L'année 2024 a été marquée par une incertitude économique, tant au niveau national qu'international. Elle a eu un impact notable sur divers secteurs en France et en Franche-Comté. Cependant, quelques signes positifs émergent pour 2025 avec la baisse des taux d'intérêt et une possible reprise des projets immobiliers et entrepreneuriaux. Mais pour la Banque de France qui a tenu sa présentation de l'étude annuelle à Belfort le 21 févier 2025, les défis restent nombreux. Notamment en termes de compétitivité et de souveraineté économique au sein de l'Union européenne, mais des perspectives encourageantes se dessinent pour relancer la croissance.
2024 a été une période de "surprises" et de "défis" pour l'économie française, tant au niveau national que régional. Contrairement aux prévisions optimistes émises en début d'année, les chefs d'entreprise ont dû faire face à un climat d'incertitude marqué par des événements internationaux et nationaux imprévus. C'est ce qui ressort de l'analyse dressée par la Banque de France et qui a été présenté à Belfort le 21 février 2025. Les élections américaines de fin d'année ont fortement contribué à cette instabilité, influençant les décisions économiques et gelant de nombreux projets d'entreprises. Mais l'absence de gouvernement et les motions de censure en France ont également pesé dans la balance. Ce contexte a conduit à une année moins performante que prévu, affectant presque tous les secteurs économiques.
L'industrie, les services (habituellement porteurs pour l'économie française), le commerce et même le tourisme ont tous subi les effets de cette incertitude. En Bourgogne-Franche-Comté, des secteurs clés comme l'automobile et le bâtiment ont montré des signes de faiblesse dès le mois de juin d'après l'étude. Bien que le secteur du bâtiment ait connu une activité dynamique grâce à des commandes déjà engagées, le manque de renouvellement, notamment dans le secteur privé, a suscité des inquiétudes pour l'avenir. Cette situation a réduit la visibilité et les perspectives pour les mois à venir, affectant la confiance des entreprises et des consommateurs.
Malgré ces défis, une amélioration pour 2025 semble possible, selon Marie-Claire Staquet, directrice départementale à Belfort pour la Banque de France. La Banque Centrale Européenne a révisé sa politique monétaire en baissant progressivement les taux d'intérêt, ce qui devrait redynamiser l'économie. Cette décision vise à rendre le coût de l'argent moins cher pour les banques, et par conséquent, pour les entreprises et les particuliers. Avec des taux d'intérêt plus bas, les projets immobiliers et entrepreneuriaux pourraient être relancés, stimulant ainsi la croissance économique. D'ici mi 2025, la BCE aurait retrouvé un taux d'intérêt proche des 2%, ce qui signifie que les politiques en cours dans les pays n'auraient plus qu'un impact minime sur le taux d'inflation. Les particuliers, ayant épargné pendant les périodes d'incertitude, pourraient être incités à investir et à consommer davantage, contribuant à la reprise économique.
Cette baisse des taux d'intérêt est une réponse à la bataille contre l'inflation, qui semble avoir été gagnée. Les banques, suivant la politique de la Banque centrale européenne, devraient pouvoir offrir à nouveau des conditions de crédit plus favorables. Une situation qui encouragerait les entreprises à investir et les particuliers à concrétiser leurs projets. Cette dynamique pourrait particulièrement profiter au secteur du bâtiment et des travaux publics, où les carnets de commandes ont besoin d'être renouvelés. De leur côté, les institutions continuent de financer certains travaux publics, mais le secteur privé attendait des "signaux positifs" pour relancer ses projets.
Les défis économiques ne se limitent pas à la France ou à l'échelle Bourgui-comtoise. À l'échelle de l'Union européenne, selon Marie-Claire Staquet, il est crucial de renforcer la compétitivité face à des puissances économiques comme les États-Unis et la Chine. Les dépendances énergétiques et les retards technologiques sont des préoccupations de premier ordre qui nécessitent des actions collectives. Pour relever ces défis, les pays membres de l'Union européenne doivent travailler ensemble, afin de renforcer la souveraineté économique et de garantir une croissance durable.
En ce qui concerne les créations et défaillances d'entreprises, le Territoire de Belfort montre des signes encourageants. Les données du tribunal de commerce indiquent qu'il n'y a pas eu plus de défaillances d'entreprises entre 2023 et 2024, et la région se porte mieux que d'autres en France. Ce phénomène s'explique en partie par l'augmentation des créations d'entreprises post-Covid, souvent des petites structures plus vulnérables durant leurs premières années. Malgré ces défaillances, l'impact sur l'emploi reste limité, car ces entreprises emploient peu de salariés et peuvent être reprises par d'autres structures.
Bien que 2024 ait été une année difficile, des signes positifs émergent pour 2025. La baisse des taux d'intérêt, la reprise des projets immobiliers et entrepreneuriaux, et une coopération renforcée au sein de l'Union européenne pourraient contribuer à une reprise économique. Les entreprises et les particuliers doivent saisir ces opportunités pour relancer la croissance et surmonter les défis actuels.
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