La Corée du Nord a mené son plus puissant essai nucléaire

9 septembre 2016 Par

Pyongyang a procédé vendredi 9 septembre à son essai nucléaire le plus puissant. Le régime a annoncé que la tête nucléaire testée pouvait équiper un missile.

La Corée du Nord a réalisé vendredi 9 septembre son cinquième essai nucléaire. La Corée du Sud l'a désigné comme le plus puissant. Un séisme de magnitude 5,3 a secoué la zone de test. Pyongyang a affirmé que l'ogive nucléaire testée était susceptible d'équiper un de ses missiles. Le lundi précédent, la Corée du Nord avait déjà procédé à trois tirs de missile au large de sa côte orientale, alors que le G20 se tenait dans le même temps en Chine. La communauté internationale condamne les initiatives nord-coréennes. 

Test de miniaturisation réussi

La secousse s'est produite à 0H30. La Corée du Sud l'a détecté avec une magnitude de 5,3 sur l'échelle de Richter. Séoul a déclaré rapidement que le séisme provenait d'un essai nucléaire, "le plus puissant menée par Pyongyang jusque là". La Corée du Nord a confirmé le test balistique. Séoul considère que l'explosion a dégagé environ 10 kilotonnes, soit un peu moins que la puissance de la bombe d'Hiroshima. Les autorités sud-coréennes ont qualifié l'essai nucléaire d'acte d' "autodestruction" témoignant de l' "inconscience maniaque du dirigeant Kim Jong-Un". 

Pyongyang, de son coté, s'est félicité du résultat du test. Selon les médias nord-coréens, l'essai de vendredi a permis à l'armée de réussir à miniaturiser une ogive nucléaire. Désormais, la Corée du Nord pourrait l'intégrer à des missiles. Le régime avait d'ailleurs lancé trois missiles balistiques au large de sa côte orientale, lundi 5 septembre. Selon la Corée du Sud, les projectiles s'étaient abimés en mer. La communauté internationale avait appréhendé l'essai comme une démonstration de force, en pleine réunion du G20 en Chine.

"Un moyen de contrer les pressions politiques"

La communauté internationale, justement, a condamné l'initiative de Pyongyang. Washington et Moscou ont annoncé leur intention de saisir les Nations Unies. Le Japon a condamné un acte "absolument inacceptable". Ce nouvel épisode pourrait aussi ternir les relations entre la Corée du Nord et la Chine, dernier soutien de Pyongyang. Pékin s'était fermement opposé au dernier essai nucléaire. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) parle, elle, d'une opération "très préoccupante et regrettable". L'ONU a déjà sanctionné à plusieurs reprises la Corée du Nord. 

Mais cet essai nucléaire est aussi une manière pour la Corée du Nord d'exister sur le plan international. Le point de vue est en tout cas défendu par Jean-Louis Margolin, directeur adjoint de l'institut de recherche sur le Sud-est asiatique.

Des questions restent quand même en suspens quant à cet essai. Les spécialistes tentent de déterminer s'il s'agit d'une bombe atomique ou d'une bombe à hydrogène, plus puissante. Les analystes doivent également déterminer si Pyongyang a bien réussi à miniaturiser l'ogive. Si tel était le cas, la Corée du nord se rapprocherait de son objectif affiché : atteindre des cibles américaines. 

 

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