[Dossier] Samuel Paty - Face au terrorisme, l'urgence de la fraternité

Ce mercredi 21 octobre, un hommage national est rendu à Samuel Paty, enseignant assassiné vendredi 16 octobre à Conflans-Sainte-Honorine. En union de prière avec ses proches, et en mémoire de toutes les victimes du terrorisme, RCF vous propose un dossier pour aborder cet événement, dont la violence inouïe heurte tous les enseignants et les élèves. Cet événement souligne aussi l'urgence de la fraternité et soulève la question de la laïcité et du respect de l'autre à l'heure des réseaux sociaux.

Hommage à Samuel Paty, victime du terrorisme

Hommage à Samuel Paty, victime du terrorisme

Journée nationale d’hommage rendu à Samuel Paty, le professeur d’histoire décapité vendredi dernier après avoir montré en cours de liberté d'expression des caricatures du prophète Mahomet.

Une population en deuil

Pays de la liberté d’expression et de la laïcité, la France autorise le blasphème et la caricature. Samuel Paty, professeur d’histoire de 47 ans avait montré des caricatures du prophète Mahomet durant son cours, en prévenant au préalable ses élèves que ce contenu pouvait potentiellement les choquer. Un cours qui a déclenché une vive polémique chez des parents d'élèves. Un père de famille a diffusé une vidéo de mécontentement sur les réseaux sociaux, reprérée par un extrêmiste qui est passé à l'acte en décapitant le professeur. Les médias et la France entière s’insurgent depuis lors, et un hommage national lui a été rendu ce mercredi 21 octobre.
 

"Partager cette peine sans en faire un enjeu politique"

C’est ce qu’explique Gilles Demarquet, président de l’APEL : "il faut dénoncer cet acte ignoble sans s’en servir pour attiser la haine”. Discours que partage une auditrice, Marie-Christine qui rappelle : "les trois devises de la république ne doivent pas être utilisées l’une sans l’autre, la liberté doit s’accompagner de fraternité". Défendre notre droit fondamental à la liberté d’expression est une nécessité, tout comme le respect des croyances d’autrui, s’accordent les trois invités. 
 

Un meilleur dialogue éducatif  

L’éducation joue un rôle très important dans le bon fonctionnement d’une société, une population érudite sera plus à même de respecter les croyances d’autrui tout en conservant et exposant sa propre opinion. "Le dialogue et l’échange ont une importance primordiale pour faire en sorte que ce genre de choses ne se reproduisent plus” explique Marc Vannesson, délégué général du think tank VersLeHaut. "Il est de notre devoir de réaffirmer la liberté d’expression sans toutefois ériger le blasphème en norme, la caricature institutionnalisée étant une persécution et n’étant pas la bonne réponse" développe Jean-Marie Petitclerc, prêtre salésien de Don Bosco, et éducateur spécialisé.

Cette émission est archivée. Pour l'écouter, inscrivez-vous gratuitement ou connectez-vous directement si possédez déjà un compte RCF.

Mgr Dominique Lebrun: "Nous sommes consternés qu'on puisse tuer au nom de Dieu"

Parole aux Églises

"Nous sommes, les responsables des religions, consternés qu'on puisse tuer au nom de Dieu." Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, réagit à l'attentat de Conflans.

"Nous sommes, les responsables des religions, consternés qu'on puisse tuer au nom de Dieu." Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, réagit à l'attentat de Conflans : « "Tu adoreras Dieu seul" et "tu ne tueras point", c'est inséparable !»

 

"Il y a une réflexion sur Dieu à mener pour qu'on ne puisse plus faire de Dieu une idole qui permette de tuer"

 

Mgr Dominique Lebrun salue le courage de Samuel Paty

Mgr Dominique Lebrun salue le courage de Samuel Paty et la "délicatesse" avec laquelle il "faisait son métier". "Il acceptait semble-t-il que des personnes puissent être blessées par des caricatures, mais il continuait à faire son métier courageusement et je crois que cela mérite d'être salué."

 

Comment réagir face à la violence extrême ? 

