S'incliner devant les morts de la rue

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Le Temps de le dire

jeudi 5 janvier 2017 à 9h03

Durée émission : 55 min

Le Temps de le dire

© P.RAZZO/CIRIC - 17 Mars 2015: Lectures des noms lors de l'Hommage aux 480 morts dans la rue recensés en 2014, à l'appel du Collectif Les Morts de la Rue, Paris (75) France.

Honorer les morts c'est agir pour les vivants. Le collectif Les Morts de la rue a publié son rapport en décembre. On en parle avec Stéphanie Gallet.

Le collectif Les Morts de la rue a publié, en décembre 2016, son quatrième rapport sur la "Mortalité des personnes sans-domicile 2015 - Dénombrer et décrire". En 2015, 585 décès ont été signalés au collectif, dont 497 de personnes vivant à la rue et 88 d'anciens de la rue. Mais d'après des études, le nombre réel de décès de personnes sans domicile s'élèverait à 2.838.

Si ces données partielles, c'est qu'elles sont transmises par des particuliers, des centres d'hébergement ou des collectifs. "Les décès qui nous échappent explique Maya Allan, sont ceux des personnes qui ont une famille qui peut prendre en charge l'inhumation." Famille qui ne pense pas toujours à signaler la mort de leur proche aux associations.
 

à la rue on meurt avant les autres

Cette étude permet de souligner certaines tendances. L'alcool et les addictions sont très présentes quand on vit sans toit, mais ce ne sont pas forcément elles qui font mourir ces personnes. La vie à la rue est mortelle, quelle que soit la saison. "Les gens à la rue meurent 30 ans avant tout le monde", précise Nicolas Clément, président des Morts de la rue.
 

 

Rendre visible les personnes mortes dans l'anonymat

"En interpellant la société, en honorant ses morts, nous agissons aussi pour les vivants." L'objectif du collectif est résumé dans son slogan. Chaque année, il publie une liste de nom, en forme d'hommage. Souvent, on ne sait pas grand chose sur le parcours et pourquoi les gens de la rue en sont arrivés là. Parfois on ne sait même pas leur nom. Grâce au collectif on découvre un peu mieux leur trajectoire. "Ce ne sont pas des ovnis, interpelle Nicolas Clément, ce sont des gens qui sont dans notre environnement, cela nous grandit de partager quelque chose avec eux." Le président du collectif ajoute que le rebond existe.
 

 

Invités

  • Nicolas Clément , président du collectif Les Morts de la rue, membre du Secours catholique

  • Maya Allan , épidémiologiste-biostatisticienne, membre du collectif Morts sans toi(t)

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L'émission

Tous les jours du lundi au vendredi à 9h03

La grande émission interactive pour aborder tous les sujets de société, qui font l'actualité. Antoine Bellier reçoit ses invités pour réfléchir, approfondir, apprendre et donner du sens à tous les sujets du moment. Posez vos questions ou témoignez en direct pendant l’émission 04 72 38 20 23 ou par mail à l'adresse letempsdeledire[arobase]rcf.fr.

Le présentateur

Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.