Fête des mères: les mamans, ces héroïnes

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À l'occasion de la fête des mères, ce dimanche 7 juin, découvrez des portraits de mères courageuses et engagées.

Anne-Dauphine Julliand, le témoignage bouleversant d'une maman

Anne-Dauphine Julliand, le témoignage bouleversant d'une maman

"Et les mistrals gagnants", le film d'Anne-Dauphine Julliand, sort aujourd'hui en salles. Un film non pas sur la maladie mais sur la vie, pour retrouver son âme d'enfant.

En 2011, elle avait bouleversé la France entière avec son best seller, "Deux petits pas sur le sable mouillé" (éd. Les Arènes). Anne-Dauphine Julliand mettait des mots sur la souffrance que vivent les parents devant la maladie et la mort de leur enfant. Celle qui voulait "témoigner de la possibilité du bonheur malgré l'épreuve" a réalisé un premier film, "Et les mistrals gagnants". À cette occasion, elle se confie à Thierry Lyonnet.
 

"Chez les enfants la maladie n'empêche pas d'aimer la vie"

 

"Et les mistrals gagnants"

Ambre, Charles, Imad, Camille, Tugdual. Ils ont entre 6 et 9 ans et ils crèvent l'écran. Ils sont les héros du film d'Anne-Dauphine Julliand, "Et les mistrals gagnants". Un long-métrage qui place le spectateur à hauteur d'enfant - d'enfant malade. ​

"Les mistrals gagnants". La chanson de Renaud - élue en 2015 "chanson française préférée de tous les temps" - c'est l'histoire d'un papa qui dit à sa fille de ne jamais oublier quand elle était insouciante. Mais l'insouciance, pour la réalisatrice, ce n'est pas ne pas savoir. "Te raconter enfin qu'il faut aimer la vie et l'aimer même si / Le temps est assassin et emporte avec lui / Les rires des enfants et les mistral gagnants."

 

L'amour avec un grand "A"

"Croire en Dieu ça n'empêche pas de souffrir." Mais cela permet de se sentir aimé et de n'être jamais seul. Anne-Dauphine Julliand ne cache pas sa foi chrétienne. Elle ne cherche pas à l'imposer, même si c'est là le secret de sa force. "Au fond de mon cœur il y a l'amour de l'homme de ma vie, de mes enfants, des gens qui m'entourent, celui que j'ai pour moi puisque j'apprends à m'aimer comme je suis. Et l'Amour avec un grand A, indéfectible."
 

la vie à hauteur d'enfant

"Les enfants on ne les écoute pas vraiment : si vous les interrogez sur les grands sujets de la vie vous allez être étonné par cette lucidité!" Ambre, Charles, Imad, Camille et Tugdual, les héros du film, donnent en effet l'impression d'être exceptionnels. Ce sont tout simplement des enfants, rétorque Anne-Dauphine Julliand.

"J'aurais pu faire un film sur la vie avec des enfants en bonne santé, confie-t-elle, un enfant malade continue à aimer la vie, à l'aborder avec la même sérénité." Ce film offre un regard inouï sur l'enfance : "Chez les enfants la maladie n'empêche pas d'aimer la vie." Alors que les adultes, eux "ont tendance à réduire leur vie à cette épreuve". 

 

Émission diffusée en janvier 2017

 

Marie-Clothilde de Salvert: une vie guidée par la foi, la musique et la maternité

Marie-Clothilde de Salvert: une vie guidée par la foi, la musique et la maternité

Chanteuse et mère de sept enfants, Marie-Clothilde de Salvert est animée d'une foi fervente, tout aussi importante que "la maternité et la musique". Elle nous raconte son parcours de foi.

Latifa Ibn Ziaten, pour plus de paix et de tolérance, le cri d'une mère

Latifa Ibn Ziaten, pour plus de paix et de tolérance, le cri d'une mère

Depuis la mort de son fils Imad, assassiné par Mohamed Merah le 11 mars 2012 à Toulouse, Latifa Ibn Ziaten ne cesse de transmettre un message de Paix et de Tolérance.

"Soyez fière de votre fils, lui a dit le procureur, c'était un vrai soldat, il a fait honneur à la France." Latifa Ibn Ziaten a vécu ce qui peut arriver de pire à une mère. Son fils Imad Ibn Ziaten, adjudant de l'armée française, a été froidement assassiné, première victime de la tuerie de Toulouse perpétrée par Mohammed Merah.

