Rohingyas: "Un besoin urgent d'aide humanitaire"

Plus de 370 000 Rohingyas ont fui la Birmanie vers le Bangladesh depuis fin août. L'ONU parle de "nettoyage ethnique" des Rohingyas par l'armée birmane.

Depuis la fin du mois d’août, plus de 370 000 personnes ont fui la Birmanie vers le Bangladesh. Les Rohingyas, minorité musulmane apatride dans ce pays à plus de 90% bouddhiste, tentent d’échapper à une campagne de répression de l’armée birmane.

Des milliers de Rohingyas sont sur les routes. 60% d’entre eux sont des enfants, beaucoup sont seuls et persécutés. L’armée birmane a enclenché une campagne de répression suite à des attaques de rebelles.

UN « NETTOYAGE ETHNIQUE » SELON L’ONU

Cette explication a servi à couvrir ce qui s’apparente à une véritable punition collective du peuple Rohingya. L’ONU a qualifié les exactions de l’armée birmane de « nettoyage ethnique ». Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme parle d’exécutions, d’incendies de villages, de tirs sur des civils en fuite. Les Rohingyas, au nombre d'un million, sont apatrides, et n'ont aucun droit au Myanmar. Leurs enfants ne fréquentent pas l'école et le peuple tout entier est victime de multiples discriminations. Leurs revendications de citoyenneté sont perçues comme illégitimes par le peuple birman, et ces dernières années, des moines nationalistes ont attisé la haine.

L’ex-dissidente et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi se mure dans un silence problématique. Elle vient d'annuler sa participation à l’Assemblée Générale de l’ONU qui se tiendra fin septembre, Assemblée au cours de laquelle, l’an passé, elle s’était engagée à soutenir les droits de la minorité musulmane de Birmanie. Elle devrait s'exprimer à la télévision le 19 septembre.

Malala Yousafzai, Desmond Tutu lui ont demandé de faire honneur au prix Nobel qu’elle a reçu en 1991. Le Dalaï-Lama lui-même lui a adressé une lettre, dans laquelle il l’appelle « à tendre la main à toutes les composantes de la société pour tenter de rétablir des relations amicales au sein de la population dans un esprit de paix et de réconciliation ».

UNE CRISE HUMANITAIRE MAJEURE

Céline Schmitt, porte-parole du Haut-Commissariat aux Réfugiés, explique qu'il y a un "besoin urgent d'aide humanitaire". "Certains n'ont pas mangé depuis trois jours, ils arrivent affaiblis", précise-t-elle.

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Un pont aérien a été lancé hier, par le Haut-Commissariat pour les réfugiés. Tentes, couvertures ont été acheminés à destination des Rohingyas qui rejoignent les camps au Bangladesh. 

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Hier, la première ministre du Bangladesh a appelé le gouvernement birman à « cesser de torturer des personnes innocentes ». Le Bangladesh étant l'un des pays le plus pauvre du monde, accueillir les Rohingyas n'est pas une tâche aisée. Céline Schmitt revient sur les difficultés :

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Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni cet après-midi à huis clos pour évoquer cette question. La Chine a notamment déclaré mardi "soutenir" les "efforts" des autorités birmanes pour "préserver la stabilité". Une position guère partagée. 

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