L'amour au cinéma

Présentée par

La Symphonie du cinéma

mardi 16 juillet à 11h00

Durée émission : 25 min

L'amour au cinéma

© Flickr.com Maggie Cheung et Tony Leung dans In The Mood for love en 2000

En cette journée de Saint-Valentin, La Symphonie du cinéma ne pouvait passer raisonnablement à côté du thème du jour : l’amour et ses déclinaisons, sujet majeur, évidemment, au cinéma…

Maggie Cheung et Tony Leung dans In the Mood for love, chef d'oeuvre du dépit amoureux.

Cette émission consacrée au sentiment amoureux débute avec un morceau de choix : Yumeji’s qui n’est autre que le thème principal d’un film en tous points grandiose, du réalisateur hongkongais Wong Kar-waï, sorti il y a maintenant 19 ans, en 2000.
Ce film, c’est In the mood for love, que l’on pourrait traduire par humeur d’amour ou dans l’ambiance de l’amour. Si le morceau que nous venons d’entendre traduit une mélancolie certaine avec ses montées de cordes languides, c’est tout simplement parce que le sujet, sous couvert du sentiment amoureux, dépeint en fait l’histoire impossible entre deux êtres : Monsieur Chow (joué par Tony Leung) et Madame Chan (Maggie Cheung), tous deux mariés et donc par conséquent voués à ne pouvoir aimer un autre, encore moins dans la très rigide et corsetée ville de Hong-Kong au début des années 60. Ce thème de Yumeji’s, je ne l’ai pas encore dit, signé du Japonais Shigeru Umebayashi, est devenu, depuis, une référence de la musique de film et aussi, du désarroi amoureux.

Robert Redford et Meryl Streep, inoubliables en 1985 dans Out of Africa.

En 1937, Karen Blixen, aristocrate et femme de lettres danoise, écrit un roman autobiographique, intitulé La Ferme africaine. Le roman retrace dix-sept années de sa vie au Kenya, de 1913 à 1931. 48 ans plus tard, en 1985, Sydney Pollack portera à l’écran dans Out of Africa, la vie de cette femme de caractère, philanthrope et douée d’une grande compassion pour son prochain, interprétée par une inoubliable Meryl Streep dans l’un de ses rôles les plus forts. Délaissée par un mari volage et alors qu’elle s’acharne à faire pousser des caféiers sur les terres désolées de sa ferme, elle va s'éprendre passionnément d'un chasseur aventurier, campé par Robert Redford. Le film remporte pas moins de 9 Oscars dont celui de la meilleure musique, écrite par John Barry.

La solitude et le désarroi d'Annie Girardot, dans Un Homme qui me plaît, guettant un Jean-Paul Belmondo qui ne viendra jamais.

On reste dans le thème de l’aventure avec cette BO que beaucoup d’entre vous auront sûrement reconnue… Pour les autres, je donne un indice. Elle a été écrite par le regretté Francis Lai, qui nous quittait cet automne, et figure au générique d’un film de Claude Lelouch de 1969 où l’on retrouve le tandem composé d’Annie Girardot et de Jean-Paul Belmondo. Pour ceux qui n’auraient toujours pas trouvé, sachez qu’il s’agit d’Un Homme qui me plaît. L’histoire d’une rencontre aux États-Unis entre une actrice et un compositeur, tous deux français et mariés. Les aléas du tournage vont les mener à Los Angeles où ils vont faire connaissance et se plaire. Mais cette parenthèse dans leurs vies respectives est déjà vouée à l’échec et la scène finale à l’aéroport avec une Annie Girardot guettant anxieuse un Jean-Paul Belmondo absent au rendez-vous est proprement déchirante et constitue une scène culte de l’histoire du cinéma français en grande partie grâce à la musique de Francis Lai, ici secondé par Christian Gaubert, dans Le Concerto pour la fin d’un amour.

Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain. Audrey Tautou dans un Paris de carte postale.

Un petit peu de légèreté à présent, après la mélancolie d’Un Homme qui me plaît, avec
La Valse d’Amélie, morceau archi connu s’il en est, de Yan Tiersen, et thème principal du Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, de Jean-Pierre Jeunet, sorti sur les écrans en 2001. Amélie Poulain ou son lot de bons sentiments dans un film où l’héroïne, Audrey Tautou, jeune femme introvertie et maladroite, va se révéler à elle-même à travers son empathie et son intérêt pour les autres.
Elle finira, également, par trouver le grand amour, et son double masculin auquel Mathieu Kassovitz prête les traits dans une composition toute en délicatesse. Près de 23 millions de spectateurs dans le monde succomberont au charme de cette romance française qui a, depuis, assuré une belle promotion au quartier de Montmarte.   

Marius et Jeannette, conte solaire entre deux blessés de la vie en 1997.