"Chacun d'entre nous doit apporter sa pierre à l'édifice d'une société solide où la violence est bannie." Mgr Dominique Lebrun "croit important de rappeller que l'on ne construira pas le vivre-ensemble sur l'affirmation d'une liberté effrénée". "On construira le vivre-ensemble en se respectant mutuellement, en s'interrogeant, en comprenant qu'il y a une vie spirituelle, il y a une réflexion sur Dieu à mener, à dialoguer, pour qu'on ne puisse plus faire de Dieu une idole qui permette de tuer."

 

Cette émission est archivée. Pour l'écouter, inscrivez-vous gratuitement ou connectez-vous directement si possédez déjà un compte RCF.

Samuel Paty, éclaireur de conscience

Samuel Paty, éclaireur de conscience

​Un hommage national sera rendu mercredi à Samuel Paty, à la Sorbonne. Un autre hommage solennel lui a également été rendu mardi, à l’Assemblée nationale.

Au cours de cet hommage, Richard Ferrand, le président de l’Assemblée nationale, a présenté Samuel Paty comme "un éclaireur de conscience", "assassiné parce qu’il développait l’esprit critique des futurs citoyens". Et il a eu ces mots très justes, que je vous livre : "Lorsqu’est survenue l’effroyable nouvelle, chacun de nous, dans sa mémoire, a vu réapparaître les maîtres et les maîtresses de l’enfance, les professeurs de l’adolescence. Nous sommes nous-même ici parce que des Samuel Paty, partout en France, nous ont instruits, éveillés, nous ont ouvert les horizons infinis de la connaissance. Chacun sait ce qu’il doit à ceux qui lui ont appris".
 
Il me semble que c’est précisément ce qui fait que cet assassinat ignoble n’est pas un attentat comme les autres. Parce qu’il nous touche au cœur, à l’enfance, à l’intime, il va nous marquer probablement tout autant, si ce n’est plus, que les attentats de Charlie Hebdo, du Bataclan ou de Nice.
 
Cette tragédie a eu pour effet de faire resurgir une courte lettre, très touchante, rédigée par Albert Camus en 1957, peu après avoir reçu le Prix Nobel de Littérature, pour remercier son ancien instituteur, Louis Germain.
 
Je ne vais pas vous la lire, j’aimerais plutôt vous citer un extrait de la réponse de Monsieur Germain à Camus, beaucoup moins connue : "Je crois durant toute ma carrière avoir respecté ce qu’il y a de plus sacré dans l’enfant : le droit de chercher sa vérité. Je vous ai tous aimés et crois avoir fait tout mon possible pour ne pas manifester mes idées et peser ainsi sur votre jeune intelligence. Lorsqu’il était question de Dieu, je disais que certains y croyaient, d’autre non. Et que dans la plénitude de ses droits, chacun faisait ce qu’il voulait".
 
Grand défenseur de la laïcité, qu’il définit si bien ici, le Monsieur Germain de Camus était lui aussi un "éclaireur de conscience". C’est à tous ses "éclaireurs", avec Samuel Paty, que la France doit rendre hommage ce jour. Et c’est tous ceux qui accompagnent nos enfants vers demain que nous devons résolument nous engager à soutenir.

Cette émission est archivée. Pour l'écouter, inscrivez-vous gratuitement ou connectez-vous directement si possédez déjà un compte RCF.

Face au terrorisme, "nous n'avons plus besoin de discours incantatoires" estime Sébastien Pietrasanta

Le Grand Invité

Les Français unis face à l’horreur, une nouvelle foi. Dimanche, ils étaient des dizaines de milliers à rendre hommage au professeur d’histoire assassiné à Conflans-Sainte Honorine.

Un attentat horrible. Vendredi 16 octobre, Samuel Paty, un professeur d’histoire géographie du collège du Bois d’Aulne, à Conflans Sainte Honorine, était assassiné, décapité. Un acte effroyable qui a poussé, une fois encore les Français à sortir de chez eux, et à s’unir face à la barbarie islamique. Ce week-end, plusieurs dizaines de milliers de Français étaient réunis, unis face à de tels actes.
 