C'était le 11 mars 2012, et depuis ce drame Latifa Ibn Ziaten ne cesse de parcourir la France pour transmettre, dans les écoles, les prisons et les centres sociaux, un message de paix et de tolérance. Elle a fondé l'association Imad pour la jeunesse et la paix, et livré son témoignage dans "Mort pour la France" (éd. Flammarion, 2013). En octobre 2017 est sorti en salles le film documentaire "Latifa, le cœur au combat", d'Olivier Peyon et Cyril Brody. Rencontre avec une mère, une femme, "une française marocaine musulmane" qui témoigne qu'il est possible de pratiquer sa foi dans la paix et le respect des valeurs républicaines.
 

"Je dis à chaque famille : réveillez-vous ! La pauvreté n'a tué personne mais l'éducation est importante"

 

Qui était Mohammed Merah ?

Pour Latifa Ibn Ziaten, il n'était "pas musulman" ; Mohammed Merah n'était "pas humain" non plus. Seulement, "on ne naît pas terroriste", comme elle le dit. La conviction de cette femme née en 1960 au Maroc et qui a connu les difficultés de l'intégration, c'est que s'il avait été "bien aimé, bien éduqué", entouré par sa famille, Merah n'aurait sans doute pas fait ça.
 


© Association Imad pour la jeunesse et la paix - Latifa Ibn Ziaten : "J'étais fière que mon fils soit militaire !"

 

"Il était mal éduqué, mal orienté, mal cadré, il n'y avait que de la haine autour de lui, il a grandi dans la haine." Puis il y a eu cette "secte radicale" qui lui a "lavé le cerveau" jusqu'à l'inciter à tuer des innocents, des enfants. "Ce mois de mars 2012, Mohammed Merah a tué trois religions, il a touché l'islam, il a touché le christianisme, le judaïsme, il a fait l'amalgame, a sali le nom de l'islam, il a laissé la terreur, la souffrance et puis il est parti avec son mystère."

 



 

Prévenir la radicalisation, le combat d'une mère

L'une des préoccupations de l'association qu'a créée Latifa Ibn Ziaten c'est de comprendre pourquoi des jeunes se radicalisent, et comment prévenir cette radicalisation. Parmi les jeunes qu'elle rencontre dans les cités, certains "comme Merah", sont "abandonnés, fragiles, mal aimés : et voilà ce que ça donne".

Aussi quand elle témoigne, la mère d'Imad entend-elle réveiller les parents. "La responsabilité vient aux parents, ce sont eux qui doivent les aimer, les protéger, les accompagner." Ne pas faire état par exemple devant eux de leurs difficultés de couple, d'argent, de logement... Mais leur dire : "Avance mon fils, aie confiance en toi, je voudrais que tu sois mieux que moi : c'est ça qui manque dans certaines familles malheureusement."
 

 

Servir la République quand on est musulman

Lors de ses différentes interventions dans des centres sociaux ou des écoles, il est arrivé que l'on reproche à Latifa Ibn Ziaten d'avoir laissé son fils s'engager dans l'armée française, au nom de la colonisation ou de la guerre d'Algérie. Mais elle répond : "J'étais fière que mon fils soit militaire !" Fière de le voir "amoureux de son pays" et désireux de "servir la République". "Les gens sont restés en arrière, aux problèmes de colonisation." Alors quoi, sous prétexte que l'on est arabe et musulman et français on ne peut pas être militaire ou policier ? "On ne mérite que le balai et les usines ?"

 



 

Ghettoïsation et manque de mixité sociale

Le combat de Latifa Ibn Ziaten, c'est de transmettre ce message : l'intégration s'apprend d'abord à la maison. Aux parents de dire à leurs enfants d'où ils viennent et de leur montrer qu'ils ont un avenir, et que grandir avec la double culture, c'est possible ! D'être "un moteur" pour leur enfant. "Je dis à chaque famille : réveillez-vous ! La pauvreté n'a tué personne mais l'éducation est importante."

Pendant 25 ans, elle a travaillé dans un établissement scolaire. Les jeunes de banlieue comme on dit, elle sait quelles sont leurs difficultés. "Ce ghetto, je peux vous dire ça fait du mal, il n'y a pas de mixité sociale, ils sont entre eux, ils ne peuvent pas sentir qui est français." Or un enfant, "s'il n'est pas accompagné, s'il n'a pas un cadre, c'est rare qu'il puisse s'en sortir".

