Une interprétation politique de l'Apocalypse

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Dialogue

lundi 15 août 2016 à 16h00

Durée émission : 25 min

Une interprétation politique de l'Apocalypse

© P. Pierre Gibert

Les discours politiques actuels qui opposent bien et mal empruntent, pas toujours à dessein, au genre biblique de l'apocalypse. Le p. Pierre Gibert répond à Marie-Françoise Tinel.

Souvent quand on tente de lire l'Apocalypse on se décourage assez vite car on n'y comprend rien! A la fois "énigmatique", "complexe", mais "fascinant", le genre donné lieu à plusieurs erreurs d'interprétation, comme l'observe le p. Pierre Gibert, qui a participé à la rédaction du numéro 422 de la revue Histoire, "Les fanatiques de l'apocalypse". Le terme vient de la Bible, où l'on trouve une apocalypse de saint Jean et une de Daniel. Mais il demande à être perçu dans un contexte historique.

Pour l'historien et exégète Pierre Gibert, le genre apocalyptique est éminemment politique. En effet, une apocalypse est toujours le fruit d'une intention de l'auteur de dénoncer une situation dont sont victimes les croyants. Daniel fait ainsi référence à l'empire perse, Jean à l'empereur Néron. Dans ces textes, "le bien s'oppose au mal, et le mal au bien" et "le peuple de Dieu est du côté du bien, agressé par les forces du mal" sans avoir rien fait pour les provoquer. Ce à quoi le lecteur est invité, c'est à un engagement du côté de l'espérance. Si le mal agit ici et maintenant, l'espérance lui répond, ici et maintenant.

Addition, fusion, et confusions parfois de plusieurs genres littéraires, ajoutent à la complexité du genre. Le p. Pierre Gibert a détecté dans les textes apocalyptiques "du cantique, de l'oracle, de la poésie, du récit..." Tout cela procède de l'intention de l'auteur qui a pour objectif de rendre compte des monstruosités que subit le peuple de Dieu. Au milieu des nombreuses images de bêtes à sept cornes ou d'anges chantant en choeur, on parvient à décrypter des références politiques qui pour l'historien sont en réalité "transparentes".

Invités

  • Pierre Gibert, prêtre jésuite, historien, spécialiste de la Bible

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Mieux comprendre le monde, dans lequel nous sommes invités à vivre en chrétiens, grâce aux travaux des historiens, des sociologues et des artistes ainsi qu’à travers la réflexion philosophique. C'est ce que vous proposent Monserrata Vidal et Sarah Brunel.  

Le présentateur

Marie-Françoise Tinel

Marie-Françoise est bénévole au service de l'émission  Dialogue   depuis 2000. Après avoir été professeur de philosophie dans l'enseignement public, c’est pour elle « une façon passionnante de continuer à être « passeur » des travaux des chercheurs, au carrefour du culturel et du religieux ».