Faire le pas de la bioéthique à l'écologie environnementale

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La chronique Écologie

mardi 8 octobre à 7h20

Durée émission : 3 min

La chronique Écologie

Devant la mobilisation contre la loi bioéthique se pose la question de la continuité de cet engagement vers la vie au sens plus large

Si j’osais, je dirais que le fait que tout soit lié ne doit pas nous amener à conclure qu’il suffit de faire les choses à moitié pour qu’elles soient faites entièrement. Le pape François dans Laudato Si’ nous rappelle que l’anthropologie adaptée au défi écologique reste à inventer, et n’hésite pas à rappeler que nous, chrétiens, avons été touchés par la dérive anthropocentriste qui nous fait négliger tout ce qui vit autour de nous. Il ne suffit pas de s’en tenir à la position traditionnelle de l’Eglise sur les sujets bioéthiques pour qu’en découle automatiquement dans nos cœurs le respect de la Terre vue par notre pape comme le pauvre parmi les pauvres. Autrement ce serait fait depuis longtemps et l’écologie serait née il y a un bon siècle en milieu chrétien, ce qui n’est clairement pas le cas. Nous avons encore un appel auquel répondre.

Délaisser la bioéthique pour l’écologie environnementale ?

Lors des états généraux du christianisme à Lyon, j’avais assisté à une quasi-empoignade entre plusieurs catholiques engagés dans divers domaines, chacun dans le sien, et revendiquant à coups de citations bibliques d’être le porteur de l’enjeu numéro un qui primait sur celui des autres. Rendons plutôt grâce à Dieu pour la diversité des engagements et des engagés, chacun se saisissant de ce qui le touche le plus. La mobilisation bioéthique montre un potentiel d’engagement. Mais si malgré ce potentiel un sujet aussi brûlant que la crise écologique reste largement délaissé, c’est qu’il y a un problème. C’est que le sujet ne fait pas partie des « bulletins de vote » où nous choisissons de nous engager. Pourtant, si nous avons reçu une encyclique, c’est que l’urgence écologique est très concrète et devrait toucher davantage de cœurs et d’actions.

On dit aussi qu’il est plus facile de se mobiliser contre un projet précis que pour des principes un peu vagues.

C’est certain. On réagit en présence d’un projet de loi, bien délimité, dont on peut saisir les enjeux. On peut dire à un gouvernement « il faut ceci, pas cela ». Quand on manifeste pour le climat ou la biodiversité, on est un peu comme une manif bioéthique qui aurait lieu au stade de développement d’une technique pernicieuse comme les chimères homme animal. Ce serait plus compliqué. Mais l’engagement écologique ne passe pas que par la grande manifestation. C’est l’action de type Eglise verte par exemple, mais aussi rejoindre les ONG laïques déjà engagées. Elles nous attendent. Nous y sommes encore très peu nombreux.

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Le présentateur

Johannes Herrmann

ornithologue, auteur avec Mahaut Hermann de La Vie Oubliée Crise d’extinction Agir avant que tout s’effondre Edition Première partie Membre de la rédaction de la revue Limite http://revuelimite.fr/ sur Twitter : @Taigasangare