La transition énergétique à quel prix ?

Présentée par PR-21887

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Le dossier du jour

mardi 23 juin à 7h12

Durée émission : 7 min

Le dossier du jour

© Un mineur transportant un sac de cuivre au Congo - JUNIOR KANNAH AFP

La question peut se poser si l’on se place du point de vue des ressources nécessaires à cette transition. La demande progresse, certaines matières pourraient s’épuiser plus vite que prévu.

C’est ce que met en avant une étude publiée par l’Institut français du pétrole et des Énergies nouvelles et par l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Les deux instituts se sont intéressés à l’évolution de la géopolitique de l’énergie dans le contexte de la transition énergétique bas-carbone.
 

Le cuivre et le cobalt, stars de la transition énergétique

Selon cette étude, plus de 90% des ressources de cuivre et de cobalt pourraient être consommées à l’horizon 2050. Ces deux minerais incontournables dans la composition des technologies vertes sont aujourd’hui très prisés. Le cobalt sert notamment à la fabrication des batteries électriques. Le cuivre est utilisé dans de nombreux domaines, pour les réseaux électriques ou encore les transports. Emmanuel Hache, économiste à l’IFPEN est l’un des auteurs de cette étude. Il  explique sur RCF pourquoi l’utilisation de ces matériaux pourrait être source de tensions à l’horizon 2050.

Quant à ceux qui détiennent ces ressources, ils sont quelques-uns à se partager le gâteau. 70% de la production mondiale de cobalt se fait au Congo, pays souvent montré du doigt pour pratiquer le travail des enfants dans ses mines. Le Chili est en pointe sur la production de cuivre et de lithium. Quant à la Chine, elle est incontournable sur les matériaux qui composent les nouvelles technologies bas carbone.
 

La dépendance de l'Europe, et les conditions d'extraction

La Chine détient un quasi monopole sur les terres rares et d’autres métaux. De quoi s’interroger sur la dépendance de l’Europe en la matière. Cette question revient régulièrement sur la table. On l’a vu avec les masques, les médicaments, les respirateurs en pleine crise sanitaire du covid. Cette question de la souveraineté des ressources stratégiques pour la transition énergétique se pose clairement aujourd’hui. Disposons nous de ces ressources ? Sommes nous prêts à les exploiter ? L'analyse sur RCF de Guillaume Pitron, journaliste spécialiste de la géopolitique des matières premières, auteur du livre "La guerre des métaux rares. La face cachée de la transition énergétique et numérique". (éd. Les liens qui libèrent).

En attendant d’envisager des relocalisations, l’extraction de ces minerais se fait dans des conditions parfois controversées. C’est le cas notamment du cobalt en République démocratique du Congo. C’est dans ce pays d’Afrique centrale que se fournit le constructeur de véhicule électrique Tesla. Il vient de demander au géant minier suisse Glencore de lui extraire 6.000 tonnes de cobalt par an pour alimenter ses nouvelles usines en Chine et en Allemagne.
 

Le prix de la transition énergétique

Le constructeur vise un double objectif : s’assurer d’avoir accès à suffisamment de matière première pour accompagner la production de ses véhicules électriques, mais aussi s’approvisionner auprès d’un fournisseur garantissant l’origine dudit minerai. Car les conditions d’exploitation sont bien loin des standards éthiques.

La transition énergétique a aujourd’hui un prix. Pour freiner cet engrenage et économiser les ressources, l’Institut Français du Pétrole et des Energies Nouvelles et l’IRIS l’Institut de relations internationales et stratégiques font dans leur étude un certain nombre de recommandations concrètes.

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