COP21 et accord de Paris, le climat au cœur des débats

Le réchauffement climatique: un défi majeur pour notre monde. L'encyclique du pape François, Laudato Si', montre bien que cet enjeu dépasse la sphère politique. L’enjeu de la COP 21: aboutir au premier accord universel contraignant pour lutter efficacement contre le dérèglement climatique.

La COP21, un moment historique? Du 30 novembre au 12 décembre 2015, les dirigeants et experts du monde entier se sont réunis au Bourget pour la 21ème Conférence de l’ONU sur le climat. L'accord de Paris sera, on l'espère, suivi d'effets.

Certes, il existe déjà, hélas, de nombreuses victimes du réchauffement climatique, certes la préservation de la planète exige la conversion intérieure des individus, certes, tout reste à faire... Mais devant la mobilisation sans précédent qu'a montré la société civile - les églises chrétiennes notamment, il y a fort à parier qu'un tel rassemblement saura garder éveillées nos consciences.

 

Accord de Paris: les Etats s'engagent, les religions encouragent

Le Temps de le dire

Société civile et Églises se réjouissent de l'Accord de Paris. Le premier accord mondial sur le dérèglement climatique sera signé ce vendredi à New York. On en parle avec Stéphanie Gallet.

Vendredi 22 avril 2016, se tient à New York à l’ONU la cérémonie officielle de signature de l’accord trouvé en décembre à l'issue de la COP21. Pour la première fois 195 pays ont accepté de modifier leur façon de consommer de produire de l’énergie, de se déplacer pour émettre moins de CO2. Certes, cet accord est tout sauf contraignant et comporte beaucoup de non-dits ou d’ellipses - la COP21 n’a pas sauvé la planète. "Quand on regarde et qu'on rentre dans les subtilités de l'accord, on se rend qu'un élan a été donné mais qu'il faut rester vigilant", insiste Jean-Baptiste Poncelet. Aussi fragile soit-il, ce texte montre la volonté des Etats de lutter de concert contre le dérèglement climatique. En cela c’est une victoire. "Le fait que l'accord soit universel me semble être un des points fondamentaux", pour Laurent Bopp.

Lundi 18 avril 2016, une pétition signée par 270 hauts-responsables religieux du monde entier et de toutes traditions religieuses a été remise au président de l’Assemblée générale des Nations unies. Ce texte qui rappelle l'aspect moral et spirituel de la crise écologique demande aussi des mesures très concrètes, comme la signature et la ratification de l’Accord de Paris sur le climat. "Un beau premier pas post-COP21, s'enthousiasme Martin Kopp, où déjà la collaboration interreligieuse avait atteint des sommets". Parmi les signataires, notons en effet le dalaï-lama, le Secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises ou le chancellier de l'Académie pontificale des Sciences sociales.

Que reste-t-il de de la COP21? Jean-Baptiste Poncelet garde le souvenir d'un "grand mouvement de mobilisation politique et citoyenne", une "émulation" qui a contribué à "faire émerger la thématique climat" et à renforcer "la prise de conscience sur les enjeux". Martin Kopp rappelle qu'à la suite de cette conférence, les Eglises et les religions ont mis en place des groupes de travail sur le climat. "Grâce à la COP, on a pris le sens de la mesure", observe Laurent Bopp. "Avant la COP21, nous scientifiques étions tiraillés entre d'un côté les climato-sceptiques" et de l'autre "une vision quasi catastrophiste du changement climatique". Le climatologue confie: "j'ai l'impression que le consensus scientifique" sur le lien entre l'action de l'homme et le changement climatique en cours "s'est répandu dans la société".

COP21: un accord historique

Après 13 jours de longues et difficiles négociations, et trois nuits blanches, les 195 pays ont finalement adopté, samedi soir, un accord pour lutter contre le réchauffement climatique.

C’est vraiment une journée historique qui a été vécue samedi par les 195 délégations venues du monde entier pour essayer d’enrayer le réchauffement climatique. Avec des images certainement dont on se souviendra : Laurent Fabius au bord des larmes au moment de présenter le projet d'accord. Le même Laurent Fabius, quelques heures plus tard, un maillet vert dans les mains annonçant cet accord. 

Sur l’objectif à long terme, c’est un accord plus ambitieux que l’objectif initial qui visait à contenir le réchauffement sous le seuil des 2 °C. L'article 2 du texte stipule que le réchauffement devra être contenu "bien en deça de 2°C" par rapport à l'ère pré-industrielle. Et que des efforts devront être réalisés pour tenter de rester en-dessous d’un degré et demi. Conformément à ce que demandaient les pays les plus vulnérables au réchauffement. Et à commencer par les petits états insulaires menacés par la montée du niveau des mers. L'un des gros points noirs de l'accord, c’est qu’il n'y a aucun objectif chiffré de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il est simplement convenu que celles-ci devront atteindre "un pic aussi rapidement que possible". 

Le texte rappelle également le principe des "responsabilités communes mais différenciées" inscrit dans la Convention onusienne sur le climat de 1992. Et il pose que les efforts doivent être accomplis "sur la base de l’équité". L’accord souligne qu’"un soutien doit être apporté aux pays en développement" par les nations économiquement plus avancées.

En ce qui concerne l'aide aux payx en développement, ces 100 milliards ont été retirés du texte de l'accord mais figurent dans une annexe. Cela doit notamment permettre d'éviter un rejet du projet d'accord par le Sénat américain. Il est reconnu qu'un nouvel engagement financier précis devra être formulé en 2025. Cette somme est intégralement à la charge des pays développés.

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COP21: l’accord porte de belles promesses pour le climat

COP21: l’accord porte de belles promesses pour le climat

Les Etats membres de la COP21 sont finalement parvenus à un accord, samedi dernier. Un accouchement qui fut long, mais qui pose de vrais jalons pour le climat.

