Malades des pesticides, riverains et agriculteurs élèvent la voix

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Le Temps de le dire

vendredi 22 avril 2016 à 9h03

Durée émission : 55 min

Malades des pesticides, riverains et agriculteurs élèvent la voix

© Générations Futures

Une carte de France des victimes de pesticides vient d'être publiée. Elle dénonce les excès de l'agriculture intensive. On en parle avec Stéphanie Gallet.

Jeudi 21 avril 2016, l’association Générations futures a publié une carte de France des victimes de pesticides. Le résultat est édifiant: plus de 400 personnes, professionnels ou riverains qui disent souffrir de maux dûs aux pesticides, ont été recensées sur tout le territoire (200 témoignages sont encore en cours de vérification). Ce même jour, l'association a lancé une coordination nationale d’organisations locales de soutien aux victimes. Mais cela fait en réalité huit ans que l'association mène cette campagne. Les témoignages d'agriculteurs malades sont en effet "très difficiles à recueillir et à susciter", explique François Veillerette, car "pour un agriculteur c'est difficile de reconnaître que la maladie est liée aux pesticides et à la façon dont le système agricole intensif utilise ces produits: en quantité très importante". En 2011, Générations Futures a favorisé la défense des professionnels en aidant à la création de l'association Phyto-Victimes.

 


Carte de France des victimes de pesticides ©Générations Futures

 

"De plus en plus de riverains expliquent qu'ils en ont assez de subir des épandages parfois réguliers parfois récurrents et surtout les dérives de produits qui vont avec", explique me Stéphane Cottineau. Ne pas pouvoir déjeuner dehors, interdire à ses enfants de jouer dans le jardin, avoir un animal domestique malade... Aujourd'hui les personnes qui s'inquiètent n'hésitent pas à aller chercher l'information et à lire des rapports scientifiques. Et comme les plus fragiles sont les premières victimes, les futures mamans sont concernées car le foetus est la personne qui a le plus de chances de développer des pathologies plus tard. Les témoignages recueillis à ce jour par Générations Futures montrent, sans surprise, que ce sont les habitants des zones d'agriculture intensive qui sont les plus exposés. Il y a là "un problème de santé publique", conclut François Veillerette.

Une fois de plus le scandale de l’agriculture intensive est montré du doigt, et avec lui le recours massif aux intrant issus de la pétrochimie. C'est aussi notre rapport à la terre et notre consommation excessive qui est soulignée. "On n'a pas de problèmes avec l'agriculture, précise le porte-parole de l'association Alassac ONGF, c'est avec les modes cultures que l'on a un gros souci, avec la cinquantaine d'épandages annuels qu'il y a dans ces activités-là". Fabrice Micouraud ajoute qu'à l'état naturel un pommier n'a pas besoin de pesticide pour produire, mais "dès lors que vous en plantez des centaines et des milliers sur une surface réduite, ils n'ont pas suffisamment de force pour se nourrir dans la terre donc il faut les protéger parce qu'ils sont particulièrement fragiles". 

 

Invités

  • François Veillerette , directeur et porte-parole de l'assocation Générations Futures | Twitter: @Veillerette

  • Fabrice Micouraud , porte-parole de l'association Allassac ONGF | Twitter: @FabMic19

  • Me Stéphane Cottineau , avocat | Twitter: @avocatcottineau

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La grande émission interactive pour aborder tous les sujets de société, qui font l'actualité. Antoine Bellier reçoit ses invités pour réfléchir, approfondir, apprendre et donner du sens à tous les sujets du moment. Posez vos questions ou témoignez en direct pendant l’émission 04 72 38 20 23 ou par mail à l'adresse letempsdeledire[arobase]rcf.fr.

Le présentateur

Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.