L'homme seul face à la souffrance

Présentée par Stéphanie Gallet

S'abonner à l'émission

Le temps de le dire

vendredi 25 mars 2016 à 9h03

Durée émission : 55 min

Le temps de le dire

© Jean-Matthieu GAUTIERCIRIC

La souffrance a toujours une part d'indicible. Ce mal intime qui isole, personne ne peut le vivre à notre place. Pourtant, le Christ l'a traversé. On en parle avec Stéphanie Gallet.

Maladie, accident, chômage, agression, attentat, incendie, perte d'un proche, abandon, trahison... Comme une coulée de boue dévastant tout sur son passage, les catastrophes qui font irruption dans nos vies détruisent ce qui donne sens au quotidien: nos plus solides certitudes, nos carapaces parfois, et même nos convictions.
 

Où est Dieu dans tout ça?

Chez ceux qui ont la foi chevillée au corps aussi, le doute peut s'insinuer. "L'humain est un être d'une très très grande vulnérabilité", observe Véronique Margron. "Nous passons notre temps à imaginer construire des principes de précaution, sauf que tout cela ne comblera jamais cette extrême vulnérabilité de l'humain à qui à tout instant il peut arriver le meilleur comme le tragique."

 

À partir de la sixième heure (c’est-à-dire : midi), l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure.
Vers la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte : « Éli, Éli, lema sabactani ? », ce qui veut dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt, 27, 46-47)*

 

le cri de Jésus: "Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?"

Un cri d'angoisse, de solitude. "Toute souffrance inclut de la solitude car personne ne peut rejoindre ma souffrance dans mon corps", explique Véronique Margron. Grand mal contemporain, la solitude, si elle peut être heureuse, peut aussi devenir "ce qu'il y a de plus noir dans nos vies". Cette solitude subie et vécue comme un sentiment d'abandon, procure le sentiment d'être "seul au monde avec sa détresse".
 

La souffrance ne peut que révolter

"La souffrance est toujours un scandale, car l'être humain n'est pas fait pour ça", pour Véronique Margron. Quand elle a commencé à écrire sur l'épreuve du cancer qu'elle traverse, Marianne Guéroult a d'abord voulu dire "regardez ce que je souffre!". Elle voulait crier comme Job, dire le scandale de la maladie et aussi sa traversée du doute, malgré la foi car Marianne Guéroult est pasteur. "Ecrire a été un peu thérapeutique, poser des mots m'a aidée." Peu à peu l'écriture est devenu pour elle un chemin de vie: "finalement il n'y a pas que la souffrance, je ne suis pas que souffrance, je suis vivante."

 

*source: AELF

 

Invités

  • Marianne Guéroult , pasteur de l’Église Protestante Unie de France

  • Véronique Margron , religieuse dominicaine, théologienne

Les dernières émissions

L'émission

Tous les jours du lundi au vendredi, à partir du lundi 4 septembre 2017

La grande émission interactive pour aborder tous les sujets de société, qui font l'actualité. Stéphanie Gallet reçoit ses invités pour réfléchir, approfondir, apprendre et donner du sens à tous les sujets du moment. Posez vos questions ou témoignez en direct pendant l’émission 04 72 38 20 23 ou par mail à l'adresse letempsdeledire[arobase]rcf.fr.

Le présentateur

Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.