Femmes et handicap: la double peine?

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Le Temps de le dire

mardi 8 mars 2016 à 9h03

Durée émission : 55 min

Femmes et handicap: la double peine?

© Fabienne Haustant, danseuse et fondatrice de l'association Dans les yeux fermés

Les invitées de Stéphanie Gallet, trois femmes porteuses de handicap, n'aiment pas parler de "double peine" pour évoquer une singularité qui fait leur richesse.

Le 8 mars, journée de lutte pour les droits des femmes - sur RCF, on a choisit de parler des grandes oubliées de la mobilisation, les femmes porteuses d'un handicap. Parce qu'il est temps aujourd'hui de prendre conscience de ce qu'elles vivent et de tout faire pour lutter contre cette double discrimination. "Comme toutes les femmes du monde entier nous vivons une discrimination, et le handicap la redouble", confirme Maudy Piot. Elle cite pour exemple le cas d'une femme aveugle qui, si elle se fait agressée dans la rue, ne pourra reconnaître son agresseur.

Femme et handicap: la double peine? L'expression, provocante, dit bien l'importance des discriminations dont sont victimes les femmes porteuses de handicap. Delphine Siegrist le dit, ce combat qui reste à mener dans notre société pour changent les regards et que cesse notamment l'invisibilité de ces femmes. Pour Maudy Piot, qui n'aime pas la formule, "ce sont les valides qui parlent de double peine". Selon elle, être femme et handicapée est "une singularité qui fait [sa] richesse" alors que l'expression "double peine" porte une connotation négative. Fabienne Haustant explique que cette "particularité" avec laquelle elle vit, "il va falloir l'embellir".
 

"Je ne veux pas que l'on dise de moi que je vis une double peine: je ne sens pas ma vie comme ça, même s'il faut que je me batte pour qu'on respecte mes droits, même si j'ai dû me battre pour garder mon emploi, même si je dois me battre contre les violences que vivent les femmes handicapées. Je ne vis pas ça comme une double peine, je pense que mon handicap est une richesse extrordinaire qui m'a permis de me battre." Maudy Piot

 

Etre femme et handicapée c'est être "Aventurière de la vie", selon le titre du colloque annuel de Femmes pour le dire, femmes pour agir (FDFA), le 19 mars 2016. L'association a été créée en 2003 "pour que pour nous les femmes handicapées on nous considère comme des femmes à part entière", explique Maudy Piot, sa fondatrice. Les trois femmes invitées de Stéphanie Gallet, qui sont porteuses de handicap, se disent non pas fragiles mais vulnérables. A les entendre, on les croit volontiers fortes.

"Le plus difficile c'est la confiance que l'on s'accorde à soi-même, l'estime de soi", confie Delphine Siegrist. Pour elle, "on est souvent en butte à des références sociales qui stigmatisent". Derrière cette manie de mettre les femmes handicapées dans une catégorie alors que chaque histoire, chaque individu a sa différence, elle identifie une peur du handicap et de la vulnérabilité. Fabienne Haustant, qui est la fondatrice de l'association Danse les yeux fermés, parle de la confiance qui "ne fait plus partie de notre société: énormément de gens doutent d'eux-mêmes". Cette double discrimination faite aux femmes handicapées n'est autre que la conséquence d'une peur généralisé de la vulnérabilité.

 

Invités

  • Maudy Piot, psychanalyste, fondatrice et présidente de l'association Femmes pour le dire, femmes pour agir (FDFA)

  • Delphine Siegrist, journaliste, conseillère conjugale et familiale

  • Fabienne Haustant, danseuse professionnelle, fondatrice et présidente de l'association Danse les yeux fermés

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L'émission

Du lundi au vendredi à 09h03

La grande émission interactive pour aborder tous les sujets de société, qui font l'actualité. Antoine Bellier reçoit ses invités pour réfléchir, approfondir, apprendre et donner du sens à tous les sujets du moment. Posez vos questions ou témoignez en direct pendant l’émission 04 72 38 20 23 ou par mail à l'adresse letempsdeledire[arobase]rcf.fr.

Le présentateur

Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.