Pour rencontrer Jésus, il faut n'avoir plus rien à perdre

 

Ne pas confondre foi et développement personnel

"Ils cherchent une source, ils trouvent un langage un peu fabriqué, qui ronronne, qui se nourrit de lui-même, qui n'éveille pas, qui ne va pas chercher cette source profonde dans ce qu'elle a de vivant, de jaillissant.Observant la foi chez ses contemporains, Philippe Mac Leaod fait cette remarque : "On est peut-être un peu dans l'eau tiède." Il nous alterte sur les méthodes de développement personnel - qu'il ne faut pas rejeter, précise-t-il, car elles peuvent réellement aider "à déblayer le terrain". Là où il faut être vigilant, c'est à ne pas confondre la foi et le développement personnel. "Si on pense que la spiritualité se joue là, on n'avance plus."

 



 

De quoi est faite la dépossession de soi

"Pour vivre la rencontre il faut se déposséder de soi-même", écrit Philippe Mac Leod au début de son livre. Une façon d'annoncer d'emblée ce dont il est question dans ce passage de l'Évangile de Jean. Le personnage de la Samaritaine "traverse tout un conditionnement culturel". Déjà parce que cette rencontre au bord d'un puits, à midi, entre un homme et une femme, a quelque chose de tout à fait improbable. Rien ne les prédisposait à se rencontrer, dans le contexte socio-culturel de l'époque. Et justement, dit l'écrivain, "il va falloir faire un long chemin pour traverser les obstacles". Les malentendus, les quiproquos... 

De plus, la Samaritaine, au moment où elle rencontre le Christ, est en questionnement. On pourrait dire que c'est une personne qui se cherche. "Pour rencontrer Jésus sur sa route, il faut n'avoir plus rien à perdre." C'est-à-dire avoir tout perdu. Contrairement à ce que l'on a souvent dit d'elle, la Samaritaine avec ses cinq maris, n'est pas "une femme jouissive". La vérité, c'est qu'elle est "une femme déçue qui ne trouve pas". Elle se trouve seule à midi, près du puits, à l'écart, comme "désocialisée". En fait, nous dit l'écrivain, "elle est prête". Prête pour "entendre autre chose".

 



 

Ce "no man's land de la foi"

Le message de Philippe Mac Leod, c'est qu'on porte tous en nous un peu de cette terre de Samarie. Ce "no man's land de la foi", où on essaie, on rate on cherche... "On peu avoir une foi mais il y a toujours une région, un pays de soi qui n'a pas été pénétré par l'Évangile en profondeur." Or, Jésus vient jusque là. Il vient nous chercher dans ces zones les plus reculées de nous-mêmes.

"Donne-moi à boire." Le Christ n'aborde pas frontalement la Samaritaine. "Avec la Samamaritaine, Jésus a l'adresse de la délicatesse, il ne la condamne pas, il ne la juge pas, il ne la brusque pas... Il lui fait faire simplement ce chemin qu'elle a envie de faire mais qu'elle ne peut pas faire seule."

 

Écrivain, poète, chroniqueur Philippe Mac Leod est l'auteur de nombreux ouvrages, dont "Poèmes pour habiter la terre" (éd. Le Passeur, 2015), "Avance en vie profonde" (éd. Ad Solem, 2012) ou encore "Petites chroniques d'un chrétien ordinaire" (éd. DDB / La Vie, 2010). Aujourd'hui installé en Bretagne, il a vécu une vingtaine d'années à Lourdes auprès des pèlerins du centre Assomption.

 

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Christophe Henning reçoit chaque semaine un auteur: travail théologique, questions pastorales, dimension liturgique, vie spirituelle, dialogue des religions… Autant de questions évoquées dans un tête-à-tête direct et nourri avec l’auteur.

Le présentateur

Christophe Henning

Journaliste de presse écrite dans le groupe Bayard, Christophe veut susciter le débat et favoriser la rencontre des témoins. Lecteur infatigable, il partage volontiers ses coups de cœur. Dans les studios parisiens de RCF, il donne la parole aux auteurs, mais aussi aux acteurs de la société et de l’Eglise.