 

Entretien réalisé en décembre 2017

 

Vanessa Cordier, le témoignage d'une mère de famille après la mort de son enfant

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Le quatrième enfant de Vanessa Cordier a vécu un an et un mois. Marie-Lys était atteinte d’un syndrome polymalformatif. Sa vie aussi brève fut-elle a bouleversé sa famille. Témoignage.

Une émission en partenariat avec Radio Présence (Toulouse)

 

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La mère de Marin, Audrey Sauvajon est notre invitée. Son fils avait été violemment aggressé fin 2016. Il se reconstruit aujourd'hui, alors que son agresseur a été condamné.

Histoires de mères, avec Elizabeth Tchoungui et Marion Muller-Colard

Histoires de mères, avec Elizabeth Tchoungui et Marion Muller-Colard

Elizabeth Tchoungui, mère d'un enfant autiste, livre le récit de sa vie familiale ; Marion Muller-Colard raconte l'histoire d'une mère après la mort de son enfant lourdement handicapé.

Quelle force, le lien tissé entre une mère et son enfant ! Et quel mystère, la vie même d'un fils jamais totalement connu, toujours à accompagner. Dans son premier roman, "Le jour où la Durance" (éd. Gallimard), Marion Muller-Colard partage les blessures, les souffrances et les échecs de Sylvia, la mère de Bastien, dont la vie, enfermé dans son corps, reste une énigme. A-t-il seulement vécu, entouré des siens ? Sa mort est-elle une libération, une seconde naissance ? Ou bien l'échec programmé d'une existence à côté de la vie ?
"Le jour où tu es né une deuxième fois" (éd. Flammarion) n'est pas un roman mais un récit. C'est son fils Alexandre, touché par le syndrome d'Asperger, qu'Elizabeth Tchoungui nous présente au fil de pages sensibles, drôles parfois, tendres souvent. Elle nous raconte son fils, elle raconte aussi ce qu'est être mère.
 

Elizabeth Tchoungui, être mère d'un enfant autiste

Parce que c'était "important" de témoigner de son "parcours du combattant", Elizabeth Tchoungui signe "Le jour où tu es né pour la deuxième fois". Elle qui estime "avoir été très chanceuse" d'avoir pu "contourner un système très injuste" - la prise en charge de l'autisme en France "a beaucoup de retard" - entend témoigner pour "tous ceux qui n'ont pas ces moyens-là". Le récit de vie qu'elle propose a aussi pour objectif de "faire bouger les lignes" notamment sur "la perception de la différence dans notre société trop normative".
 

Après la mort d'un fils handicapé, par Marion Muller-Colard

Pendant 37 ans, Sylvia n'a vécu que pour lui. "Le jour où la Durance" commence avec la mort de Bastien, né lourdement handicapé. Quelle aura été sa vie ? Lui qui en apparence ne percevait rien, présent dans une forme d'absence, laisse tout à coup un grand vide dans la vie de Sylvia. Et de nombreuses questions. "L'absence [de Bastien] va paradoxalement révéler ce qu'a été sa présence au long de sa vie", explique Marion Muller-Colard.

Un roman sur le deuil mais aussi sur "la nécessité" d'une vie : il questionne la façon dont "les enfants, et en particulier les enfants qui nous mobilisent plus fortement" peuvent contraindre des vies à devenir "nécessaires". En perdant son fils, Sylvia perd quelque chose de "la nécessité de sa vie". La façon dont elle a été totalement dévouée à son enfant n'a-t-elle pas été parfois "une planque" ?
 

Critique littéraire : le coup de cœur de Stéphanie Janicot

Quand un nouvel ouvrage d'Haruki Murakami paraît, c'est un événement. Stéphanie Janicot a lu les (presque) deux fois 500 pages du "Meurtre du Commandeur", publié en deux tomes. "Un parfait roman pour entrer dans l'univers de Murakami." Véritable monument de la littérature japonaise, mondialement connu, Murakami a le génie d'écrire des ouvrages que l'on garde "incroyablement présent à l'esprit".

Cette fois il raconte l'histoire d'un peintre qui mène une vie simple et agréable jusqu'à ce que sa femme le quitte. Il s'installe dans la maison d'un de ses amis, où la solitude et l'isolement l'amènent à se questionner. Et surtout il trouve au grenier un tableau représentant le meurtre du Commandeur, inspiré de l'opéra de Mozart. Dès lors, des choses étranges se passent dans la maison.

 

Émission enregistrée en décembre 2018

 

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