Un terrorisme de proximité

Dans le même temps, Emmanuel Macron demandait un renforcement des mesures de sécurité aux abords des écoles à la rentrée prochaine. Le chef de l’Etat a également demandé des actions concrètes contre la propagande islamique radicale en ligne. "Ce genre de discours, on l’entend après chaque attentat majeur. Il y a de la volonté. Des choses ont été faites" explique Sébastien Pietrasanta, historien, spécialiste du terrorisme, ancien député, dénotant toutefois des lacunes en matière de sécurité.

Attaquer un professeur, c’est attaquer un symbole. Tout comme s’attaquer aux journalistes, aux forces de l’ordre, à un prêtre. "C’est un symbole oui mais il ne faut pas oublier que le terrorisme frappe aussi de manière aléatoire. On est face à un terrorisme de proximité et c’est extrêmement difficile de le prévenir" ajoute-t-il.
 

Un travail de longue haleine et un problème à court terme

Aujourd’hui, certains professeurs par crainte de représailles choisissent de faire l’impasse sur certaines parties du programme. "J’ai enseigné très peu de temps. C’est vrai que quand j’étais député, j’ai eu des témoignages d’enseignants. Malheureusement il n’y a rien de nouveau. C’est quelque chose qui m’interpelle car nous avons des enseignants qui vont au front, comme Samuel Paty, et d’autres qui parfois préfèrent contourner la difficulté. Il y a une mobilisation de l’Education nationale qui doit être faite" lance Sébastien Pietrasanta.

"Le président de la République a raison de rappeler la mobilisation de notre société. Mais nous n’avons plus besoin de discours incantatoires. On a besoin de se mobiliser. Le travail des enseignants, dans les quartiers, est difficile. Une partie de nos concitoyens a basculé dans l’islam radical. C’est très difficile de lutter contre. Il faut développer des outils pédagogiques renforcés. On est face à un travail de longue haleine, et face à un problème de court terme. Il faut réellement changer ce sentiment d’appartenance. Les lois de la République doivent s’imposer à tous quand on vit dans ce pays" conclut l'historien.

 

Cette émission est archivée. Pour l'écouter, inscrivez-vous gratuitement ou connectez-vous directement si possédez déjà un compte RCF.

Promouvoir la laïcité, c'est éduquer au respect

Depuis l'assassinat de Samuel Paty, on évoque à nouveau la question de la laïcité. Pour Jean-Marie Petitclerc, il s'agit d'éduquer à la vraie laïcité, c'est-à-dire au au respect de chacun.

À l’heure où notre pays connaît des événements dramatiques – et comment ne pas d’abord songer à la peine immense de la famille et des collègues de ce professeur d’histoire lâchement assassiné lorsqu’il rentrait de son domicile, la question de la laïcité revient sur toutes les lèvres. Mais je crois qu’il existe deux conceptions de la laïcité. La première, qui s’inspire de la loi de 1905 et est inscrite dans la Constitution de notre République, stipule que l'État soit garant de la liberté d’expression et de pratique religieuse, avec bien sur comme limite le trouble à l’ordre public. La laïcité est ce qui permet la fraternité, chacun étant respecté dans ses convictions, qu’il soit croyant ou incroyant. Il s’agit d’une laïcité de la concorde sociale.

 

Mais il existe une deuxième conception de la laïcité. Le laïcisme. Elle est apparue a la fin du XIXe siècle, à une époque où l'Église catholique exerçait un véritable pouvoir sur les esprits. Reconnaissons que tel n’est plus le cas aujourd’hui. Il s’agit alors d’une laïcité, non pas de la concorde, mais du combat. Les tenants de cette deuxième ligne souhaiteraient éradiquer, en quelque sorte, le fait religieux. Il ne s’agit plus alors, pour les institutions de la République, d’être garantes de la liberté de chacun à exprimer ses convictions de foi, mais d’interdire en leur sein toute forme d’appartenance à un courant religieux. Et, aussi paradoxal que cela puisse paraître, la laïcité est alors érigée en une sorte d’idéologie anti-religieuse, bien éloignée de la conception de la loi de 1905.

 

Éduquer à la vraie laïcité, c'est éduquer au respect de chaque personne, quelles que puissent être ses convictions religieuses ou athées. Bien sûr, respecter la personne ne signifie pas devoir tolérer tous les actes qu’elle pose. On peut être respectueux de la personne, tout en étant intolérant face à des actes de délinquance ou de violence. Dans la pratique de mon métier d’éducateur spécialisé, je crois avoir toujours su respecter les jeunes que j’ai accompagnés, même lorsque je les reprenais vertement sur des actes que je jugeais inadmissibles.

