Gérard A. Jaeger, « L’Histoire est mon histoire »

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Dans mon sac de voyage

vendredi 21 septembre à 11h00

Durée émission : 25 min

Gérard A. Jaeger, « L’Histoire est mon histoire »

Historien spécialiste de la mer, Gérard A. Jaeger a passé une partie de sa vie en France avant de rentrer en Suisse.S'il raconte comme il écrit, de Landru au Titanic ou Henry Dunant, il nous livre cette fois-ci son parcours à lui.

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J’ai rencontré Gérard A. Jaeger un beau jour de Salon du livre à Genève, pour une interview en public. Il s’agissait de sa monographie sur la Coupe de l’America, ou Luis Vuitton… C’était il y a 10 ans… Depuis, nous nous sommes liés d’amitié. Celle-ci ne s’explique pas : notre âge presque le même, notre date de naissance, presque identique, notre passion commune pour ces destins humains hors du commun, ces vies qui, souvent dans l’œuvre de Gérard A. Jaeger, sont au bord de la mort, qu’elle soit glorieuse ou non, célèbre ou non. Ce Fribourgeois pétri de culture française et ayant passé une partie de sa vie en France, vit maintenant sur les rives du Léman. L’eau encore, et toujours. Et Dieu dans tout cela ? Il répond à la question avec finesse et discernement, comme toujours.

A priori pas marin, et lui pas sportif, nos deux mondes se sont confrontés dans la joie de partager une passion : l’aventure humaine, ici, sur l’eau des océans. Puis dans un autre genre, il fut convié pour sa biographie d’Henri Dunant, peu complaisante, mais bien conforme à l’idée que l’on se fait d’une pareille figure : Dunant n’était pas si simple, ni agréable. Bref, une amitié est née ce jour-là, au point que nous nous sommes rencontrés de nombreuses fois, quels que soient les sujets qu’il abordait. De Hong-Kong - son grand succès - au dernier bourreau de la République, à Landru, en passant par le Titanic et les quelques secondes qui ébranlèrent le monde. Je le convoquai en dernière minute pour une émission sur le Titanic précisément, et sur cette antenne, dans le cadre de Entrelacs, un magazine genevois de RCF, dans les années 2010.

Il vit en Suisse et parcourt le monde pour ses grands reportages. Après des études commerciales, de droit et de lettres, puis la préparation de sa thèse à Paris qu'il soutient à l'Université de Fribourg , il se spécialise tout d'abord en histoire maritime. C'est à cette époque qu'il publie Les Aventuriers de la mer, Les Femmes d'abordage, Pirates, flibustiers et corsaires, Hong Kong : chronique d'une île sous influence et la trilogie des grands corsaires : Forbin, Luckner et Bavastro. Il poursuit ses investigations avec une Histoire de la Coupe de l'America, alors que la Suisse vient de remporter le trophée, puis il commémore le centenaire du naufrage du Titanic avec un essai qui fera date et référence : Il était une fois le Titanic, trente-sept secondes pour changer le cours de l'Histoire. Suit une série d'essais qui le conduit à s'intéresser à la criminalité sous toutes ses formes : la peine de mort avec les mémoires du bourreau Anatole Deibler, Landru et Les Rosenberg, un essai sur les Prises d'otages après la libération d'Ingrid Betancourt et les conséquences de la guerre sur les sociétés modernes à travers une biographie de l'inventeur du droit humanitaire, le Suisse Henry Dunant et l'enfer des tranchées de 14-18 en souvenir des Poilus. Parallèlement, il répond aux sollicitations de la presse pour une série de grands reportages publiés en ligne et sur papier par le mook Sept, qui les recueillera en 2018 dans un premier numéro hors-série. Enfin, il prépare un tour du monde à bord du Queen Victoria, qui l'emmènera sur les traces de ses devanciers les marins : un livre de souvenirs personnels et littéraires concluera cette itinérance de cent jours à travers le dédale de la mémoire, à paraître en 2020 chez Michel Moret, aux éditions de L'Aire.
 

Une bifurcation vers la réussite à la fin du XXe siècle

A quarante-cinq ans, l'homme et l'écrivain sont à la croisée de leurs vies personnelle et professionnelle, depuis plus de trente ans confondues en une seule destinée. Cette année-là, il est envoyé à Hong Kong par la RTBF pour commenter en direct la Rétrocession de l'île britannique à la Chine communiste . Il vient en effet de publier pour Bernard Lefort un essai retentissant de géopolitique : Hong Kong, chronique d'une île sous influence, aux éditions du Félin. Deux ans plus tard, en 1999, il fait la rencontre de Béatrice Alvergne. Aussitôt, sa vie va prendre une dimension personnelle amoureuse et des perspectives de travail inattendues. Désormais, celle qui deviendra sa femme en 2001 va prendre en main sa communication et lui donner une notoriété accrue. Depuis lors, elle gère avec zèle toutes ses activités, le motive et le protège de tout ce qui pourrait nuire à son travail comme à sa quiétude personnelle.

 

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A travers ses voyages, Daniel Bernard a mis dans son sac toutes les larmes et tous les sourires qu'il lui ont été donné de croiser. Une conversation originale avec des hommes et des femmes pour lesquelles la foi et la spiritualité n’étaient pas un à priori.

Le présentateur

Daniel Bernard

Sa vie professionnelle s’étend du cinéma à la télévision. Des années 70, où il travaille avec Jean-Luc Godard, au début du XXIe siècle, où il dirige la télévision locale genevoise, il pratique son métier de cinéaste comme réalisateur, puis comme journaliste. Il rejoint RCF de 2012 à 2015 pour l’émission « Entrelacs ». En parallèle, il écrit depuis toujours et il publie depuis les années 90. Ses voyages autour du monde l’ont nourri de culture et son éclectisme transparaît clairement dans sa façon de voir le monde. « Dans mon sac de voyage » est une émission culturelle qu’il produit et anime depuis octobre 2017.