Pour la Défenseure des enfants, "l'intérêt de l'enfant est un sujet secondaire en France"

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Le Temps de le dire

vendredi 15 janvier 2016 à 9h03

Durée émission : 55 min

Le Temps de le dire

© MIGUEL MEDINA / AFP - Périphérie de Paris, septembre 2012

La France vient de rendre des comptes à Genève sur sa politique en matière de droits de l'enfant. Une rencontre décevante pour les associations. On en parle avec Stéphanie Gallet.

Pendant deux jours, mercredi 13 et jeudi 14 janvier 2016, la France a rendu des comptes devant le Comité des droits de l'enfant des Nations unies sur sa politique en faveur des droits de l'enfant. Et de retour de à Genève, les invitées de Stéphanie Gallet, qui ont assisté à l'audition, expriment une déception après ce rendez-vous, qui leur a demandé des années de préparation. Pour Geneviève Colas, ce sont surtout des "déclarations de bonnes intentions" qui ont été énoncées.

L'Etat français devait s'expliquer sur ses actions menées en faveur des droits de l'enfant depuis l'année 2009. Le pays des droits de l'homme, 6è puissance économique mondiale, est d'autant plus pointé du doigt par l'ONU que les attentes à l'égard de la France sont fortes. Le 20 novembre 2014, La France avait célébré les 25 ans de la ratification de la Convention relative aux droits de l'enfant. Et aujourd'hui, plus de 26 ans après cette ratification, la situation semble s'être dégradée pour une partie de ces enfants.

On estime qu'un enfant sur cinq vit en situation de pauvreté quand ce n'est pas de misère criante. Des enfants vivant en France privés de tout, dans la faim et le froid des bidonvilles - on pense aux enfants de Calais mais ils ne sont évidemment pas les seuls - Calais qui n'a pas été abordé par le gourvenement au cours de ces deux jours d'audition. "Malgré les constats, les analyses, les savoirs-faire, les rapports... malgré tout cela, la priorité à l'agenda politique n'est pas au rendez-vous", s'indigne Nathalie Serruques de l'UNICEF France. L'agence de l'ONU vient d'ailleurs de publier un ouvrage sans concession sur le sujet.

C'est comme si en France, plus les enfants étaient fragiles plus ils étaient tenus éloignés de leurs droits les plus fondamentaux. Et on entend par fragiles, les enfants pauvres, handicapés, étrangers, maltraités. Pourtant les 15 millions d'enfants vivant en France vivent plutôt bien. Le niveau d'exigence pour leur qualité de vie est toujours plus important. Mais pour une partie de nos enfants - la part la plus fragile - le déni d'enfance comme disent certains professionnels, se fait de plus en plus criant.

Pas de droit au logement, pas de droit à l'éducation, pas de droit à la sécurité, pas de droit à la santé. "L'intérêt supérieur des enfants n'est pas une considération primordiale alors que la Convention des droits de l'enfant nous y invite. En toute circonstance nous mesurons que cet intérêt supérieur n'est pas pris en considération comme il devrait l'être, c'est un sujet secondaire", déplore Geneviève Avenard.

> L’UNICEF France publie « Les enfants peuvent bien attendre » [Site de l'UNICEF France, 13/01/2016]
> Convention relative aux droits de l'enfant [Site du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme]

Invités

  • Geneviève Avenard , défenseure des enfants

  • Nathalie Serruques , responsable de la mission Enfance en France à l'UNICEF

  • Geneviève Colas , coordinatrice du collectif Ensemble contre la traite des êtres humains et responsable du Pôle Europe du Secours catholique - Caritas France

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La grande émission interactive pour aborder tous les sujets de société, qui font l'actualité. Antoine Bellier reçoit ses invités pour réfléchir, approfondir, apprendre et donner du sens à tous les sujets du moment. Posez vos questions ou témoignez en direct pendant l’émission 04 72 38 20 23 ou par mail à l'adresse letempsdeledire[arobase]rcf.fr.

Le présentateur

Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.