Mois missionnaire extraordinaire: redécouvrir sa vocation missionnaire au quotidien

A l'occasion du mois missionnaire extraordinaire, décidé par le pape François, RCF vous propose de vous plonger dans la vocation missionnaire de l'Eglise, celle de tout chrétien.

Mois missionnaire extraordinaire: le pape François veut donner un nouvel élan à l'évangélisation

L'actu chrétienne

Mardi 1er octobre débute le mois missionnaire extraordinaire décrété par le pape François.

Pour le pape François, il s’agit de "susciter une plus grande prise de conscience de la missio ad gentes et de reprendre avec un nouvel élan la transformation missionnaire de la vie et de la pastorale." François veut aussi célébrer le centième anniversaire de la lettre apostolique Maximum Illud de Benoît XV qui avait donné un nouvel élan missionnaire à l’Eglise.

Après la Première Guerre Mondiale, le Pape de l’époque avait senti la nécessité de redéfinir la mission dans le monde. Il voulait qu’elle soit purifiée des enjeux colonialistes qui malgré la fécondité des missionnaires partout sur la planète, avaient suscité bien des ambiguïtés. Aujourd’hui, le pape François invite les fidèles catholiques à "dépasser toute introversion ecclésiale, toute fermeture autoréférentielle dans ses propres limites sécuritaires, toute forme de pessimisme pastoral, toute nostalgie stérile du passé, pour s’ouvrir plutôt à la nouveauté joyeuse de l’Evangile".

Pour ce mois missionnaire extraordinaire, le thème retenu par l'Eglise est le suivant : "baptisés et envoyés : l’Église du Christ en mission dans le monde". Ce qu’il faut comprendre, c’est que la mission n’est pas une affaire réservée aux grands théologiens à l’autre bout du monde, c’est la vocation universelle de tous les baptisés, et cela commence au pied de votre immeuble. L’évangélisation aujourd’hui, c’est chez nous que cela se passe. Pour paraphraser le pape François, qui parle des saints de la porte d’à côté, l'évangélisation doit se faire aujourd'hui par des "missionnaires de la porte d’à côté".
 

Pendant tout le mois d’octobre, RCF vous propose une programmation spéciale dédiée au mois missionnaire extraordinaire.

Raphaël Cornu-Thénard: "évangéliser, c’est laver les pieds, pas les cerveaux"

Raphaël Cornu-Thénard: "évangéliser, c’est laver les pieds, pas les cerveaux"

Depuis 2015, le Congrès Mission se réunit chaque année. Les participants se réunissent pour réfléchir ensemble aux nouveaux moyens d’évangéliser en France.

La cinquième édition du Congrès Mission s’ouvre vendredi 27 septembre prochain. Et à cette occasion, Raphaël Cornu-Thénard, architecte, fondateur d’Anuncio, à l’origine du Congrès Mission, auteur d’un manifeste pour la mission (éd. Salvator), rappelle qu’en France, "la pratique religieuse a diminué. Plus on va dans la rue, plus on s’aperçoit de la disparition de toute idée du mystère de la foi chrétienne. Il y aura toujours besoin d’aller à l’autre bout de la planète pour évangéliser, mais on a surtout besoin d’aller aux extrémités de la terre, sur notre palier, sur la porte d’à côté".
 

L'évangélisation, une conquête amoureuse

Annoncer l’Évangile représente aujourd’hui un véritable défi. Pourtant les participants du Congrès Mission l’abordent sereinement. "Le Seigneur nous a confié cette mission d’annoncer le Salut, et de proposer cette rencontre avec Dieu, et d’être nous-mêmes les mains de Dieu qui se rapprochent des hommes. Cela demande un effort, ce n’est naturel pour personne. Ce n’est pas une guerre, mais c’est une conquête amoureuse. Comme lorsque l’on veut conquérir un cœur par amour, pour aimer" ajoute-t-il.

Pourtant, l’évangélisation n’est pas chose facile. "Cela nous met en péril. On va aller à la rencontre de gens qui par principe sont différents de nous pour leur parler de quelque chose dont ils n’ont rien à faire, mais qui rejoint quelque chose d’existentiel chez eux. Pour que cette rencontre puisse s’opérer, il va falloir être authentique et entrer dans un cœur à cœur où l’on se livre. Dans l’évangélisation, il y a une disponibilité qui est totale. C’est le principe qui fait parfois un peu peur aux chrétiens" précise Raphaël Cornu-Thénard.
 

"Tout sauf du prosélytisme"

Il faut également bien distinguer l’évangélisation du prosélytisme. "Dans le mot prosélytisme, il y a cette idée de tenter de convaincre des gens en leur faisant peur, pour qu’ils rejoignent notre groupe, notre club. Évidemment, c’est totalement l’inverse. La démarche d’évangélisation consiste à se rendre disponible pour des gens, et pour leur offrir gratuitement un message d’Évangile, ce qui fait notre joie existentielle. C’est tout sauf du prosélytisme. Dans l’évangélisation, on rend le message disponible pour les gens, on ne cherche pas à convaincre, mais à le faire savoir" lance-t-il.

