L'emprise des écrans dans nos vies

Présentée par PR-25280

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Les enjeux du numérique

lundi 30 novembre 2020 à 7h20

Durée émission : 3 min

L'emprise des écrans dans nos vies

© DR

Yves Marry donne quelques clés pour reconquérir notre attention dans ce monde saturés d'écrans.

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À l'évidence, quand on prend la pleine mesure des dangers de la surexposition aux écrans, on se rend vite compte que les solutions individuelles ne suffisent pas. Le "bon usage", comme on l'entend souvent, est loin d'être suffisant, de la même manière que le tri des déchets ou l'économie d'eau sous la douche ne mettront pas fin au réchauffement climatique... 

On abordera ces solutions collectives dans deux semaines, et je me concentrerai ici sur les bonnes pratiques individuelles, qu'on pourrait qualifier de "Cyberminimalisme", du nom de l'ouvrage éponyme de Karine Mauvilly dont je recommande la lecture !

Commençons avec les adultes, car ils ont un rôle clé d'exemplarité à jouer vis-à-vis des enfants. Une règle de base : supprimer les notifications. En se posant la question : quelle application est légitime pour interrompre ma concentration ? Est-ce que cette information sur un transfert de joueurs de foot ou ce signal m'indiquant qu'on a aimé ma photo en ligne, vaut vraiment la peine d'être dérangé pendant ma discussion avec un ami ?

Supprimer, dans le même mouvement, les applications inutiles de son smartphone. À l'évidence, pour les plus motivés, on recommandera de supprimer tout simplement le smartphone... Mais c'est là un choix de plus en plus compliqué.

Ensuite, on peut chez soi fixer des règles, imaginer des solutions. Il y a par exemple la "boîte à smartphones", où tout le monde peut déposer son téléphone dans un coin, ce qui permet des repas où l'on s'écoute, et d'éviter d'avoir en permanence la tentation de la distraction.
 
Ce qu'il faut mesurer, c'est l'importance de la "déconnexion". Il faut avoir des moments et des endroits qui soient préservés de la sollicitation numérique, où l'esprit s'accorde une pause. On s'offrira une demi-journée par ci, une soirée par là, sans son smartphone, et en goûtant à la libération procurée, on voudra y revenir.

Comment protéger les enfants ?

Quelques règles très simples, en commençant par la plus importante, et qui risque d'apparaître bien radicale : pas d'écran avant 6 ans. L'OMS recommande 5 ans, mais préférons suivre Michel Desmurget qui a analysé plus de 1 500 études internationales sur les impacts des écrans sur les enfants. Après 6 ans, il y a la règle des 4 pas, imaginée par Sabine Duflo : pas d'écran au réveil, pas d'écran pendant les repas, pas d'écran avant de dormir, pas d'écran dans la chambre. Ensuite bien sur, les contenus ne se valent pas, et l'on peut veiller à ce qui est regardé, accompagner l'enfant.

Enfin l'idéal, pour le smartphone, est d'attendre 15 ans. Pour les parents qui veulent pouvoir rester en lien avec l'enfant entré au collège, il suffit de fournir un téléphone portable à l'ancienne, sans internet, qui fera tout à fait l'affaire. Nous baignons dans un bain numérique, et il est extrêmement difficile de résister seul. Face aux enfants qui ont besoin de s'intégrer, de se lier aux amis via les modalités de l'époque, refuser un smartphone jusqu'à 15 ans relève de l'exploit et peut, en effet, contribuer à isoler l'adolescent vis-à-vis de ses amis.

Il faut citer ici l'initiative de Marie Alix Le Roy, qui a créé une page Facebook rassemblant plus de 10 000 membres intitulée : "Parents unis contre le smartphone avant 15 ans", et qui propose dans un ouvrage tout juste publié 10 conseils issus de ce groupe. Et pour ceux qui, sagement, refusent d'aller sur Facebook, je dirais que le mieux à faire est de contacter les autres parents d'élèves, ou d'inviter une association à venir convaincre à l'école (une association telle que Lève les yeux par exemple, mais il y en a d'autres).

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