La fragilité d'où naît la rencontre

Présentée par Béatrice Soltner

S'abonner à l'émission

Halte spirituelle, l'intégrale

samedi 27 août 2016 à 23h00

Durée émission : 55 min

Halte spirituelle, l'intégrale

© Pablo PORLAN/CIRIC / Septembre 2014, Jean Vanier, fondateur des communautés de l'Arche

Sa découverte des communautés de l'Arche a été décisive pour le P. Christian Salenson. Elle a fait naître en lui une profonde réflexion sur la rencontre, l'altérité. Par Béatrice Soltner.

Sa découverte des communautés de l'Arche a été décisive pour le Père Christian Salenson. Elle a fait naître en lui une profonde réflexion sur la rencontre et l'altérité, réflexion qu'il livre dans son ouvrage "Bouleversante fragilité" (éd. Nouvelle Cité).
 

"être avec", le projet de l'Arche

L'Arche est une association fondée en 1964 par Jean Vanier. Son projet a été de constituer des petites communautés de vie, où vivraient et travailleraient ensemble des personnes adultes en situation de handicap mental et ceux qui les accompagnent. La philosophie de L'Arche c'est de "vivre avec" les personnes ayant un handicap plutôt que de "faire pour" elles. Or, comme le dit Christian Salenson "pour qu'une rencontre soit vraie il faut qu'il y ait parité: sitôt qu'il y a rapport hiérarchique, stratégie ou enjeux, on est dans la relation et pas dans la rencontre".
 


Vendredi 13 mai 2016, visite du pape François à la communauté de L'Arche (Rome)

 

La rencontre, lieu décisif

Qu'est-ce qui fait qu'une rencontre est décisive? Selon le point de vue du Père Christian Salenson, les communautés de L'Arche sont la parabole vivante de ce qu'est la rencontre. C'est-à-dire que l'on y trouve matière à réfléchir au sens que l'on peut lui donner. Pour le théologien, il s'agit d'un lieu "décisif" - décisif pour la vie, décisif pour la rencontre avec Dieu. "On vient au monde parce qu'un homme et une femme se sont rencontrés, on ne grandit que protégés par d'autres... La vie est un tissu de rencontres qui entremêle des regards, des gestes et des paroles."
 

La relation au coeur de notre identité

"Aujourd'hui on dit qu'il faut préserver son identité: on n'a jamais grandit comme ça, s'insurge le prêtre, c'est la différence, l'altérité qui nous fait advenir à ce que nous sommes." S'il est vrai que fondamentalement l'être humain grandit quand il se risque dans la rencontre avec l'autre, alors en va-t-il de même dans la rencontre entre homme et femme ou entre croyants de différentes religions. Si nous n'avons que des identitiés relationnelles, comme disait le philosophe Paul Ricoeur, ce qui est vrai pour la relation homme-femme est vrai pour la relation avec les autres religions.
 

"Je ne peux plus, absolument plus, avoir bétonné mon identité chrétienne alors que cette identité chrétienne, elle est relationnelle, avec les autres croyants."

 

Le paradoxe de la rencontre

Devenir un Je au contact d'un Tu: le lieu de la vraie rencontre est notre vulnérabilité. C'est tout le paradoxe de la rencontre, l'autre sans cesse me déloge et me dérange mais en même temps il me construit. Celui que le P. Christian Salenson tient pour le plus grand philosophe juif, Martin Buber (1878-1965), a cette phrase admirable: "Quand un homme et une femme s'aiment, le souffle des collines éternelles les enveloppe". Le souffle, c'est celui de la transcendance, ce qui s'immisce dans l'altérité, ce que fait surgir la différence. "Quand Dieu crée Adam et Eve, il ne crée par un homme et une femme mais un mâle et une femelle. Quand eux se reconnaissent l'un l'autre et se parlent, alors ils deviennent un homme et une femme: en se risquant dans une parole avec l'autre": ce que retient Christian Salenson du mythe de la création.

 

Invités

  • Christian Salenson , prêtre du diocèse de Nîmes, théologien

Les dernières émissions

L'émission

Tous les vendredis à 23h00

L'émission de référence de RCF! Un format court et quotidien, complété par une version intégrale le samedi, pour engager une réflexion spirituelle profonde et accessible, autour d'une thématique d'actualité.

Le présentateur

Béatrice Soltner

Formée aux arts plastiques et à l'histoire de l'art Béatrice rejoint RCF en 1994. Elle aime faire émerger la parole et l'offrir en partage. La vie intérieure est son domaine de prédilection. Passionnée par la spiritualité et la psychologie, elle s'intéresse aussi au dialogue entre les églises chrétiennes.