"Il est trop tard pour un cessez-le-feu à Alep" selon Didier Billion

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Le Grand Invité

jeudi 8 décembre 2016 à 7h50

Durée émission : 15 min

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© Bombardement en Syrie 2015 SAMEER AL-DOUMY AFP

Alors que le régime de Bachar al-Assad se rapproche de la victoire à Alep, Didier Billion, directeur adjoint de l'Iris, estime que Damas et la Russie ont toutes les cartes en main.

Mercredi 7 décembre, les troupes loyalistes syriennes ont repris la vieille ville d'Alep. Les trois quarts de la cité sont désormais contrôlées par le régime de Bachar al-Assad. Les insurgés se retranchent maintenant dans la partie sud-est de la ville. Après la perte de la vieille ville, face aux avancées des militaires syriens et les frappes aériennes russes, les rebelles ont appelé à une trêve de plusieurs jours. La proposition, reprise par les pays occidentaux, a été refusée par Damas et son allié russe. 
 

"La Russie avance ses pions"

Pour Didier Billion, directeur adjoint de l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris) et spécialiste de la Turquie et du Moyen-Orient, il est désormais trop tard. "Ce qui se passe à Alep est une tragédie", explique-t-il. "Mais la coalition internationale a tergiversé depuis des mois", ajoute-t-il.

Alep, bientôt aux mains des loyalistes, "c'est la Russie à la manœuvre qui pousse ses pions", estime Didier Billion. Il ajoute : "Moscou sait que les Etats-Unis, pris dans leur transition politique, ne réagiront pas". Avec la reprise de la totalité de la ville, l'armée syrienne s'assure un succès politique, militaire et symbolique selon Didier Billion. "Damas et Moscou ont toutes la cartes en main", précise-t-il. 

Il poursuit : "Alep constitue la deuxième ville du pays, considérée avant la guerre comme la capitale économique." "Symboliquement, reprendre la ville aux des insurgés qui la contrôlaient depuis 2012, ce serait un coup certain porté aux rebelles", explique Didier Billion. "Cela ne devrait pas marquer la fin du conflit, mais les combattants hostiles au régime de Bachar al-Assad vont connaître une phase de démoralisation", conclue-t-il.

 

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