La recherche scientifique pour en découdre avec les faits alternatifs

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Le Temps de le dire

mardi 20 juin 2017 à 9h03

Durée émission : 55 min

Le Temps de le dire

© JOSH EDELSON / AFP - Le 22 avril 2017, marche pour les sciences à San Francisco

À l'heure des réseaux sociaux où se répandent les "faits alternatifs", redire l'importance de la recherche scientifique: mieux vaut écouter les experts que les rumeurs sur internet.

Du 17 au 18 juin 2017 s'est tenue la 8è édition des Journées nationales de l'archéologie. Une initiative menée dans plusieurs villes de France pour faire connaître la discipline au grand public. Et favoriser l'image de la recherche archéologique. À l'heure d'internet et des réseaux sociaux, qui favorisent notamment la circulation de "faits alternatifs", il est temps pour les chercheurs de sortir de leurs labos. Et de défendre non seulement les connaissances mais aussi la méthode scientifique.
 

C'est bien de "chiffres" et de "raisonnements rationnels" dont on a besoin "pour comprendre ce qui se passe"

 

les "prises de position anti-sciences de Trump"

Les marches pour les sciences ont été un véritable succès populaire. Le 22 avril dernier, 12.000 personnes en France et un million dans le monde défilaient contre les "prises de position anti-sciences de Trump", comme l'explique l'un de ses fondateurs en France, Patrick Lemaire.

Ce jour-là, c'était aussi la Journée mondiale de la Terre, et cela a de l'importance car c'est notamment sur le terrain du réchauffement climatique que les esprits s'échauffent. "Trump n'y connaît absolument rien, explique Sébastien Balibar, mais c'est pire que ça: il veut empêcher la recherche sur le climat sous prétexte qu'il croit à autre chose." Et par autre chose, comprendre les lobbies du pétrole ou du charbon ajoute le physicien.
 

plus de méthode scientifique

Dans une tribune du journal Le Monde, le 15 février dernier, on pouvait lire: "Pourquoi Trump cible-t-il ainsi le monde universitaire et la recherche? Pour la même raison qu’il cible le journalisme d’investigation: les scientifiques comme les journalistes utilisent une méthode basée sur la collecte, la vérification et l’analyse des faits." Or, c'est bien de "chiffres" et de "raisonnements rationnels" dont on a besoin "pour comprendre ce qui se passe", plaide Sébastien Balibar.

 



 

Ce que la recherche défend c'est non seulement l'acquisition des connaissances mais aussi des méthodes scientifiques. Si les marches des sciences avaient pour objectif de défendre l'indépendance de la recherche, rappelle Patrick Lemaire, et également de promouvoir le débat entre scientifiques et citoyens. "C'est notre devoir à nous chercheurs d'aller à la rencontre des citoyens", admet Sébastien Balibar. Comme le souligne Denis Sergent, auteur de "La recherche publique au milieu du gué" (publié dans La Croix, le 18 avril 2017), il faudra aussi parler des conditions de travail des chercheurs.

 

Invités

  • Denis Sergent , journaliste, spécialiste des questions scientifiques au quotidien La Croix

  • Patrick Lemaire , embryologiste, chercheur et chef d'équipe au Centre de recherche de biochimie macromoléculaire (CRBM), co-fondateur de la marche pour les sciences en France

  • Sébastien Balibar , physicien, directeur de recherches émérite au CNRS et à l'ENS, membre de l'Académie des sciences

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La grande émission interactive pour aborder tous les sujets de société, qui font l'actualité. Antoine Bellier reçoit ses invités pour réfléchir, approfondir, apprendre et donner du sens à tous les sujets du moment. Posez vos questions ou témoignez en direct pendant l’émission 04 72 38 20 23 ou par mail à l'adresse letempsdeledire[arobase]rcf.fr.

Le présentateur

Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.