Pour Raphaël Cornu-Thénard, l’évangélisation est l’urgence absolue. "Je prie ce matin pour que de nouveaux Français rencontrent le Christ aujourd’hui. Je prie pour que moi-même je rencontre à nouveau le Christ aujourd’hui. Cela devrait être une urgence absolue chez les chrétiens" s’exclame le fondateur du Congrès Mission, et d’Anuncio, qui ajoute que l’Église ne parlera jamais assez de Jésus, et qu’elle traverse actuellement une crise de la vie mystique, une crise de cette rencontre avec Jésus, dans le cœur.

Cinq figures de la mission, avec Mgr Michel Dubost

Cinq figures de la mission, avec Mgr Michel Dubost

Mgr Michel Dubost explique comment saint Irénée de Lyon, saint François Xavier, Pauline Jaricot, sainte Thérèse de Lisieux ou Madeleine Delbrêl ont su annoncer, et incarner, l'amour de Dieu.

Saint Irénée de Lyon, saint François Xavier, Pauline Jaricot, sainte Thérèse de Lisieux et Madeleine Delbrêl sont de grandes figures chrétiennes qui nous aident à comprendre l'importance de la mission dans toute vie chrétienne. Octobre 2019 a été décrété mois extraordinaire de la mission par le pape François, pour célébrer le centenaire de la lettre apostolique "Maximum illud" rédigée en 1919 par Benoît XV. Ce sont les Œuvres pontificales missionnaires (OPM) qui coordonnent cet événement et proposent à l’ensemble des baptisés de méditer sur le thème de la mission au cœur du monde. 

 

MOIS MISSIONNAIRE EXTRAORDINAIRE - À l'occasion du mois missionnaire extraordinaire décidé par le pape François, RCF vous propose de vous plonger dans la vocation missionnaire de l'Église, celle de tout chrétien.
> Voir le dossier de RCF

 

Le centenaire de Maximum illud

La publication de la lettre apostolique Maximum illud, le 30 novembre 1919, est "un événement assez extraordinaire dont on n'a pas l'idée", explique Mgr Dubost. Aujourd'hui on a un pape argentin et il n'est pas rare de rencontrer dans nos paroisses des prêtres venus d'autres pays : "Avant Maximum illud, il n'y avait pas un évêque autochtone." Au sortir de la Grande guerre, le pape Benoît XV a décidé d'établir des Églises locales avec des évêques locaux et faire en sorte que les Églises locales ne dépendent pas d'un autre pays.

Dans sa lettre à l'occasion du centenaire de Maximum illud, le pape François explique : Benoît XV "avait senti la nécessité de requalifier de manière évangélique la mission dans le monde, afin qu’elle soit purifiée de toute collusion avec la colonisation et se tienne loin des visées nationalistes et expansionnistes qui avaient causé tant de désastres." Il ajoute : "Benoît XV a ainsi donné un élan spécial à la missio ad gentes, en s’employant, avec les outils conceptuels et de communication en usage à l’époque, à réveiller, en particulier auprès du clergé, la conscience du devoir missionnaire."
 

Qu'est-ce que la mission ?

"La mission c'est engager un débat avec l'autre pour sortir de ce qui est superficiel en nous, nous dit Mgr Dubost, sortir de ce qui est superficiel en lui, et approcher les uns et les autres de la vérité." La mission, pour les chrétiens, on dit que c'est annoncer la Bonne nouvelle : "La Bonne nouvelle c'est Dieu t'aime". Mais comme le fait remarquer le directeur des OPM, "quand nous disons Dieu t'aime, nous le croyons, mais est-ce que notre vie témoigne totalement que Dieu nous aime et qu'il aime la personne qui est en face de nous ?"
 

Cinq figures de la mission

• Saint Irénée de Lyon
Originaire de Turquie, saint Irénée de Lyon était évêque de Lyon au IIe siècle. Considéré comme l'un des Pères de l'Église, il est l'auteur de cette célèbre formule : "La gloire de Dieu c’est l’homme vivant ; la vie de l’homme, c’est de contempler Dieu." Pour Mgr Dubost, cela montre qu'Irénée "avait soif de vie" et que c'est la condition pour être missionnaire. Saint Irénée nous rappelle aussi que "nous sommes missionnés" et que "le Christ est venu d'ailleurs !"