 

Dans l’esprit de Don Bosco, la prévention de la violence passe par l’éducation au respect. Si je veux apprendre au jeune à respecter l’autre, il me faut d’abord le respecter. Si nous voulons, dans notre République laïque, exiger de tous les musulmans qu’ils respectent ceux qui ne partagent pas leurs convictions religieuses – et c’est d’ailleurs le cas de la grande majorité d’entre eux, il nous faut d’abord respecter leurs convictions, même si elles ne sont pas nôtres, et cesser de vouloir à tout prix désacraliser ce qui, à leurs yeux, est sacré. Le but de la laïcité, c’est la concorde et non la division, la fraternité et non la fracture. Promouvoir la laïcité, prévenir la violence, c’est éduquer au respect.

 

Cette émission est archivée. Pour l'écouter, inscrivez-vous gratuitement ou connectez-vous directement si possédez déjà un compte RCF.

Réseaux sociaux: comment lutter contre la haine en ligne ?

Le dossier du jour

Quatre jours après l'assassinat de Samuel Paty, les réseaux sociaux sont une fois encore dans l'oeil du cyclone. Peut-on prévenir la haine sur Internet ?

Les réseaux sociaux au coeur de l'affaire

A ce stade de l'enquête, quatre jours après l'assassinat de Samuel Paty, et l'arrestation d'une quinzaine de personnes, c'est une question qui aura besoin d’être éclaircie. Impossible de dire pour le moment quel rôle ont joué les réseaux sociaux dans cette affaire. Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a néanmoins assuré que "les choses ont démarré sur les réseaux sociaux et se sont terminées sur les réseaux sociaux".

Ce que l’on sait c’est qu’un parent d’élève a publié une vidéo sur Facebook dénonçant Samuel Paty, l’enseignant qui aurait montré des caricatures de Mahomet en classe à ses élèves. Une vidéo dans lequel il le traite de voyou et appelle chacun à lui envoyer un message. On sait aussi qu’après avoir tué l’enseignant, l’assaillant Abdoullakh Anzorov a publié sur Twitter la photo de ce dernier décapité.
 

Les pistes pour lutter contre la haine en ligne

Le gouvernement se demande comment mieux encadrer les réseaux sociaux. Et une proposition de loi en particulier fait son retour dans le débat. Il s'agit de celle de Laetitia Avia, députée de la majorité qui avait déposé une proposition de loi pour obliger les plateformes comme Facebook et Twitter à supprimer en 24h des publications aux propos manifestement illicites. Laetitia Avia a rédigé de nouveaux amendements à ce texte. Il pourrait donc faire son retour dans un dispositif de lutte contre la haine sur les réseaux sociaux.  La proposition de loi avait pourtant été retoquée par le Conseil constitutionnel car elle présentait un risque pour la liberté d’expression.  

Face à ce constat, que faire pour lutter contre cette haine en ligne ? D’abord, il faut doter la justice de plus de moyens selon Marc Rees, rédacteur en chef du site NextImpact, et ne pas faire reposer la charge du juge sur les réseaux sociaux. Quoi qu'il en soit, il est très difficile de légiférer sur les réseaux sociaux sans risquer de porter atteinte à la liberté d’expression.
 

Insister sur l'éducatioin des enfants, et des parents

L'autre point important, c'est l'éducation. L’éducation aux médias et au numérique plus précisément. Éduquer les élèves mais aussi les parents à tous ces outils. C’est du moins ce que pense Rodrigo Arenas, coprésident de la FCPE. Pour transmettre cette éducation, il faut former les éducateurs dans les centres sociaux, les professeurs dans les établissements scolaires par exemple. 

L’éducation au numérique, voilà donc une des pistes pour lutter contre la haine en ligne. Mais d’ici là, la loi devrait être être renforcée. Pour une injure à caractère public sur les réseaux sociaux, une personne encourt six mois d’emprisonnement et 22.500 euros d’amende. Pour apologie du terrorisme, cela va bien sûr bien au-delà.

