Anne-Dauphine Julliand, la consolation face au deuil

Présentée par UA-141541

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L'entretien de la semaine

samedi 31 octobre à 9h15

Durée émission : 12 min

Anne-Dauphine Julliand, la consolation face au deuil

© Stéphane Rémael / éditions Les Arènes - Anne-Dauphine Julliand

Mère endeuillée, Anne-Dauphine Julliand livre un témoignage puissant sur la force de la consolation, ce "délicat rapport à l’autre", pourtant si précieux pour celui qui est dans la peine.

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Se retrouver face à la souffrance d'un ami, d'un proche qui vient de perdre un être cher : et se sentir maladroit. Quelle parole ? Quel geste peut consoler ? "Consolation", c'est le titre, aussi beau que sobre, du nouveau livre d'Anne-Dauphine Julliand. Il y a presque 20 ans, avec "Deux petits pas sur le sable mouillé" (éd. Les Arènes), elle bouleversait des milliers de lecteurs en racontant son témoignage, celui d'une mère confrontée à la maladie génétique puis à la mort de l'une puis de l'autre de ses filles. Aujourd'hui, elle écrit : "J’ai beaucoup souffert et je souffre encore. Mais j’ai appris la consolation, ce délicat rapport à l’autre: s’approcher, toucher, parler."

 

COMMENT CONSOLER ?

Journaliste, écrivaine, réalisatrice... À travers ses livres et le documentaire qu'elle a réalisé ("Et les mistrals gagnants", en 2016), Anne-Dauphine Julliand ne cesse d'attirer notre attention sur les plus fragiles d'entre nous, les enfants malades et les personnes en souffrance. Elle écrit : "Il n'y a pas de consolation sans souffrance et il ne devrait pas y avoir de souffrance sans consolation."

"La souffrance elle vient se nicher dans le cœur de notre cœur, dans l'intimité, là où personne ne peut nous rejoindre." Comment consoler, si l'on ne peut rejoindre celui qui souffre ? "Consoler c'est pas comprendre, explique Anne-Dauphine Julliand, c'est pas se mettre à la place de l'autre, c'est s'avancer le cœur ouvert, avec tous les récepteurs ouverts pour écouter le cœur de l'autre, son battement, sa vibration, ses larmes aussi, et pour pouvoir les accompagner."

 

"la consolation c'est Une danse que l'on fait ensemble"

Si la souffrance nous fragilise, c'est pourtant "dans cette fragilité-là qu'on a le plus besoin de l'autre". Anne-Dauphine Julliand en est persuadée, "il n'y a que l'autre" pour "nous restaurer dans une intégrité qui est blessée" et nous permettre de "redevenir entier". "On peut se consoler soi-même, s'apaiser, mais la consolation c'est une relation, en fait, c'est ça qui est très beau, c'est pas un geste, c'est une relation, c'est une danse que l'on fait ensemble."

L'auteure de "Consolation" compare cette relation à "un pas de danse", où "celui qui veut consoler rentre dans l'espace vital de celui qui pleure". "Moi aussi je dois consoler et je suis mal à l'aise face à la souffrance", confie-t-elle. Son livre, Anne-Dauphine Julliand l'a écrit pour "ceux qui doivent consolés" et "ceux qui attendent d'être consolés". 

 

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L'émission

Le samedi à 13h15 et 20h45 et le dimanche à 8h30

Chaque semaine, Thierry Lyonnet donne la parole à un acteur de l'actualité culturelle. Ecrivains, metteurs en scènes, peintres, etc, parlent de leur travail et de leurs oeuvres. 

Le présentateur

Thierry Lyonnet

Rédacteur en chef du Service « Foi et Culture », Thierry met son insatiable curiosité au service de RCF depuis 1990. Spiritualité, art, voyages, solidarité et surtout rencontres, qu’il aime partager avec les auditeurs. Depuis l’enfance, il est fasciné par la richesse de la différence…et cette fascination ne cesse de croître!