Pour une relance sous le signe du bien commun

Présentée par PR-22589

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L'édito de Patrice de Plunkett

lundi 31 août à 7h55

Durée émission : 3 min

Pour une relance sous le signe du bien commun

© DR

Ce jeudi l'exécutif va dévoiler le contenu de son de plan de relance. Selon Patrice de Plunkett, il ne pourra vraiment être efficace que s'il répond à l'exigence de la quête du bien commun.

On connaîtra le 3 septembre tout le plan de relance économique. Mais pour que cette relance se fasse dans “notre intérêt collectif à tous” (comme dit Bruno Le Maire), il faut aussi retrouver le sens de notre vivre-ensemble : ce qu’on appelle le bien commun.
 

Le risque du chacun pour soi

Or le sens du bien commun est un peu perdu de vue. Face au Covid et à ses dégâts économiques et sociaux, nous sommes dissociés. D’un côté, les jeunes : ils s’inquiètent (à juste titre) de leur avenir à eux dans une économie en crise, et beaucoup de jeunes se f… de l’épidémie sans penser aux conséquences. D’un autre côté, les seniors : cible essentielle de l’épidémie, ils pensent avant tout à leur propre sécurité. Et d’un troisième côté, les adultes actifs : eux sont angoissés par le chômage. Donc, trois sensibilités légitimes ! mais qui risquent de virer au “chacun pour soi”.
 

retrouver ce qui nous unit

Car ce qui manque, c’est la conscience d’être tous ensemble une société sans laquelle il n’y aurait ni solidarités ni filets de protection pour personne. Ce lien vital s’appelle le bien commun. Ce n’est pas seulement l’état de l’économie. Ce n’est pas non plus l’addition des intérêts particuliers. Ce n’est surtout pas le mirage du fameux “ruissellement”, selon lequel enrichir les plus riches est censé profiter aux moins favorisés :  “opinion qui n’a jamais été confirmée par les faits”, comme dit le pape François dans La Joie de l’Evangile…

Non : le bien commun, c’est l’harmonie de l’ensemble de la société. Tous les âges et tous les milieux ont besoin les uns des autres. On le savait depuis toujours. On l’a oublié à la fin du XXe siècle quand on a voulu tout refonder sur la concurrence : la lutte darwinienne de tous contre tous... Et nous voici dans une dispersion morale à laquelle l’Etat ne sait pas remédier : “Dans la société où nous sommes, disait Bruno Le Maire avant-hier, on ne peut pas imposer un comportement collectif.” L’imposer, non ! Mais on peut imaginer un effort de tous, citoyens et pouvoirs publics, pour retrouver le vrai sens de la vie en commun. Ce n’est ni de droite, ni de gauche : ça s’appelle le civisme. 

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Le présentateur

Patrice de Plunkett

Patrice de Plunkett est journaliste, blogueur et essayiste. Il a codirigé Le Figaro Magazine.