Sauver les insectes et le climat, les deux défis brûlants

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La chronique Écologie

mardi 19 février à 7h20

Durée émission : 3 min

La chronique Écologie

Aujourd’hui les insectes, en nombre d’espèces ou en biomasse, dépassent largement les mammifères. L’idée même qu’ils puissent s’effondrer à ce point est inouïe et pourtant...

Cette semaine deux informations ont fait la une : la disparition des insectes et un rapport préconisant des mesures drastiques pour limiter le réchauffement à 1,5°CUne série de mesures à peine réalistes même. Par exemple l’arrêt immédiat de la vente de véhicules pour les particuliers, ou encore la mise en culture de toute parcelle de jardin. L’objectif de tout cela étant une baisse des deux tiers des émissions de carbone d’ici 2030. C’est une étude qui émane d’un cabinet privé, BL Evolution, qui a pris le problème par un bout technique. Au-delà de 2°C, on risque l’emballement, à cause de la fonte du permafrost – le sol gelé de l’Arctique – qui libérerait du méthane, autre gaz à effet de serre.

Donc objectif moins de 2°C. Que faire pour cet objectif ? On a sorti la calculette et voilà ce qu’il faut faire. Et là on s’aperçoit – mais est-ce vraiment une surprise – que c’est la remise en cause de tout notre niveau de vie, de toute l’essence, au propre et au figuré, de notre civilisation moderne, basée sur des flux hyper-rapides d’hommes et de matière. 

Certains ont vu dans ce rapport l’annonce de la dictature verte.

Ce rapport fait suite à de nombreux avertissements, notamment du GIEC mais pas seulement. On était largement prévenus. Ceux qui publient ce rapport ne cachent pas que techniquement c’est très compliqué de faire tout ça, et politiquement impossible. Et pourtant c’est indispensable. C’est une façon de nous alerter, de dire que moins de 2°C c’est perdu, de traduire en termes concrets l’urgence de la situation. Le despote qui va décréter ça n’existe pas. Mais à ce rythme on l’appellera à notre secours comme la République romaine nommait des tyrans pour faire face à une invasion ennemie. C’est un des dangers. Raison de plus pour réagir à temps.

Et les insectes. Est-ce que c’est aussi grave ?

C’est quasi pire. Aujourd’hui les insectes, en nombre d’espèces ou en biomasse, dépassent largement les mammifères. L’idée même qu’ils puissent s’effondrer à ce point est inouïe et pourtant c’est la publication la plus sérieuse qui soit qui l’annonce. Les insectes sont si omniprésents dans les écosystèmes que leur effondrement provoquera celui de notre civilisation bien avant qu’ils aient vraiment disparu. Biodiversité et climat sont les deux dangers les plus brûlants. Mais au moins pour les insectes on peut agir tout de suite : partout, même en ville, il faut planter soi-même, ou faire restaurer par tous ceux qui le peuvent, plus de naturalité. Plus de végétation sauvage, d’arbustes, d’herbes folles, de haies, etc. C’est le défi pour ce printemps.

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Le présentateur

Johannes Herrmann

Johannes Herrmann (Cyrille Frey de son vrai nom) est ornithologue. Membre de l'association Oeko-logia, il contribue à la revue Limite. Il est l'auteur, avec sa femme Mauhaut Herrmann, d'un essai sur la biodiversité "La vie oubliée - Crise d'extinction : agir avant que tout s'effondre" (coll. À la limite, éd. Première Partie, 2018).