Y parvenir fut long et fastidieux, "mais le résultat n’est pas négligeable" explique Mgr Marc Stenger, au sujet de l’accord qui a été adopté samedi par les 195 Etats présents à la COP21, à Paris, au Bourget. L’évêque de Troyes explique en effet que "si le texte de cet accord ne donne pas toutes les garanties aux plus pauvres et aux plus vulnérables, il pose quand même des jalons importants dans la lutte contre le réchauffement climatique".

Pour Mgr Stenger, cet accord est "surtout le signe d’une prise de conscience commune de la gravité de la situation climatique". "Il est également le signe de la volonté de toutes ces nations d’y faire face, en adoptant des mesures concrètes qui sont autant de points d’accroche qui pourront être traduits en politiques bienfaisantes contre la détérioration du climat" ajoute l’évêque de Troyes.

Mgr Stenger salue également "l’important travail accompli par les ONG qui ont manifesté un grand engagement durant toute la durée de la COP et qui restent mobilisées comme des veilleurs pour que l’essai soit totalement transformé lors des rendez-vous à venir." L’évêque de Troyes se réjouit enfin que "parmi toutes ces organisations, certaines se réclament explicitement de l’Evangile, une garantie pour que les chrétiens ne soient pas absents du combat encore nécessaire pour la justice climatique". 

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COP21: c'est maintenant que tout commence!

COP21: c'est maintenant que tout commence!

La COP21 s'est achevée ce samedi 12 décembre 2015. Son objectif: ouvrir un avenir possible pour les générations futures sur la terre. Premier bilan Avec Anne Kerléo et ses invités.

Pour permettre aux négociateurs de trancher les sujets à controverse, la COP21 a été prolongée. Quelques heures en plus, notamment pour premettre aux négociateurs des pays du Sud et des pays du Nord de s'entendre sur le financement de la transition écologique dans les pays pauvres. Les mesures adoptées sont-elles bonnes? Les décisions prises seront-elles effectives? Comment garantir qu’elles seront réellement appliquées? Quel va êter le rôle de la société civile et de chacun des citoyens de la planète pour accompagner l'application de l'accord de Paris. 

Contenir le réchauffement climatique à 2 degrés: était-ce trop en demander ou au contraire pas assez ambitieux? On l'a vu tout au long des ces plus de  2 semaines de négociations, les avis divergent. Il y a ceux pour qui cela est trop ambitieux, voire impensable. Et ceux pour qui l'objectif fixé est faible comparé à l'ampleur de la crise écologique. Si la mobilisation de la société civile semble avoir été bien réelle, et pas seulement à Paris, selon certains observateurs, la COP21 a confirmé une ligne de fracture entre pays du Sud et pays développés. A-t-on réellement pris la mesure des exigences des pays de voie de développement?

Anne Kerléo et ses invités explorent toutes ces questions. 

COP21: un désaccord demeure entre pays industrialisés et pays émergents

COP21: un désaccord demeure entre pays industrialisés et pays émergents

Alors que les négociateurs ont planché toute la nuit sur un nouveau projet d'accord, Mgr Marc Stenger explique que des divergences demeurent.

"Il reste encore quelques problèmes à régler" en matière d'accord final explique Mgr Marc Stenger. Le projet d’accord, dernier en date, sur lequel les négociateurs ont travaillé toute la nuit ne comprenait plus que cinq crochets, des options ouvertes sur des questions essentielles de réduction des températures et de soutien financier et de transfert de technologie au bénéfice des plus pauvres qui n’ont pas les moyens d’affronter les effets du désordre climatique.

Mgr Stenger regrette que, si on est à peu près d’accord sur les objectifs à attendre, il n’y a de la part des grandes puissances industrielles qu’une déclaration d’intention. Pour l’instant pas de vrai engagement à passer aux actes, qui se traduirait par un contrôle de la manière dont ils mettent en œuvre les accords.

Sans ce contrôle, la perspective d’une réduction à deux degrés voire 1,5 degré reste de l’ordre du vœu pieux contrecarré souvent par les évolutions de la politique. Le désaccord demeure surtout entre pays industrialisés et pays en développement, sur la participation financière au soutien des pays les plus pauvres.

L’évêque de Troyes rappelle que la société civile appelle clairement à un changement de modèle. Elle l’a montré aux politiques, à l’occasion de cette COP21.

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COP21 - Société civile: la prise de conscience a eu lieu

Le Temps de le dire

La COP21 vit ses dernières heures. Si l'issue des débats est incertaine, la mobilisation citoyenne a prouvé qu'une prise de conscience est effective. On en parle avec Stéphanie Gallet.

La COP21 vit ses dernières heures ; chacun retient son souffle en espérant que les négociateurs des 190 pays trouveront un accord contraignant pour contenir la hausse du thermomètre mondial à moins de 2 degrés par rapport à l'ère préindustrielle. Certains rêvant même de 1.5°C... La date limite a été repoussée pour qu'un accord soit trouvé. Mais quelle que soit l'issue de la COP21, c'est demain que tout commence. Dès demain, en effet il sera temps de tirer des leçons de ces 12 jours de l'année 2015 où la préoccupation environnementale était au coeur des débats.

Depuis plus de 10 jours RCF vous fait vivre la COP21 et se tient au plus près des acteurs de la société civile. Nous avons en effet installé nos studios à Place to B, un lieu alternatif en face de la Gare du Nord à Paris. Là où militants, artistes, blogueurs... autant d'acteurs de la société civile se retrouvent et tentent de faire pression à leur manière sur les négociations. Place to B est devenu en quelque sorte emblématique de cette énergie et de cette créativité. L'ambition de départ était pour ses fondateurs Anne-Sophie Novel et Nicolas Bienvenu de profiter de la COP21 pour générer des rencontres, des idées, des formes de mobilisation.

