Faut il encore soigner les vieux?

Présentée par

S'abonner à l'émission

Chronique bioéthique

mardi 26 mars à 18h45

Durée émission : 3 min

Chronique bioéthique

Bonjour !
 
40 % des belges approuvent l’idée de ne plus administrer de traitements coûteux qui prolongent la vie aux personnes de plus de 85 ans. Les motivations semblent être « pour faire des économies » et pour garantir l’équilibre de l’assurance maladie.
 
L’information qui vient d’être publiée par le quotidien belge Le Soir n’est, semble-t-il, pas nouvelle. Trois études donneraient des résultats concordants pour corroborer ce chiffre qui suscite de nombreuses réactions indignées. D’autant qu’en Belgique, l’euthanasie est devenue culturelle. Cohérent mais plutôt inquiétant.
 
Au fond, c’est la façon même de poser la question qui est vraiment choquante. Quelle idée d’interroger le grand public pour savoir si un pacemaker doit être posé à 85 ans ou si des traitements dépassant 50.000 euros doivent être refusés !
On se croirait aux jeux du cirque. On demande à la foule de laisser vivre ou mourir en fonction de son opinion, de l’émotion du moment.
 
Des commentateurs s’inquiètent d’une possible injustice sociale : si les traitements ne sont plus remboursés, disent-ils, ils resteraient pourtant accessibles aux plus riches.
Mais cette lecture n’est pas acceptable. Si un traitement est déraisonnable, disproportionné, il serait injuste de l’administrer. Et que des personnes, aisées financièrement, réclament une thérapeutique ne pourra jamais légitimer l’administration de traitements disproportionnés par des soignants.
 
Evidemment que l’âge ne doit pas être un critère de refus de prise en charge médicale, pas plus que la race, le handicap, la présence de déficiences ou de troubles psychiatriques …
Limiter arbitrairement l’accès aux soins serait odieux et parfaitement injuste.
 
Pour autant, évidemment que les soignants n’administreront pas nécessairement les mêmes traitements à 80 ou 90 ans … ou à 30 ans. Toute décision de traitement doit être pesée avec prudence à l’aune de la proportionnalité qui prend en compte les fragilités de la personne, son espérance de vie, les risques et bénéfices attendus du traitement.
 
Ceci étant dit, il ne faut certainement pas sous-estimer le risque que l’euthanasie devienne un moyen de réguler les dépenses de santé. Ni même que les économies espérées soient un des moteurs des politiques qui font la promotion de l’euthanasie. Y compris en France.

Les dernières émissions

L'émission

Le Docteur Xavier Mirabel, médecin oncologue, conseiller médical  d’Alliance Vita, nous parle de la personne humaine, de sa vie et de sa mort, de sa sexualité, et de leurs interactions avec la médecine et la société.

Le présentateur

Xavier Mirabel