Peut-on vaincre ses phobies sans l'aide d'un psy?

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La Vie est un Art

mercredi 25 juillet à 10h30

Durée émission : 25 min

Peut-on vaincre ses phobies sans l'aide d'un psy?

© éditions Flammarion - Pr Antoine Pelissolo : ce que le psychiatre "essaie de limiter à priorié" c'est le recours un peu trop rapide au médicament "par facilité" et "sans soigner vraiment"

Le Pr Antoine Pelissolo donne des conseils pour nous débarrasser par nous-mêmes de nos manies, phobies et autres angoisses qui empoisonnent l'existence au quotidien.

Peur de l'avion, phobie des araignées, hypocondrie, besoin de tout vérifier... Phobies, angoisses ou manies empoisonnent le quotidien d'une personne sur cinq en France. Faut-il consulter un psy ? Faut-il croire à l'auto-psychothérapie ou à l'auto-réparation ? En d'autres mots, peut-on se libérer tout seul de ses phobies, et sans médicament ? C'est en tout cas ce que laisse entendre le titre du livre du Pr Antoine Pelissolo, "Vous êtes votre meilleur psy !" (éd. Flammarion). Pour le psychiatre, en effet : "On a tous des capacités d'auto-réparation, de résilience, et on les utilise dans la vie quotidienne sans même s'en rendre compte, le plus souvent, donc on est son meilleur psy au quotidien." Et puis un jour on se rend compte que l'on a des blocages : que faire ?
 

 "On a des fragilités, on a des conditions de vie qui sont stressantes et donc le fait au moins de ne pas s'en vouloir évite d'aggraver la peine"

 

D'abord, S'écouter soi-même

Le psychiatre insiste sur l'importance de "se poser", de "prendre le temps d'analyser ce qui ne va pas". Son livre vise justement à appporter des explications sur ce qui peut dysfonctionner. Pourquoi ai-je cette peur-là ? Souvent c'est comme un caillou dans la chaussure, il nous dérange mais on tente de l'ignorer. Or une peur, plus on prend l'habitude de l'éviter, plus elle se renforce. "Quand on ne va pas bien c'est souvent qu'on a utilisé des ressources qui paraissaient au départ des moyens d'échapper à certaines souffrances ou difficultés et en fait ce sont des pièges qui s'auto-entretiennent et dont on n'arrive pas à sortir."

Avec "Vous êtes votre meilleur psy !", Antoine Pelissolo entend délivrer un message : il s'agit pour chacun de se penser comme un acteur, de concevoir que l'on peut soi-même agir. À l'heure où des méthodes comme l'hypnose ou l'EMDR (Intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires) pourraient encourager une forme de passivité de la part du patient dans le processus de soin. Le psychiatre prévient : pour soigner peu à peu des angoisses ou des phobies, il faut du temps et des efforts. "On ne peut pas juste décider de changer pour que ça marche, il n'y a pas de déclic qui peut tout changer d'un jour à l'autre."

 



 

À quel moment aller voir un psy ?

Croire en soi et en ses capacités n'empêche pas de se faire aider. "Quand il faut consulter j'encourage à le faire, dit le psychiatre, et évidemment pour beaucoup c'est essentiel." On peut aller trouver un professionnel dans un moment de crise ou quand on a essayé des solutions qui semblent ne pas fonctionner. "Le professionnel est là pour ça, mais ça peut être un médecin de famille, un psy, parce que à un moment on est perdu." L'écoute d'une personne extérieure à son cercle de relations permet de voir les choses sous un autre angle.

Quand on sait que "30 à 35% des personnes ont des troubles anxieux ou dépressifs", surtout il n'y a pas de honte ni de culpabilité aucune à avoir. "On a des fragilités, on a des conditions de vie qui sont stressantes et donc le fait au moins de ne pas s'en vouloir évite d'aggraver la peine."

 



 

À quel moment prendre des médicaments ? 

Le Pr Pelissolo n'a "rien contre les psychotropes qui soignent les dépressions ou les troubles sévères". Ainsi dans le cas d'une "dépression caractérisée", le médecin pourra décider qu'"il faut un traitement médicamenteux". Ce que le psychiatre "essaie de limiter à priorié" c'est le recours un peu trop rapide au médicament "par facilité" et "sans soigner vraiment". Dans tous les cas c'est au médecin d'en décider et "rien d'empêche d'aller consulter pour savoir si on en a besoin". Reste que le Pr Pelissolo s'attele "aux problèmatiquess au long cours", aux "difficultés d'adaption à la vie quotidienne" et aux "mauvaises habitudes qui ne se soignent pas globalement avec des médicaments".
 

Émission réalisée en décembre 2017

 

Invités

  • Pr Antoine Pelissolo , psychiatre, spécialiste des troubles obsessionnels-compulsifs (TOC) et des troubles anxieux sévères, Professeur des Universités, chef du service de psychiatrie sectorisée au CHU Henri-Mondor (Créteil)

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Tous les lundis à 22h00

Une émission hebdomadaire de psychologie positive qui ouvre les auditeurs à la bienveillance, la gratitude, l’altruisme et le pardon. Avec ses invités, psychologues, thérapeutes, médecins ou coachs, Bénédicte Draillard défriche des voies de croissance personnelle et de communion fraternelle. Des exemples concrets et simples, un langage ouvert et des suggestions accessibles, pour se mettre en route vers un mieux-être, avec soi-même et avec les autres.

Le présentateur

Bénédicte Draillard

Passionnée de relations humaines et de spiritualité, Bénédicte a un parcours divers et varié! Directrice littéraire d’une maison d’édition religieuse et canoniste, elle collabore à RCF depuis une vingtaine d’années. Sa joie est de partager avec les auditeurs ses coups de cœur littéraires et la saveur de la Parole de Dieu.