Une vraie libération

Présentée par PR-23241

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L'édito de Blanche Streb

vendredi 18 septembre à 7h55

Durée émission : 3 min

Une vraie libération

© DR

Pour lutter contre le sexisme, des jeunes filles ont été incitées à aller au lycée avec des tenues provocantes. Et si on éduquait plutôt les jeunes à la vraie liberté ?

Lundi 14 septembre, un appel incitait les jeunes, en particulier les filles, à s’habiller, de manière "provocante" ou "indécente" pour aller au lycée. Ce mouvement intitulé #Liberationdu14, largement crée et alimenté par les réseaux sociaux réclame, pour toutes, le droit de s’habiller (ou plutôt de ne pas trop s’habiller) comme elles veulent et souhaite lutter contre les discriminations sexistes, notamment au sein des établissements scolaires.

En effet, les codes vestimentaires concernent plus souvent les filles et interdisent les jupes trop courtes, les plongeants décolletés et autres "crop top", ces petits hauts très courts qui s’arrêtent sous la poitrine et dévoilent le nombril. Ils sont très tendance chez les filles qui ont l’habitude de les arborer fièrement sur "tik tok" ou "Instagram" et qui ne comprennent pas qu’au collège, ça passe moins bien.

Une fake news ? 

J’ai d’abord cru à une fake news en découvrant que Marlène Schiappa, ancienne secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, relayait cet appel en assurant qu’"en tant que mère, elle soutenait avec sororité et admiration" toutes les jeunes filles qui suivraient le mouvement. Cela prêterait à sourire si ce n’était pas si grave que notre Ministre, désormais chargée de la Citoyenneté, encourage, en personne, les jeunes à enfreindre le règlement de leur collège ou de leur lycée… Comment ne pas plaindre les chefs d’établissements, contraints de gérer cela en plus, dans un contexte global difficile de perte d’autorité et de difficultés liées à la crise sanitaire?

Un appel au respect

Mais, derrière cette demande de liberté autour de l’apparence vestimentaire, il y a vrai appel que nous devons entendre. Un appel que pensent envoyer nombre de ces jeunes filles. Celui d’être regardées avec plus de respect, d’être traitées avec plus de considération, notamment de la part des garçons. Mais ce mouvement est une mauvaise réponse à de bonnes questions. Car prétendre défendre la condition de la femme en lui proposant de s’habiller de manière indécente ou vulgaire a peu de chance de s’avérer efficace.

Une saine pudeur

Notre époque est violente pour les jeunes, surtout pour les filles : hypersexualisation, invasion de la culture porno, injonctions à entrer de plus en plus tôt dans la vie sexuelle, réseaux sociaux omniprésents et sans pitié, culte du corps, diktat de la mode et de la bien-pensance… Dans ce contexte, ce n’est pas facile pour eux de grandir en liberté, en responsabilité et à leur rythme. C’est vrai qu’ils ont besoin d’une vraie libération !

L’immense besoin est de leur offrir une véritable éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle et des exemples sains et rassurants autour d’eux. Pour redécouvrir que de se faire respecter c’est aussi se respecter soi-même. Pour comprendre qu’une saine pudeur n’a rien de ringard et qu’il est possible, et même heureux, d’allier la décence à l’élégance et la beauté à la liberté
 
 
 
 
 
 
 

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Le présentateur

Blanche Streb

Docteur en pharmacie, Blanche Streb est directrice de la formation et de la recherche pour Alliance VITA. Elle est l'auteure de "Éclats de vie" (éd. L'Emmanuel, 2019) et "Bébés sur mesure - Le monde des meilleurs" (éd. Artège, 2018).