Les histoires d’amour finissent mal en général chantaient dans les années 80 le groupe Les Rita Mitsouko. Bon, heureusement, ce n’est pas toujours vrai mais les histoires d’amour peuvent aussi mal commencer comme dans Marius et Jeannette, comédie solaire de Robert Guédiguian qui irradiait les écrans au coeur de l’été 1997. Marius et Jeannette, un conte de l’Estaque, quartier nord de Marseille, avec sa petite vie de village et ses gens simples parmi lesquels Marius, le gardien de l’ancienne cimenterie, taiseux et tourmenté Gérard Meylan. Tout l’opposé de Jeannette, gouailleuse et insoumise Ariane Ascaride. Mais après l’orage vient toujours le beau temps et le soleil, porté tout au long du film par la musique d’O sole mio, classique des classiques du bel canto, chanté, ici, par Luciano Pavarotti.

Une belle histoire d’amour au cinéma, vous l’avez bien compris, c’est aussi une musique réussie qui marque les esprits et vient souligner une atmosphère, les sentiments ou le jeu des acteurs. Celle de Michel Legrand est de celles-ci. Les Parapluies de Cherbourg, Les Demoiselles de Rochefort, Les Mariés de l’an II, Un Eté 42, L’Affaire Thomas Crown… autant de chefs d’œuvre réunis dans ce pot pourri, hommage au grand compositeur français que l’on ne pouvait raisonnablement pas oublier de mentionner. 

L'inoubliable final des Parapluies de Cherbourg.

La version grand orchestre des Demoiselles de Rochefort.

Justin Hurwitz n’a pas encore la carrière de Michel Legrand mais à seulement 33 ans le jeune compositeur américain évolue, déjà, dans la cour des plus grands depuis son Oscar en 2017 pour son incroyable composition de La la land, le film de Damien Chazelle, clin d’œil appuyé aux comédies musicales. Un film porté par une musique d’orchestre brillante au service de l’histoire et d’Emma Stone et Ryan Gosling, amoureux fous au cœur de l’immensité de L.A, la ville des étoiles, parfois filantes.

La la land. Ryan Gosling et Emma Stone, pris au jeu des sentiments dans la Cité des anges.

La Minute Judy Garland

Cette semaine, restons dans l’ambiance de notre thème qui nous ramène à Claude Lelouch, grand spécialiste de l’amour au cinéma, que nous avons évoqué à travers Un Homme qui me plaît pour parler d’un autre de ses films majeurs. J’aurais pu, évidemment, choisir Un Homme et une femme, mais j’ai préféré vous faire écouter Nicole Croisille qui chantait en 1988 Qui me dira, chanson présente sur Itinéraire d’un enfant gâté et dont la musique est signée, comme toujours, par Francis Lai, tandis que les paroles sont, elles, de Didier Barbelivien.

Qui me dira, Nicole Croisille, l'émotion à fleur de peau présente dans Itinéraire d'un enfant gâté.

Quelques conseils d’écoute en lien avec notre thème aujourd’hui :

Et tout d’abord Jacques Demy – Michel Legrand, L’intégrale. Un coffret 11 CD, paru en 2013 chez Universal Classique qui retrace la fructueuse collaboration entre le réalisateur et le compositeur. Et puis, Francis Lai Antology, là encore, un beau coffret de pas moins de 7 CD paru en 2016 chez FGL.
Enfin, je ne saurais que trop que vous recommander de réécouter John Barry, formidable compositeur anglais, celui de nombreuses musiques pour la saga des James Bond, de Danse avec les loups et d’Out of Africa, disparu en 2011 grâce à plusieurs compilations parus ces dernières années.   

Play list des morceaux diffusés :

Yumeji’s theme, Shigeru Umebayashi, BO In the Mood for love
Out of Africa main theme, John Barry
Un Homme qui me plaît, Francis Lai et Christian Gauber
La valse d’Amélie, Yan Tiersen, BO Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain
Marius et Jeannette, extrait, Robert Guédiguian
Il Pleut sur Marseille, Jean-Louis Milesi
O sole mio, Luciano Pavarotti
Les Parapluie de Cherbourg, Michel Legrand
Les Demoiselles de Rochefort, Michel Legrand
Les Mariés de l’an II, Michel Legrand
Un Eté 42, Michel Legrand
The Windmills of your mind, BO L’Affaire Thomas Crown, Michel Legrand
Mia & Sebastian’s theme, Justin Hurwitz, BO La la land
Qui me dira, Nicole Croisille, BO Itinéraire d’un enfant gâté
Lara’s theme, Maurice Jarre, BO Docteur Jivago

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L'émission

Le jeudi à 16h30

"La Symphonie du cinéma", une émission de Fabien Genest pour voyager dans l'univers des musiques de films.

Le présentateur

Fabien Genest

Journaliste de presse écrite et producteur de radio, passionné de cinéma et musique fabien.genest@rcf.fr