Cette émission est archivée. Pour l'écouter, inscrivez-vous gratuitement ou connectez-vous directement si possédez déjà un compte RCF.

Enseigner les religions aux enfants oui, mais aux parents?

Enseigner les religions aux enfants oui, mais aux parents?

Depuis les années 2000, l’Education nationale a introduit dans ses programmes les faits religieux, dont font partie, comme dans le cas du drame de Conflans, les caricatures religieuses.

A vrai dire, au départ, quand on a commencé à parler de l’enseignement des religions à l’école, dans les années 1980, il ne s’agissait pas de lutter contre le fanatisme ou contre l’intolérance. Mais plus contre une perte de culture générale tenant à la religion. Il est paru important que les élèves puissent avoir les clés pour comprendre ce qui relève des religions, dans l’art, la littérature, l’histoire, etc…

Mais il y a eu une évolution dès 2001, suite aux attentats du 11 septembre. L’Education nationale a été alertée, à l’époque par des enseignants, de cas d’élèves qui n’ont pas souhaité respecter la minute de silence. C’est à ce moment-là que paraît le livre de Régis Debray ("Dieu, un itinéraire. Matériaux pour l’histoire de l’Éternel en Occident"), dans lequel il parle de la nécessité de mieux enseigner ces faits religieux, pour éviter l’ignorance, les confusions et le fanatisme. Et cela va donner lieu au rapport Debray, de 2002 sur l’enseignement du fait religieux à l’école laïque, où du coup, on explique que l’on viendra à bout de l’intolérance en comblant l’ignorance.

L’idée de base, c’est de dire que la religion n’est pas la propriété des croyants à l’école. Donc on en parle de manière laïque, comme des faits. Ce n’est ni un catéchisme, ni un credo. D’où une certaine attention à porter au vocabulaire, et au mode de présentation. On a pu ainsi lire, dans des manuels scolaires que le Coran était un texte "révélé" au prophète Mahomet…Il aurait fallu préciser que il est "révélé" pour les croyants musulmans…Ce n’est pas un fait historique !

Pour parler ainsi de religion, il est souvent bien de partir de l’image, analyse par exemple Isabelle Saint-Martin, de l’Ecole pratique des hautes études, dans un livre intitulé "Peut-on parler de religion à l’école ?". Il est en effet plus simple de parler de religion non pas de manière abstraite, mais à partir d’un objet, qui la représente, qui est situé dans l’histoire. Cela permet de voir aussi les évolutions internes aux religions, leur pluralisme. 

Pour les caricatures, l’Histoire est aussi un bon moyen : on montre les caricatures anti protestantes lors des guerres de religion en France. Puis celles anticléricales qui vont accompagner le vote de la loi de 1905. Puis celle de Charlie Hebdo. L’objectif à partir de là est de construire un regard commun dans la classe. Et l’essentiel est de montrer, à travers ces caricatures, que l’on débat par les idées, par le dessin, mais pas par les coups. On apprend à débattre, à mettre à distance ses croyances, ses convictions, et à accepter les croyances et convictions des autres. On apprend à construire un regard critique.

Est-ce encore possible, a-t-on envie de se demander après le drame de ce week-end ? Sans doute auprès des enfants, oui, même si c’est difficile. Mais c’est bien plus les parents qui semblent aujourd’hui constituer le point d’achoppement. Depuis quelques années, les réactions des parents d’élèves sur ces sujets sont de plus en plus difficiles à gérer. On l’entend dans la vidéo du père de famille: "il ne nous respecte pas". On note aujourd’hui une grande violence de la part de certains parents, une remise en cause des contenus de l’enseignement, d’adultes qui s’estiment exclus ou méprisés. L’école n’est pas chargée de résoudre tous les maux d’une société, avec les problèmes d’intégration, de violence, et des réseaux sociaux incontrôlables. La pédagogie des parents aux faits religieux, c’est la République qui doit s’en soucier.

Cette émission est archivée. Pour l'écouter, inscrivez-vous gratuitement ou connectez-vous directement si possédez déjà un compte RCF.

Sur le même thème :

Les dossiers RCF