• Saint François Xavier
Un jésuite devenu apôtre des Indes et du Japon au XVIe siècle.
Au cours de sa courte vie, le cofondateur de la compagnie de Jésus Saint François Xavier (1506-1552) a parcouru plus de 60.000 km ! Ce sont les populations pauvres de Goa, en Inde, qui "ont fait de cet aventurier un évangélisateur extraordinaire", qui a montré que l'on "ne peut pas être missionnaire si on reste entre gens bien élevés qui au fond ne se rendent pas compte de la misère du monde".

• Pauline Jaricot
Née dans un milieu aisée de Lyon, volontiers mondaine, Pauline Jaricot (1799-1862) s'est convertie à la faveur d'un sermon entendu à la messe. Grâce à son frère, elle a pris fait et cause pour les prêtres missionnaires auxquels elle a apporté un soutien financier via l'œuvre de la Propagation de la foi, qu'elle a fondée, et qui deviendra plus tard une œuvre pontificale.

• Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus
C'est un paradoxe : restée toute sa vie entre Alençon et Lisieux, où elle était carmélite, sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus (1873-1897) est la patronne des missions. "Sa manière de dire l'amour de Dieu c'est au fond de sortir totalement de soi-même, de vivre exactement ce à quoi Dieu l'appelle." Elle nous dit "quelque chose d'essentiel : est-ce que tu es capable de renoncer à toi-même pour t'occuper de l'autre ?"

• Madeleine Delbrêl
"La foi est faite pour être vécue aux frontières de l'Église", disait Madeleine Delbrêl (1904-1964), qui a fait de l'évangélisation une priorité dans sa vie d'assistante sociale à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). Une figure de l'évangélisation qui fait penser à ce que dit le pape François sur la sainteté, lui qui encourage à être des saints de la porte d'à côté, dans la vie concrète.

 

Tous missionnaires !

L'actu chrétienne

Le pape François a ouvert mardi dernier le mois missionnaire extraordinaire, il a expliqué combien la mission est la vocation de tous les baptisés !

Pour le mois missionnaire extraordinaire, le pape François a donné en exemple trois figures missionnaires

Une religieuse, sainte Thérèse de Lisieux, un prêtre, saint François-Xavier et une laïque, Pauline Jaricot, la fondatrice des Œuvres pontificales missionnaires. Il a expliqué combien ces trois exemples, par leur diversité montrent que la mission est la vocation de tous les baptisés : "Oui, le Seigneur t’appelle toi aussi. Il t’appelle, père ou mère de famille, toi, jeune qui rêves de grandes choses, toi, qui travailles dans une usine, dans une boutique, dans une banque, dans un restaurant, toi qui es au chômage, toi qui es dans un lit d’hôpital… Le Seigneur te demande d’être un don là où tu es, comme tu es, pour celui qui est à côté de toi."

Pendant tout le mois d’octobre partout dans le monde des centaines d’initiatives sont lancées pour la mission

En France, jeudi et vendredi dernier, avaient lieu les premières assises du volontariat chrétien. L’occasion pour les divers acteurs de la mission de se rencontrer car l’Eglise envoie toujours des missionnaires à travers le monde. Vendredi à Paris il y avait la DCC (la délégation catholique pour la coopération), les MEP (les Missions étrangères de Paris), Fidesco (une ONG catholique issue de la communauté de l’Emmanuel) ou encore l’œuvre d’Orient. En tout, ils envoient plus de 800 volontaires français à travers le monde chaque année.
 

Les volontaires catholiques sont envoyés principalement dans des pays en voie de développement

La mission a souvent une dimension humanitaire. Émeric Clair, délégué général de Fidesco, et son épouse Quitterie ont vécu trois ans à Madagascar en mission. Ils y ont travaillé à la scolarisation des enfants de la brousse. Là, disent-ils, "nous avons vraiment rencontré la pauvreté et, à travers cette pauvreté, nous avons rencontré le Christ."

Les couples chrétiens, missionnaires du quotidien

Le dossier du jour

Le mois d’octobre est traditionnellement consacré à la mission dans l’Eglise catholique. L’occasion de s’intéresser à l’un des acteurs de cette mission, le couple.

En ouvrant le mois missionnaire, le 1er octobre dernier, le pape François a exhorté tous les baptisés à "être actifs dans le bien, non des notaires de la foi ni des gardiens de la grâce, mais des missionnaires" qui témoignent "par la vie".  Parmi ces baptisés, il y a donc les couples. Le pape François est d’ailleurs convaincu qu’ils sont les mieux placés pour annoncer Jésus Christ. Il les appelle d’ailleurs à s’engager davantage de manière concrète et créative dans la mission.

Plus que l’image du couple parfait, les faiblesses, les difficultés conjugales rencontrées peuvent être un atout dans cette mission. De plus en plus de couples engagés dans l’Eglise se forment pour devenir missionnaires de terrain à disposition pour l’Église. Des sessions sont régulièrement organisées pour leur apprendre à annoncer le Christ à partir de leur histoire personnelle et conjugale.

 

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