Prières, pétitions, conférences, débats, tables-rondes... les chrétiens se sont fortement manifestés, encouragés par le pape François et son message d'espérance. Du côté de la communauté musulmane, "c'est maintenant que tout commence", pour Mourad Latrech. Plus largement, la société civile a pu se réunir dans divers lieux même si la grande mobilisation citoyenne a été annulée ; de nombreux artistes se sont exprimés ; on a vu sur les réseaux sociaux circuler par exemple la photo des centaines de chaussures occuper la place de la République... La mobilisation des consciences a eu lieu, même si cette énergie est "difficile à mesurer aujourd'hui", pour Jean Merckaert.
 

SAmedi 12 décembre | émission spéciale : Maintenant tout commence !

Pour dresser le bilan de la COP21 et évoquer les perspectives possible, Anne Kerléo reçoit Hervé Kempf, rédacteur en chef de Reporterre ; Jean-Baptiste Poncelet, coordinateur de projet climat / COP21 à France nature environnement, Yann Aguila, président de la commission environnement du Club des juristes et une personne du WWF. 

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La COP21 aura marqué par la diversité des interlocuteurs

La COP21 aura marqué par la diversité des interlocuteurs

A quelques heures de la fin de la COP21, Mgr Stenger est revenu sur la diversité des intervenants de cette conférence, et de la richesse de leurs échanges.

"Ce qui est particulièrement marquant, c’est la diversité des partenaires qui se rencontrent et se concertent" explique l’évêque de Troyes, depuis la COP21. "C’est le moment de constater la diversité des points de vue, des intérêts propres aux pays du Nord et ceux du Sud, mais également de prendre la mesure de l’intérêt commun qui nous habite, la sauvegarde de la planète et de ceux qui y vivent".

Mgr Marc Stenger revient également sur l’objectif de cette COP21, "un accord à la fois sur la limitation du réchauffement et sur la solidarité à mettre en œuvre pour permettre à tous les habitants de la planète de lutter à armes égales contre les dérèglements climatiques".

L’évêque de Troyes explique que "même si le résultat n’a pas été à la hauteur des espérances, l’un des effets de ces concertations à marche forcée pendant quinze jours aura été le renforcement des coopérations internationales. Un jalon modeste pour mieux porter ensemble dans le futur les préoccupations qui doivent être partagées."

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"On détruit 10 millions d'arbres par jour"

"On détruit 10 millions d'arbres par jour"

Entrepreneur, Tristan Lecomte plaide pour une économie circulaire: mieux observer les interdépendances de la nature et se reconnecter à elle. Il répond à Thierry Lyonnet.

"Pour compenser l'empreinte environnementale mondiale, il faudrait planter 24 millions d'arbres chaque jour ; à l'inverse, on en détruit 10 millions par jour." Depuis plus de 15 ans, Tristan Lecomte consacre sa vie à l'écologie. Ce diplômé d'HEC, ancien de L'Oréal a fondé Alter Eco, l'un des leaders du commerce bio et équitable. En 2008, il donne vie à un nouveau projet: accompagner les entreprises désireuses de compenser leur impact environnemental en participant à des programmes de reforestation. Il fonde Pur Projet, un collectif qui gère aujourd'hui plus de 155 sites dans plus de 30 pays, et qui à ce jour a déjà planté environ 3 millions d'arbres. 

Revenir à une économie circulaire. Tristan Lecomte se situe dans la même ligne de pensée que Pierre Rabhi et plaide pour une sobriété heureuse. "Il faut cesser de pointer du doigt les gouvernements et les entreprises, la faute nous revient à nous consommateurs." Le propos de "l'entrepreneur vert" est d'interpeller chacun: on peut donner du sens à sa consommation. Il fait d'ailleurs remarque que "dans la nature il n'y a pas de déchets, pourquoi l'homme en produit-il autant?".

Pur Projet, la société qu'il a fondée, obéit au principe de "l'agroforesterie". Soit le respect des interdépendances dans la nature. "L'arbre est un formidable moyen de régéner les écosystèmes, il enrichit les sols, il est au coeur du cycle de l'eau, il préserve la biodiversité, il diversifie les revenus du fermier, il séquestre du carbone..." Pour lui, il s'agit non pas d'un retour en arrière mais d'un utiliser la science pour mieux oberver les interdépendances de la nature.

Tristan Lecomte a été élu Entrepreneur Social de l'année 2013 par la Fondation Schwab pour l'Entrepreneuriat Social et le Forum Economique Mondial de Davos.

COP21: Laurent Fabius appelle les gouvernements à intensifier leur travail

Le président de la COP21 a présenté mercredi le nouveau projet d’accord sur le climat, en appelant les négociateurs à accélérer le processus. De nombreuses divergences existent encore.

C’est la dernière ligne droite dans la COP21. D’ici 48 heures, tout sera bouclé. Laurent Fabius, président de la COP21, a présenté ce mercredi le texte qui va servir de base à l’accord final que les Etats s’engageront à signer. Un texte qui devait être présenté deux heures plus tôt, preuve s’il en est des tensions toujours existantes entre certaines délégations.

Laurent Fabius a tout d’abord indiqué que les trois quarts des points entre crochets, c’est-à-dire des points qui font débat, avaient été résolus. Pour autant, le ciel est loin d’être bleu au Bourget. De nombreux pays, notamment ceux en développement ne sont pas satisfaits d’un certain nombre de points, et le font savoir.

La question des intérêts des Etats, qu’ils soient riches ou pauvres, entre ici pleinement en jeu. Notamment sur le plan de l’aide financière que les Etats développés se sont engagés à fournir aux pays en développement, au nom de leur responsabilité dans le réchauffement climatique. La conjoncture économique étant ce qu’elle est, il leur semble difficile de s’engager sur ce sujet.

"Certains points politiques importants restent à trancher et sont clairement identifiés" a expliqué Laurent Fabius. Le ministre des Affaires étrangères de la France a appelé "à bâtir rapidement des solutions de compromis". "Nous devons tous ensemble faire des choix clés, trouver le point d’équilibre qui nous permettra de poursuivre l’objectif de notre convention" a-t-il conclu. 

