L'ordination d'hommes mariés en Amazonie serait "une onde de choc" pour tous les catholiques

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Le dossier du jour

vendredi 25 octobre 2019 à 7h12

Durée émission : 7 min

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© VaticanMedia-Foto/CPP/CIRIC - 17 octobre 2019 : le Pape François rencontre des membres des peuples indigènes d'Amazonie venus assister au Synode et pose avec eux pour des photos. Vatican.

Les pères synodaux voteront-ils demain pour l'ordination d'hommes mariés en Amazonie? Si une majorité de pères synodaux y semble favorable, la décision aurait une portée historique.

Depuis bientôt trois semaines, les évêques convoqués à Rome par le pape planchent sur les défis écologiques et religieux de ce territoire qui s’étend sur 7,8 millions de km² répartis entre neuf des 12 pays de l'Amérique du Sud (le Brésil, le Pérou, la Colombie, le Surinam, la Guyane française, le Venezuela, le Surinam, la Bolivie, l'Équateur et le Guyana). Un synode qui pourrait marquer un tournant dans l’histoire de l'Église, notamment au sujet de l'ordination sacerdotale d'hommes mariés.

 "Ça fait plus de 500 ans que la règle du concile de Trente du célibat sacerdotal est appliquée. Il sera historique pour l'Église catholique latine de voir des hommes mariés pouvoir devenir prêtres"

 

SYNODE SUR L'AMAZONIE - Du 6 au 27 octobre 2019, les évêques du monde entier seront réunis pour réfléchir au thème : "Amazonie, de nouveaux chemins pour l'Église et pour un écologie intégrale".
> Voir le dossier de RCF

 

Une majorité favorable à L'ordination d'hommes mariés pour l'amazonie

C'est la dernière ligne droite pour les 185 évêques réunis autour du pape dont 113 viennent d’Amazonie. Après avoir discuté pendant trois semaines alternativement en Assemblée générale et en groupes de travail linguistiques, les participants ont fait une série de propositions qu’ils voteront demain.

L’une d’entre elles a particulièrement cristallisé les débats, l’ordination sacerdotale des viri probati, ces hommes mariés d’âge mûr, exemplaires sur le plan humain et chrétien. Cette proposition a séduit une majorité de pères synodaux, dont le cardinal Christoph Schönborn, dominicain, archevêque de Vienne et président de la Conférence épiscopale autrichienne. "On a besoin de ce modèle paulinien de prêtres qui sont des hommes qui ont fait leurs preuves dans leur vie quotidienne, explique-t-il, et qui peuvent assurer une pastorale de présence." Selon lui, l’ordination de viri probati "est un sujet auquel il est légitime de penser et ce n'est certainement pas la fin de l'Église comme certains le craignent".
 

Ce que craignent ses opposants

Sur les 12 groupes linguistiques constitués pour ce synode, huit défendent cette idée et parlent même de situation d'urgence. Malgré tout, certains sont plus perplexes et estiment que cette question n’aurait pas dû être abordée dans le contexte d’un synode régional. Considérant que si cette proposition était votée à la majorité des deux tiers demain dans le document final et surtout si le pape décidait de la mettre en œuvre, elle aurait un impact sur l’ensemble de l'Église.
 

Ce serait "UNE ONDE DE CHOC"

"L'impact, effectivement, il est absolument mondial même si la mesure sera votée pour l'Amazonie, selon Jean-Marie Guénois, rédacteur en chef spécialiste des questions religieuses au Figarosi Rome vote la possibilité d'ordonner des hommes mariés, fussent-ils des viri probati, immédiatement dans les deux, trois ans, cette question sera posée dans d'autres pays occidentaux, particulièrement en Europe."

Le pape pourrait donc décider ne pas publier le document final ce week-end pour ne pas trop échauffer les esprits. Selon le vaticaniste, "cela va provoquer une sorte d'onde de choc dans toute l'Église catholique puisque ça fait plus de 500 ans que la règle du concile de Trente du célibat sacerdotal est appliquée. Il sera historique pour l'Église catholique latine de voir des hommes mariés pouvoir devenir prêtres".

Les propositions émises lors de ce synode seront votées une à une par les 185 pères synodaux, ce samedi 26 octobre dans l'après-midi. Seules les motions qui ont obtenu les deux tiers des suffrages seront retenues et transmises au pape. Le souverain pontife sera ensuite libre de les reprendre ou non dans son exhortation apostolique qu’il devrait publier au printemps prochain.

 

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