Traverser un deuil périnatal

Présentée par Bérengère Lou

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jeudi 15 juin à 10h00

Durée émission : 55 min

Traverser un deuil périnatal

© Pixabay

Perdre un enfant qu'on attendait, au début ou au milieu de la grossesse, voire quelques semaines après l'accouchement, "on n'imagine pas l'impact que ça peut avoir".

Comment traverser un deuil périnatal? Perdre un enfant qu'on attendait, au début ou au milieu de la grossesse, voire quelques semaines après l'accouchement, "on n'imagine pas l'impact que ça peut avoir". Chaque année, le collectif "Une fleur, une vie" organise une manifestation à Paris, au cours de laquelle un immense bouquet de fleurs est créé "pour honorer l'existence de ces tout-petits" - la dernière a eu lieu le 13 mai 2017. C'est Elisabeth Martineau qui coordonne ce collectif. Elle est l'auteur d'un livre témoignage, "Surmonter la mort de l'enfant attendu" (éd. Dialogue social, réédité en 2008).
 

"Le deuil périnatal est souvent vécu dans beaucoup de solitude"

 

Le deuil périnatal, un deuil particulier

"Perdre un enfant que personne n'a connu." Quand il est encore dans le ventre ou qu'il vient de naître, l'enfant est attendu dans le secret de la famille. C'est pour cela, explique Elisabeth Martineau, "qu'il peut y avoir un malaise autour de ce deuil". Le parent connaît alors la peur de l'oubli, comme l'observe Christophe Fauré. "On a peur que cet enfant n'ait pas d'existence dans l'esprit des autres, qu'on ne tienne plus compte de son court passage sur terre." Le psychiatre observe que ces deuils sont souvent vécus "dans beaucoup de solitude".

Aujourd'hui on peut déclarer au registre de l'état civil un enfant mort après 14 semaines d'aménhorées ou pesant plus de 500 grammes ; il faut aussi qu'on puisse identifier le sexe du bébé. Cette procédure ouvre droit aux obsèques. Et "voir le prénom de son enfant dans un livret de famille, ça rassure: on voit qu'il a vraiment existé", explique Elisabeth Martineau.
 

il y a les mots qui blessent et ceux qui aident

Parmi les phrases qui blessent quand on vit un deuil périnatal, ce sont des remarques comme "Vous êtes jeunes, vous en aurez d'autres", "Vous ne l'aurez pas connu c'est mieux qu'il décède maintenant" ou encore, "C'est mieux comme ça si ça se trouve il était très malade". Ce qui peut aider en revanche, selon Elisabeth Martineau, c'est "de parler de l'enfant, reconnaître son existence, donner du concret à ce bébé".
 

Les questions que l'on se pose

Parfois, on ne sait pas ce qui a pu causer la mort de son enfant. Ce qui est une source d'anxiété et de stress, note le psychiatre Christophe Fauré. "Une autre question que l'on se pose, c'est celle d'avoir ou non un autre enfant après, et combien de temps après..." Il prévient: surtout ne pas vouloir "remplacer" l'enfant disparu. A l’occasion de la journée "Une Fleur, Une Vie" du 13 mai 2017, Christophe Fauré a donné une conférence sur le thème "Un tout-petit est mort, parlons de l’enfant d’après?" (voir la vidéo ci-dessous).
 

 

Le collectif Une fleur, une vie regroupe quatre associations: Agapa, L'Enfant sans nom - Parents endeuillés (ESNPE), Naître et vivre et Soins palliatifs et accompagnement en maternité (SPAMA).

 

Invités

  • Dr. Christophe Fauré , psychiatre, psychothérapeute

  • Elisabeth Martineau , journaliste, rédactrice en chef du magazine L'enfant et la vie, cofondatrice de l’association La Cause des Parents, coordinatrice du collectif "Une fleur, une vie"

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