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Réseau Eco habitat: une solution pour sortir les familles de la précarité énerg

Réseau Eco habitat: une solution pour sortir les familles de la précarité énerg

Le Réseau Eco Habitat, basé à Compiègne, s'engage avec le Secours catholique à sortir les familles démunies de la précarité énergétique. Un vaste chantier solidaire... Par Béatrice Soltner.

En France, 3.400.000 ménages consacrent plus de 10% de leurs ressources au paiement de leurs factures d’énergie. Ce pourcentage augmente lorsque l'habitat est défectueux et  l'isolation défaillante. Pour aider les foyers démunis à faire des économies d'énergie le Réseau Eco Habitat propose de les accompagner humainement et financièrement.

Endettée, Martine est veuve et habite au coeur de la Picardie. Le toit de sa maison qui était totalement délabré. Il vient d'être rénové et c'est bientôt l'ensemble de sa maison qui sera isolé avec des matériaux respectueux de l'environnement. Béatrice Soltner s'est rendu en Picardie à la rencontre de Franck Billeau directeur du Réseau Eco Habitat, de Marie-Claire Corniquet, coordinatrice de projets, de Martine et ceux qui l'aident à mener son projet à bien.

> Réseau Eco Habitat

L’encyclique du pape François a alimenté le processus de la COP21

L’encyclique du pape François a alimenté le processus de la COP21

Mgr Marc Stenger estime que l’encyclique Laudato Si du pape François a eu un effet non négligeable sur l’organisation et la mobilisation autour de la COP21.

"Le pape consacre beaucoup d’attention aux changements climatiques" explique l’évêque de Troyes. "Il montre qu’il ne s’agit pas d’un secteur réservé aux techniciens et aux experts" ajoute Mgr Marc Stenger, présent à la COP21. Pour ce dernier, "le problème qui est en jeu c’est la justice, ce sont les hommes, et leur dignité".

"La publication de l’encyclique a mis en lumière la gravité de la situation et l’urgence dramatique qu’il y a à trouver les moyens de sortir de la spirale auto-destructrice dans laquelle nous sommes" ajoute l’évêque de Troyes, expliquant que "le pape ne parle pas seulement d’écologie, mais de quelque chose de beaucoup plus large".

Alors que l’on semble se diriger vers un accord à trois degrés, au lieu des deux initialement prévus, Mgr Stenger explique qu’un "résultat a minima de la COP serait embarrassant, face à un appel de si grande ampleur". "Ce qui augmente donc la pression sur les négociateurs" conclut l’évêque de Troyes. 

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COP21: L’Inde déplore le faible soutien des pays développés

Interrogé lors de la COP21, le ministre Indien de l’Environnement, Prakash Javadekar, a exprimé son mécontentement vis-à-vis du manque d’ambition des pays développés, pour l’environnement.

"Nous continuons à être déçu par le faible niveau d’ambition et de soutien des pays développés" a-t-il notamment indiqué, ajoutant qu’il est "impératif qu’en raison de leurs responsabilités historiques et de leur plus grande capacité, ils soient à la pointe en matière de réduction d’émission de gaz à effet de serre et d’aide financière et technologique au monde en développement".

"Malheureusement ça ne prend pas le chemin que ça devrait prendre" a regretté  Prakash Javadekar. Ce dernier précise que son pays est favorable à des "mécanismes de transfert de ces ressources. Si ce n’est pas le cas l’écart va continuer de se creuser entre les pays développés et les pays en développement qui doivent  exister en équipe".

La question du soutien financier aux pays en développement apparaît pour l’instant, à plusieurs niveaux des négociations. Ces derniers craignent un éparpillement de ces ressources, et souhaiteraient davantage entamer une discussion globale sur la question. Les pays du Sud veulent que soit inséré dans le futur accord un objectif de financement, supérieur aux 100 milliards de dollars initialement prévus, pour 2020.

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Et si Dieu sauvait la terre?

Et si Dieu sauvait la terre?

"Dieu, c'est la nature", disait le philosophe Spinoza. Une crise, ici écologique, n'est-elle pas une invitation à se tourner vers la transcendance? On en parle avec Christophe Henning.

Et si les questions écologiques étaient aussi un défi spirituel? Au Bourget depuis dix jours on tente d'éviter la catastrophe climatique. Et tandis que ces hommes de tous pays se réunissent à Paris pour sauver la planète, il en est parmi eux qui se tournent vers Dieu. Ils qui interrogent le sens de la vie car en effet, quelles que soient les religions et les philosophies, l'homme est responsable de la terre.

COP21: et si Dieu s'en mêlait? Devant des phénomènes naturels on se sent petit et vulnérable: une crise, c'est souvent le moment de faire l'expérience de la transcendance. C'est assez récent dans la religion catholique de lier aussi fortement qu'en ce moment l'écologie à la foi. L'encyclique du pape François y est évidemment pour quelque chose. Le pape parle d'ailleurs de conversion écologique. Il s'agit là d'un appel à reconnaître que la nature nous a été donnée, et à faire ainsi l'expérience de la gratuité. Dans l'idée de conversion écologique se trouve aussi un encouragement à se montrer créatif pour mettre en oeuvre tout ce qui ira dans le sens de la préservation de la création.

Une émission en partenariat avec Notre Temps Psycho

COP21: "il faut aboutir à une décision politique" explique Mgr Stenger

COP21: "il faut aboutir à une décision politique" explique Mgr Stenger

L’évêque de Troyes revient ce lundi sur le programme de la semaine, à la COP21. Les négociateurs ont rendu leur texte aux ministres, qui prennent désormais la main.

"On n’est plus dans l’expertise, maintenant il s’agit d’aboutir à une décision politique" explique Mgr Stenger, au sujet de cette nouvelle semaine qui débute à la COP21. Les négociateurs chargés de rendre un texte qui servira de base pour l’accord entre les Etats, ont laissé la main aux ministres, qui vont devoir prendre des décisions engageantes.

