Éduquez sans frapper

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La chronique des Scouts et Guides de France

mercredi 21 novembre à 6h55

Durée émission : 3 min

La chronique des Scouts et Guides de France

Aujourd'hui François Mandil réagit dans son édito à la proposition de loi d'interdire la fessée.

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Vous allez aujourd’hui nous parler de la proposition de loi de la députée Maud Petit.

Si je frappe quelqu’un dans la rue, vous allez considérer que c’est de la violence inexcusable. Vous aurez raison. En France, il est fort heureusement interdit de frapper quelqu’un… sauf … sauf si c’est un enfant ! Et oui, hélas, la justice reconnait en France aux adultes un « droit de correction » s’il est proportionné. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, la violence contre les enfants est autorisée par la loi, et en plus, sous couvert d’éducation.

Cet après-midi, la proposition de loi déposée par la députée Maud Petit va être étudiée par la commission des lois aujourd’hui, c’est-à-dire le lendemain de la journée mondiale des droits de l’enfant. Et près de 30 ans après l’adoption de la Convention internationale des droits de l’enfant qui interdit les châtiments corporels. "Les enfants ont droit à une éducation sans violence. Les titulaires de l'autorité parentale ne peuvent user de moyens d'humiliation tels que la violence physique et verbale, les punitions ou châtiments corporels, les souffrances morales" est-il écrit dans le projet de loi.

L’expression « violence éducative » est un oxymore ! Une violence, un coup de toute nature ou toute intensité, n’est jamais éducatif, ne permet pas de se faire obéir. Tous les pédiatres, tous les éducateurs et éducatrices le savent. La violence envers les enfants enseigne plutôt … l’usage de la violence ! Elles normalisent le fait de recourir à la force. Elles humilient l’enfant. Et l’humiliation a des conséquences graves sur le développement des enfants, brisant le lien de confiance entre l’adulte et l’enfant.

Il arrive que des parents craquent !

Vous avez dit le bon mot, ils craquent. On peut expliquer, mais sûrement pas justifier, pourquoi des adultes ont recours à la violence dite « éducative » mais c’est d’abord un aveu d’échec. La semaine dernière, le COFRADE, le conseil français des associations pour les droits de l’enfant, organisait les premiers états généraux des droits de l’enfant. Des enfants et adolescents étaient présents et ils ont notamment pu faire des recommandations pour une meilleure application du droit à l’éducation. L’une des propositions venant de ces enfants était … de permettre aux parents d’apprendre à être de meilleurs éducateurs ! Oui, ce n’est pas inné. Ce n’est pas simple d’élever des enfants.

75% des maltraitances caractérisées ont lieu dans un contexte de punitions corporelles dites « éducatives ». Les parents n’ont souvent pas les moyens d’empêcher l’escalade. Les premières violences entraînent l’escalade.

Cette proposition de loi est nécessaire, elle est tout sauf anecdotique. La France est un des derniers pays d’Europe à continuer à autoriser ces violences.
Et si le sujet de la protection de l’enfance vous intéresse particulièrement, je vous invite à suivre la conférence que les Scouts et Guides de France organisent ce soir et qui sera diffusée en direct sur notre chaine Youtube à partir de 19h30, une conférence pour outiller les personnes qui ont des responsabilités éducatives afin de mieux lutter contre le fléau des violences contre les enfants, pseudo-éducatives ou pas.

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Le présentateur

François Mandil

François Mandil est le délégué national Communication et Relations extérieures des Scouts et Guides de France.