Les universités médiévales, des communautés dédiées au savoir

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La suite de l'Histoire, l'intégrale

samedi 15 septembre à 16h00

Durée émission : 55 min

Les universités médiévales, des communautés dédiées au savoir

© Wikimedia commons - L'entrée d'étudiants dans la section allemande de l'université de Bologne, la Natio Germanica Bononiae, miniature de 1497

Au Moyen Âge les universités désignent des communautés d’élèves réunies autour d’un maître. Présentes partout en Europe, elles diffusent un savoir et des méthodes de recherches.

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L'université a vu le jour au XIIIe siècle en Europe. Elle naît de la transformation d'écoles souvent déjà existantes et crée de véritables communautés qui rassemblent maîtres et étudiants. À Paris, Oxford, Bologne ou Montpellier, tout au long du Moyen Âge, les université rayonnent dans l'Europe entière. Elles formeront des milliers d'hommes et diffuseront un réel savoir. Explications d'Antoine Destemberg, auteur de "L'honneur des universitaires au Moyen Âge" (éd. PUF, 2015).
 

Universitas, une communauté entre maîtres et élèves

Au XIXe siècle, les historiens s'intéressaient principalement aux institutions ou à l'histoire des idées, ce n'est qu'au milieu du XXe siècle que l'on s'est intéressé à l'histoire sociale des universités. Et que l'on s'est mis à observer une véritable communauté. Une communauté de maître et d'élèves : c'est en effet ce qui s'est développé à la fin du XIIe et au début du XIIIe siècle. S'il est impossible de dater précisément l'apparition des premières universités, Bologne, Oxford et Paris sont les plus anciennes. Il faut remonter à 1208 pour trouver dans les documents d'archives les plus anciens le terme universitas.

Le terme universitas est un terme juridique de droit romain qui désigne "une communauté jurée : c'est-à-dire unie par le serment". Universitas n'est pas réservé au milieu scolaire. Comme l'explique Antoine Destemberg, des communes se font appeler universitas. Toujours est-il que l'université telle qu'elle émerge au Moyen Âge est bien une "agrégation juridique d'une communauté d'intérêts entre maîtres et étudiants".

 


©Wikimédia Commons - Salle à manger du collège Christ Church, de l'université d'Oxford, Oxfordshire, Angleterre

 

Sous l'égide de l'Église

Depuis le milieu du XIe siècle, l'Église a entamé sa réforme grégorienne. Et dans le but de mieux former ses théologiens et ses clercs, elle a développé des structures scolaires, "de façon à avoir des élites intellectuelles capables de porter la réforme ecclésiastique". C'est ainsi que s'est développé en Europe un réseau d'écoles sous l'égide de l'Église, qui relève uniquement de la juridiction ecclésiale. "À partir du moment où on est à l'université, on est protégé par ces privilèges ecclésiastiques et à partir de là on est clerc."
 

Une nouvelle catégorie de population

Une relative stabilité des pouvoirs encourage le développement de l'université, stabilité propice en effet à plus de mobilité sociale et géographique. Maîtres et élèves peuvent se rendre d'une école à l'autre. À une époque où, dès le XIIe siècle la population urbaine s'accroît de façon considérable.

La ville est synonyme "d'une liberté plus grande et d'un mélange des populations". Elle transforme peu à peu la société féodale. Là où on était paysan, chevalier ou religieux, on peut désormais faire profession d'enseigner. "On a une catégorie particulière qui émerge qui fait profession de penser et d'enseigner."

 

Invités

  • Antoine Destemberg , historien, médiéviste, maître de conférences à l'Université d'Artois

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L'émission

Le samedi à 16h et le dimanche à 21h

Des grands événements qui ont façonné les civilisations aux personnalités qui ont marqué les consciences, Véronique Alzieu se tourne vers notre histoire. Une émission pour mieux comprendre le monde dans lequel on vit. Le week-end, elle vous offre l'intégrale du feuilleton proposé du lundi au vendredi. 

Le présentateur

Véronique Alzieu

Journaliste à RCF depuis 1993, Véronique s'est spécialisée au fil des ans dans le domaine de la foi, de la vie spirituelle et de la recherche de sens. Elle a choisi la radio parce que c'est un média de proximité, chaleureux sans être intrusif. Son léger accent trahit ses origines pyrénéennes qu'elle revendique avec joie!