Une naissance qui émerveille

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Chronique bioéthique

mardi 2 avril à 18h45

Durée émission : 3 min

Chronique bioéthique

Bonjour !

C’est une survie qui impressionne : un bébé né au Japon à 22 semaines de grossesse, 24 semaines après les dernières règles, vient de rentrer à la maison en bonne santé, après 5 mois d’hospitalisation. Il ne pesait que 268 grammes à la naissance.

La survie de ce bébé né « prématuré extrême » et de poids particulièrement faible suscite l’admiration en particulier pour les équipes de néonatologies Japonaises qui sont réputées dans la prise en charge des prématurés.

Parmi les progrès qui rendent la survie possible dans ces situations particulièrement dramatiques, il y a évidemment beaucoup de technologie médicale. Mais il y a aussi un soin particulier accordé à la relation mère enfant nous expliquent les néonatologistes.

Cette information appelle quelques réflexions. Tout d’abord, la reconnaissance du caractère précieux de la relation mère enfant à un stade assez précoce de la grossesse. Cette reconnaissance est paradoxale alors que l’on débat aujourd’hui de la GPA, du recours aux mères porteuses. La mère est-elle vraiment interchangeable ?

Deuxièmement, à 24 semaines d’aménorrhée, le fœtus est viable et bénéficie de relations avec ses parents. A 24 semaines, c’est un être humain en relation. A 24 semaines d’aménorrhée, dans de nombreux pays au monde, l’avortement est possible. En Europe, c’est le cas en Espagne, au Pays-Bas ou au Royaume-Uni. Rappelons aussi que l’avortement est possible bien au-delà en cas de handicap chez l’enfant.

Un bébé de très faible poids qui survit sans séquelles, c’est évidemment une grande joie. Malheureusement, la majorité des enfants nés à cet âge-là meurt dans les premières semaines ou reste très lourdement handicapé, c’est pourquoi la réanimation pose question, d’autant plus si elle tend à être systématique.

En l’an 2000, le CCNE rendait un avis intitulé « Réflexions éthiques autour de la réanimation néonatale ». On y découvrait « une particularité de l'attitude des réanimateurs français qui semblent privilégier l'ouverture large à une réanimation systématique d'attente, en acceptant éventuellement d'arrêter secondairement la vie » autrement dit l’euthanasie. Mais c’était il y a bientôt 20 ans, tout a certainement tellement changé depuis …

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L'émission

Le Docteur Xavier Mirabel, médecin oncologue, conseiller médical  d’Alliance Vita, nous parle de la personne humaine, de sa vie et de sa mort, de sa sexualité, et de leurs interactions avec la médecine et la société.

Le présentateur

Xavier Mirabel