"Ce qu’on peut noter de positif", décrit Mgr Stenger, c’est qu’il existe des "éléments de consensus possible, même si les crochets sont encore nombreux". L’évêque de Troyes "perçoit un point sur lequel ça bouge, la question de la limitation des hausses de température". Un "objectif crucial", pour le prélat, "puisque c’est de la réduction de ces hausses que dépend l’avenir de la planète".

"Avant la COP, on en était à un réchauffement de 3 degrés, qui aurait nécessairement des conséquences catastrophiques pour beaucoup. On commence à être d’accord pour un objectif à moins de deux degrés" affirme Mgr Stenger, qui ajoute "que pour cela, il faut s’en donner les moyens".  

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Que peut-on espérer de la COP21?

Le Temps de le dire

Les chefs d’État se réunissent depuis ce matin au Bourget pour 12 jours de négociations. Rien, cependant, ne se fera sans la société civile. On en parle avec Stéphanie Gallet.

La 21è Conférence climatique de l'ONU vient d'ouvrir ses portes au Bourget, en Seine-Saint-Denis. 140 chefs d'Etat sont attendus. Pendant 12 jours les séances de négociation vont de succéder. Stéphanie Gallet réunit des experts pour une émission spéciale en direct de Place to be, un lieu alternatif situé à Paris.

Des îles Tuvalu aux glaciers du mont Blanc, des plaines du Sénégal aux côtes des Philippines, du Groenland au vignoble bordelais, le réchauffement climatique est aujourd'hui une réalité tangible, visible, concrète pour nombre d'habitants de la planète. Le climat se réchauffe et les conséquences se font sentir: montée des eaux, amplification des phénomènes climatiques, perte de la biodiversité, déplacements de population.

Les scientifiques réunis au sein du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) travaillent sur ces questions depuis des années. Leur dernier rapport le confirme: le réchauffement de la planète s'intensifie, s'accélère et derrière ce phénomène, un responsable principal: l'homme. L'homme, dont l'activité intensive a épuisé la planète en pillant ses ressources et en mettant à mal ses processus de renouvellement.

COP21: articuler préoccupations environnementales et enjeux de solidarité

Le Temps de le dire

Au Bourget le ton feutré des négociations ; dans certains pays du Sud, des situations d'urgence économiques et sociales. La solidarité au cœur de la COP21, on en parle avec Stéphanie Gallet.

Au Bourget les négociations se poursuivent entre les chefs d'Etat réunis à la COP21. Des négociations dont il y a tout lieu de supposer qu'elles stagnent, même s'il s'agit de rumeurs puisque nous n'avons pas accès aux espaces de négociation. Toujours est-il que des avis pessimistes se font sentir. Par exemple Michel Roy s'inquiète "On est presque à la moitié des négociations, on a le sentiment qu'on va arriver à quelque chose qui ne sera pas à la hauteur des attentes." Plus largement, le sentiment se partage de négocations "hors-sol", pour Maureen Jorand et Franck Lecocq. Qui soulignent par là un écart de vues entre des négociations presque feutrées, en tout cas trop lentes comparées à l'urgence de certaies situations dans divers pays du monde.

Hausse du prix des céréales en Afrique après la sécheresse de 2012 aux Etats-Unis ; montée du niveau de la mer menaçant directement les habitations dans les îles Tuvalu ; inondations au Bangladesh suite à la fonte des glaces en Himalaya... Les retombées économiques et sociales du réchauffement climatique sont dans certains pays des réalités tangibles. Qui soulèvent directement la question des migrations. Pour Michel Roy les réfugiés climatiques se compteront par dizaines, voire centaines, de millions "dans les cinquante ans à venir".

Au coeur des questions environnementales, se trouvent donc des liens de solidarité entre pays du Nord et pays du Sud. Depuis 200 ans environ, le Nord a consommé, prospecté, prélevé, sans nuance, et sans limite. Aujourd'hui, les populations du Sud qui sont les premières victimes du réchauffement climatique. Maureen Jorand rapporte d'ailleurs la mise en garde très forté énoncée par le G77. Les représentats de cette coalition de pays en développement se sont d'ailleurs plaints des méthodes et des process de négocation.

COP21: en quoi sommes-nous tous concernés ?

 COP21: en quoi sommes-nous tous concernés ?

Mgr Stenger explique aujourd’hui que derrière les négociations et les chefs d’Etat présents à la COP, c’est toute la société civile qui doit se mobiliser.

"A la marge du huis clos des négociateurs, toutes sortes d’associations chrétiennes ou non expriment leur attente et font du plaidoyer" pour le climat explique l’évêque de Troyes, présent au Bourget à Paris pour la COP21. "Et nous chrétiens, qui allons célébrer le jour du Seigneur loin de la COP21, que pouvons-nous faire ?" s’interroge Mgr Stenger.

"Il nous faut prendre une conscience plus vive. Cet enjeu n’est pas qu’une affaire d’experts, mais nous concerne tous" ajoute l’évêque de Troyes. Ce dernier ajoute que "ce qui est en jeu, ce n’est ni plus ni moins que la justice entre les personnes, les pays et les générations, rien moins que la dignité des personnes qui habitent notre planète, rien moins que la possibilité de continuer la vie sur terre."

L'évêque de Troyers nous appelle aujourd'hui à changer nos comportements, afin de porter, avec nos gouvernants, la responsabilité du changement nécessaire à la sauvegarde de la maison commune, comme le rappelait le pape François dans son encyclique Laudato Si. 

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COP21: la solution est-elle spirituelle ?

COP21: la solution est-elle spirituelle ?

Un cardinal, un athée et un rabbin parlent d'écologie. A l'occasion de la COP21, Philippe Lansac (RCF Lyon) anime le débat avec Mgr Barbarin, Axel Kahn et Haïm Korsia.

La COP21 sera-t-elle une étape décisive pour la sauvegarde de la planète ou un nouvel échec? Si la mobilisation de la société civile est forte, la négociation entre chefs d'Etat semble complexe. Tant de pays concernés, tant de situations variées aussi, et de moyens financiers inégaux.

"Soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, et de tous les animaux qui vont et viennent sur la terre." GENESE, chap. 1, v. 28

Leviers spirituels de la mobilisation écologique. Les solutions économiques, politiques, culturelles... semblent si enchevêtrées que l'on se demande finalement comment lutter contre le réchauffement climatique. Et si la solution n'était pas tant collective qu'individuelle? Cette tension entre individuel et collectif anime les débats sur l'écologie depuis longtemps. Mais l'individuel renvoie notamment au spirituel.

C'est la question qu'a posée Philippe Lansac, de RCF Lyon, à ses invités, à l'occasion d'un débat organisé entre Mgr Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, Haïm Korsia, Grand Rabbin de France et le généticien Axel Kahn. Pour Haïm Korsia, cette COP21 sonne comme un miracle. Rappelant le psaume 133, "qu'il est bon et agréable que les frères vivent ensemble", le Grand Rabbin de France a estimé qu'il y a finalement assez peu d'occasions pour que tous les chefs d'Etat se retrouvent.

Pour Axel Kahn, "il fallait qu'il y ait une impulsion". Pour le généticien, "il faut réduire la consommation d'énergie, et décider de la transition". Mais au niveau indivuel, cette grande réunion a une vertu pédagogique. Mais pour cet agnostique, ce qui compte c'est "la prise de conscience" de cette COP21. "Nous sommes tous responsables des autres qui sont là, et de ceux qui ne sont pas encore nés". "Seul un esprit capable de se projeter dans le futur pouvait poser la question et le défi écologique" ajoute-t-il. Par conséquence, l'écologie est forcément une question d'esprit. 

Quant au cardinal Barbarin, il propose d'aller plus loin que ce verset de la Bible qui dit que l'homme "soumettra la terre". En la soumettant, l'homme l'a abîmé, d'où cette prise de conscience générale et individuelle, qui se traduit notamment par la COP21. L'archevêque de Lyon rappelle qu'il est également écrit que "Dieu plaça l'homme dans le jardin pour le cultiver et pour le garder". Tout l'enjeu de la conférence sur le climat en somme...
 

Jean Jouzel, lanceur d'alerte climatique

Visages

Son métier c'est de "faire parler la glace". Jean Jouzel est de ces scientifiques qui ont fait émerger une prise de conscience sur le réchauffement climatique. Il répond à Thierry Lyonnet.

Glaciologue et climatologue, Jean Jouzel est directeur de recherches au CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives). Il a été, de 2002 à 2015, vice-président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, le GIEC - il est donc de ceux qui ont reçu en 2007 le prix Nobel de la paix. A l'heure où, au Bourget, les chefs d'Etat du monde entier parlent de prises de décision planétaires face au réchauffement climatique, le regard du scientifique permet de mieux comprendre le grand défi qui nous attend.

"L'origine des cycles glaciaires et interglaciaires ce ne sont pas les variations de l'effet de serre elles-mêmes mais la position de la terre sur son orbite." C'est donc l'astronomie qui est le "métronome" des cycles climatiques. Cependant, l'effet de serre joue bien un rôle d'amplificateur. Depuis le début de l'ère de l'anthropocène, vers la fin du XVIIIè siècle et le début du XIXè, se superpose à ces variations naturelles une action de l'homme.

"Les quantités de gaz carbonique ont augmenté de 40% depuis 200 ans."

C'est un peu par hasard si ce petit-fils et fils d'agriculteurs d'Ille-et-Vilaine est devenu climatologue. Ses travaux de thèse sur la grêle, et surtout sa collaboration avec le glaciologue Claude Lorius, l'ont conduit à étudier les glaces polaires.

"Dans les années 70, on commençait à parler du réchauffement climatique, je ne pensais pas que ce que nous faisions allait devenir important dans la compréhension de l'évolution du climat." Ses travaux, en lien avec d'autres équipes de chercheurs, ont permis de montrer les rapports entre effet de serre et variations climatiques, à partir des glaces polaires. Des travaux qui ont eu leur importance dans la prise de conscience des politiques notamment. C'est d'ailleurs en 1988 que s'est mis en place le GIEC.

 

Emission enregistrée en novembre 2015

Emilie Johann, observatrice à la COP21 pour le Secours catholique

Emilie Johann, observatrice à la COP21 pour le Secours catholique

Emilie Johann est responsable du plaidoyer international au Secours-Catholique-Caritas France. Elle participe à la COP21 comme observatrice. Elle livre un peu des coulisses des négociations.

"Ce qui m'intéresse, c'est que dans le climat, on ne parle pas que d'environnement, on parle vraiment de l'homme, de la façon dont on vit, de la façon dont les prochaines générations vont vivre mais aussi dont les générations précédentes ont vécu. Et il y a vraiment une question d'équité très très forte. Cela à la fois passionnant et très difficile à traduire: comment peut-on mettre en place des politiques équitables entre les pays historiquement responsables du réchauffement climatique et les pays et les communautés les plus vulnérables qui en subissent les impacts. Il y a un vrai travail à l'échelle mondiale qui est à la fois un casse-tête et un défi passionnant à relever". 

C'est aujourd'hui au Secours catholique - Caritas France qu'Emilie Johan travaille, entre autres, sur ce défi. Mais auparavant, elle avait déjà expliré ce défi du climat, notamment via le WWF et Greenpeace où elle a travaillé. Depuis 2009 et la conférence de Copenhague, elle suit les négociations de la Conférence cadre de l'ONU sur les Changement climatiques qu'elle connaît donc assez bien. A Paris, elle participe à la COP21 comme observatrice de la société civile, au nom du Secours catholique. 

Interrogée par Anne Kerléo, elle témoigne de la manière dont se déroulent ses négociations, de son rôle d'observatrice et de l'engagement du Secours Catholique - Caritas France dans la lutte contre le réchauffement climatique. 

