Enseigner le français aux migrants, apprendre la rencontre

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Le Temps de le dire

lundi 5 mars à 9h03

Durée émission : 55 min

Le Temps de le dire

© Guillaume POLI/CIRIC - 18 décembre 2017 : Migrants tibétains en cours de Français avec l'association La Pierre Blanche. Conflans-Sainte-Honorine (78), France.

C'est plus que des cours de français. Être professeur bénévole pour des migrants, c'est aller à la rencontre de l'autre et partager ensemble un moment hors du temps.

Le 21 février dernier, le gouvernement présentait le projet de loi asile et immigration, dont le texte devrait être débattu à l'Assemblée en avril. Mais sans attendre que les lois se fassent - et même si ce projet de loi laisse sceptiques de nombreuses associations - beaucoup œuvrent pour aider les migrants. Et notamment en enseignant le français.
 

"Il y a beaucoup de joie, on s'amuse ensemble autour du langage, comme dans une bulle protégés de la vie de tous les jours"

 

Des Professeurs de français pas comme les autres

Qui sont-ils ceux qui donnent de leur temps aux migrants pour être professeur de français bénévole ? Cette "armée de l'ombre", comme l'appelle Marie-France Etchegoin, n'est pas composée que de militants. Issus de tous horizons, ils sont jeunes, retraités, actifs... Animés par la joie d'être "à la disposition d'une cause utile", comme Patrick Demiville, qui s'est engagé une fois à la retraite dans le Germae, le groupe d’entraide régional pour mieux apprendre ensemble. "Un jour j'en ai assez de m'indigner", témoigne Marie-France Etchegoin.

Les hommes et les femmes en attente de leur statut de réfugiés le restent en moyenne pendant un an voire deux. Pendant tout ce temps, il n'y a que les citoyens et les associations pour leur donner des cours de français, puisque les cours prévus par les pouvoirs publics ne sont proposés qu'une fois les papiers délivrés.

 



 

Apprendre aux autres et apprendre des autres

De son expérience d'enseignante bénévole dans un centre d'hébergement d'urgence à Paris, la journaliste Marie-France Etchegoin a fait un livre, "J'apprends le français" (éd. JC Lattès). Un titre à double sens, pour signifier aussi tout ce qu'elle reçoit de la rencontre avec les migrants. "Eux aussi m'apprennent en retour."

Quand on a fuit la guerre, la dictature, la famine ou la pauvreté, au long d'un périple douloureux, les cours de français c'est plus que de simples cours. "C'est à la fois quelque chose de pratique qui permet de se débrouiller, de se sentir mieux, d'avancer, explique Fabien Godefroy, c'est aussi autre chose." Et au JRS France ils ont été conçus comme des moments où "on ne travaille pas, où on découvre". "Il y a beaucoup de joie, on s'amuse ensemble autour du langage, comme dans une bulle protégés de la vie de tous les jours."

 



 

Pouvoir dire "Je suis"

Elle commence toujours ses cours de français par cette phrase de présentation : "Je suis Mahmoud", "Je suis Sharokan", "Je suis Adbou... " Marie-France Etchegoin a pris conscience que dire "Je suis", pour elle c'était aussi simple que de "respirer". Mais "quand on vient d'une dictature où on a été persécuté, quand on s'est échappé d'une prison libyenne... quand son identité a été niée, pouvoir dire je, 'je suis', dans leur langue ou en français c'est déjà une victoire..."
 

Invités

  • Marie-France Etchegoin , journaliste, écrivain, enseignante bénévole dans un centre d’hébergement d’urgence à Paris

  • Patrice Demiville , président du Germae (Groupe d’entraide régional pour mieux apprendre ensemble)

  • Fabien Godefroy , coordinateur projets au pôle Intégration du JRS France (Jesuit Refugee Service)

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L'émission

Tous les jours du lundi au vendredi à 9h03

La grande émission interactive pour aborder tous les sujets de société, qui font l'actualité. Antoine Bellier reçoit ses invités pour réfléchir, approfondir, apprendre et donner du sens à tous les sujets du moment. Posez vos questions ou témoignez en direct pendant l’émission 04 72 38 20 23 ou par mail à l'adresse letempsdeledire[arobase]rcf.fr.

Le présentateur

Antoine Bellier

Journaliste à RCF depuis 2009, Antoine est passé par Le Mans et La Roche-sur-Yon, avant de rejoindre la rédaction nationale en septembre 2013. Curieux de l’actualité sous toutes ses formes, amateur de cinéma et de littérature, il lui arrive de passer du micro à la plume.