Ecologie: il n'y a pas que le réchauffement climatique

Ecologie: il n'y a pas que le réchauffement climatique

Le nombre de chefs d’État à la COP21 montre l'ampleur de la mobilisation. Mais l'écologie ce n'est pas que lutter contre le réchauffement climatique. On en parle avec Christophe Henning.

Les négociations autour du climat démarrent. L'enjeu est capital pour l'avenir de la planète. Si les débats entre chefs d'Etat prennent un tour diplomatique, les sujets débattus sont eux très techniques. Il s'agit pour beaucoup de conversations entre experts. La prise de conscience de la société civile sur le climat est en tout cas énorme.

La sauvegarde de la planète, ce n'est pas que le réchauffement climatique. Nucléaire, pollution des océans, déforestation... qu'en est-il des autres défis écologiques? Les agrocarburants par exemple posent des difficultés en matière de stockage des déchets, de même que les trains à grande vitesse, jugés peu nocifs car faiblement émetteur de CO2, sont pourtant de véritables obstacles à la conservation de la biodiversité.

COP21: "nous sommes au pied du mur" estime François Hollande

A l'occasion du lancement de la COP21 à Paris, lundi matin, François Hollande a appelé dans son discours d'introduction à une prise de responsabilité de tous les Etats membres.

Le président de la République n'est pas allé par quatre chemins, lors de son discours d'introduction de la COP21, à Paris. Lundi matin, au Bourget, François Hollande a déclaré face aux délégations présentes pour ce rendez-vous, que "nous étions au pied du mur, fait de l'addition de nos égoïsmes, de nos appréhensions et de nos résignations" face au réchauffement climatique.

Le chef de l'Etat a dénoncé "l'indifférence, l'insouciance, l'impuissance" qui composait également ce mur auquel il a fait allusion. Mais ce mur "n'est pas infranchissable" pour le président de la République. S'adressant directement aux chefs d'Etat et de gouvernement, François Hollande a déclaré que "reposait sur [leurs] épaules l'espoir de toute l'humanité".

Plus concrètement, le président de la République a appelé les délégations à passer "de la mondialisation à un modèle basé sur la coopération, où il sera plus rentable de protéger que de détruire". Ajoutant qu''il faut penser la planète comme un espace unique, et établir un pacte d'équité entre le nord et le sud", ainsi qu'"un partenariat entre l'homme et la nature". 

Au sujet de l'objectif affiché par la COP21, de limiter à deux degrés le réchauffement climatique d'ici 2050, François Hollande a déclaré que "notre plus grand danger n'est pas que notre but soit trop élevé et que nous le manquions, mais qu'il soit trop bas et que nous l'atteignions", appelant au passage les délégations des Etats membres des Nations-Unies à se placer "au plus haut niveau, car il s'agit de décider, ici à Paris, de l'avenir de la planète".

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Que peut-on espérer de la COP21?

Le Temps de le dire

Les chefs d’État se réunissent depuis ce matin au Bourget pour 12 jours de négociations. Rien, cependant, ne se fera sans la société civile. On en parle avec Stéphanie Gallet.

La 21è Conférence climatique de l'ONU vient d'ouvrir ses portes au Bourget, en Seine-Saint-Denis. 140 chefs d'Etat sont attendus. Pendant 12 jours les séances de négociation vont de succéder. Stéphanie Gallet réunit des experts pour une émission spéciale en direct de Place to be, un lieu alternatif situé à Paris.

Des îles Tuvalu aux glaciers du mont Blanc, des plaines du Sénégal aux côtes des Philippines, du Groenland au vignoble bordelais, le réchauffement climatique est aujourd'hui une réalité tangible, visible, concrète pour nombre d'habitants de la planète. Le climat se réchauffe et les conséquences se font sentir: montée des eaux, amplification des phénomènes climatiques, perte de la biodiversité, déplacements de population.

Les scientifiques réunis au sein du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) travaillent sur ces questions depuis des années. Leur dernier rapport le confirme: le réchauffement de la planète s'intensifie, s'accélère et derrière ce phénomène, un responsable principal: l'homme. L'homme, dont l'activité intensive a épuisé la planète en pillant ses ressources et en mettant à mal ses processus de renouvellement.

Climat, tous concernés

Climat, tous concernés

Chacun peut lutter contre le réchauffement climatique à son niveau. Dans cette émission d'Anne Kerléo, des auditeurs témoignent de leur engagement pour le climat.

"Le climat n'est pas seulement l'affaire des négociateurs réunis au Bourget. Le dérèglement du climat c'est d'abord notre affaire à tous parce que nous sommes les émetteurs du gaz à effet de serre : par nos modes de transports, par notre consommation excessive de bien, par la façon dont on se chaauffe, par les modèles agricoles qu'on choisit" explique Jean Merckaert, rédacteur en chef de la revue jésuite Projet. Pour Guillaume Durin d'Alternatiba  "il y a des tas de gens qui ont envie de faire des choses, il y en a qui sont déjà en action,il s'agit de les renforcer, de les mettre en lien et de créer ensemble une société plus juste, plus durable, plus équitable. 

En échos à ces propos des deux invités de l'émission "Climat, tous concernés", des auditeurs témoignent de leur implication personnelle pour le climat et de l'engagement associatif dans lequel ils sont impliqués ou qu'ils voient autour d'eux. A l'image de Claire qui dit : "chacun dans notre coin ou ensemble on peut travailler. J'ai donc présenté un projet à cotre co-propriété pour qu'on passe un contrat de chauffage moins onéreux et plus recpectueux de l'environnement" ou de Bernadette qui veut acheter un appartement et souhaiterait rejoinre un habitat partagé. 

Pour aller plus loin : 

  • Revue Projet (la revue qui veut aider à comprendre le monde et à le faire changer)
  • Alternatiba (des infos sur le village des alternatives de Montreuil les 5-6 décembre, et bien d'autres choses !)
  • Mouvement des colibris (Mouvement créé sous l'impulsion de Pierre Rabhi)
  • 350 : mouvement mondial de base pour résoudre la crise climatique 

La sobriété heureuse selon Pierre Rabhi: sortir du mythe de la croissance infinie

La sobriété heureuse selon Pierre Rabhi: sortir du mythe de la croissance infinie

Pionnier de l'agroécologie, Pierre Rabhi est un résistant de la première heure. Il invite à sortir du mythe de la croissance infinie. Il répond à Béatrice Soltner.

Petit homme au visage buriné, le regard rieur... Pierre Rabhi est un résistant de la première heure. Installé en Ardèche depuis les années 60, il a mis au point une agriculture respectueuse de l’environnement. Ce fils de forgeron algérien poursuit son chemin d’éveilleur de conscience.

"Si nous étions dans une posture de modération nous serions plus heureux."

Paysan, penseur, écrivain et conférencier le pionnier de l’agroécologie vient de sortir un petit livre lumineux: "La puissance de la modération" (éd. Hozhoni). Il nous invite à sortir du mythe de la croissance infinie et défend un nouveau paradigme fondé sur une révolution intérieure visant à vivre en harmonie avec la planète qui nous nourrit.

Pierre Rabhi dénonce une agriculture "entièrement dévoyée", une condition animale "abjecte" et "hors de toute morale". Une vision qui a selon lui pour origine l'amour de l'argent, qui détruit notre relation à la vie. Et au plus profond de l'homme, Pierre Rabhi pointe cette peur de la mort qui nous habite et qui nous amène à sortir de la sobriété heureuse.

 

Emission enregistrée en novembre 1015

L'histoire du climat

L'histoire du climat

Le Pliocène, il y a 3 millions d'années, ressemble à ce que pourra être le climat sous l'effet de l'augmentation des gaz à effet de serre. Valérie Masson-Delmotte répond à Véronique Alzieu.

Le climat résulte d'une interaction entre l'atmosphère, l'océan, la surface des continents - sols, végétation - les glaces... Le climat est quelque chose de planétaire. Et quand le climat change, la météo change. Tous, dans notre quotidien, nous sommes des observateurs - plus ou moins attentifs - du temps qu'il fait. Des phénomènes qui, si on y réfléchit, nous échappent et nous fascinent. "Les conditions météorologiques conditionnent nos pratiques quotidiennes ; comme êtres humains on est très mal armés pour capter le changement climatique", constate Valérie Masson-Delmotte, qui souligne que le climat nous fait prendre conscience de nos limites. Si l'on arrive à garder en mémoire des événements climatiques exceptionnels, comme El Niño ou la canicule de 2003, on ne sait pas percevoir à l'échelle individuelle comment le climat évolue.

Le climat nous fait prendre conscience de nos limites.

 

"archives naturelles du climat"

Les milieux naturels, eux, témoignent des variations climatiques. Les paléoclimatologues prélèvent et analysent en laboratoire des "archives naturelles du climat", comme par exemple des anneaux de croissance des arbres, des coraux, des sédiments des océans, les glaces polaires... Ces échantillons contiennent des éléments biologiques, physiques ou chimiques qui sont des indicateurs. On sait donc que passant de périodes de glaciation à des périodes de réchauffement, la Terre a connu d'importantes modifications du climat. Par exemple, depuis la fin des dinosaures, il y a environ 60 millions d'années, on est passé d'un état très chaud - environ 10 degrés de plus qu'aujourd'hui - à un état très froid, il y a 34 millions d'années.
 

Il y a 3 millions d'années, le Pliocène

Avec une température de 2 à 4 degrés plus chaud qu'aujourd'hui, un niveau des mers plus élevé et une concentration en dioxyde de carbone comparable à aujourd'hui, le Pliocène est une période particulièrement intéressante pour nous. Elle permet de comprendre toutes les implications du réchauffement climatique tel qu'on le prévoit. "Cela nous donne une idée de ce que la perturbation humaine de la composition atmosphérique peut enclencher sur le long terme", explique Valérie Masson-Delmotte.

 

Emission réalisée à l'occasion de la COP21, en novembre 2015

 

Les chrétiens mobilisés pour le climat

EMISSION SPECIALE

Partis de plusieurs points du globe, les pèlerins pour le climat ont finalement rallié Paris ce vendredi, où ils ont été accueillis en l’église Saint-Merry.

Marcher et prier pour le climat. C’était le but de ces pèlerins pour le climat, qui ont rejoint à pied ou à vélo, la capitale française, qui accueille à partir de lundi 30 novembre la grande conférence sur le climat, pour sa 21ème édition. Ces pèlerins, français, allemands, scandinaves, néerlandais, belges, anglais, italiens, et mêmes philippins, ont été accueillis ce vendredi en l’église Saint-Merry, dans le 4ème arrondissement parisien.

Certains marchent depuis des mois pour participer à la COP21. Certains, emmenés par Yeb Sano, l'ancien négociateur climat des Philippines, initiateur du jeûne pour le climat, sont passés par Rome, pour se faire bénir par le pape François, avant de rejoindre la Suisse, Lyon, et enfin Paris.  Plusieurs pèlerinages auront donc convergé vers la capitale. Yeb Sano était l'un des invités de l'émission spéciale présentée vendredi soir en direct de Saint-Merry par Anne Kerléo. A ses côtés d'autres invités : des marcheurs, mais aussi des chrétiens parisiens qui s'engagent à leur manière pour le climat.

Parmi les pèlerins, ceux de la route partie de Norvège, menée par des associations chrétiennes et œcuméniques, dont ACT Now. Ces pèlerins venus du grand Nord sont passés par le Danemark et l’Allemagne avant de rejoindre la France. Une autre route, partie de Rome, était menée par Yeb Sano, le Philippin connu pour avoir mené des négociations au cours de la COP19, à Varsovie, en 2013. Tous ont été accueillis à Paris en fin d'après-midi. Ils se rendront à Saint-Denis dès samedi, pour un temp spirituel dans la Basilique, de 10h à 11h30, avant de remettre leurs messages aux autorités politiques, dans la salle de la Légion-d'Honneur. 
 

 

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