Réfugiés: des associations dénoncent les conditions de rétention

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mercredi 5 juin à 6h41

Durée émission : 4 min

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© CHRISTOPHE ARCHAMBAULT AFP

​D’après le rapport 2018 sur la rétention, le nombre de personnes retenues depuis plus de 30 jours a fortement augmenté passant de 2.468 en 2016 à 4.432 l’an dernier.

Les associations dénoncent aujourd’hui une forme abusive de la rétention et cette situation entraîne des violences dans les centres de rétention administrative, en France. Les six associations accréditées dans ces CRA redoutent désormais une aggravation de la tendance, en 2019, avec l’entrée en vigueur de la loi sur l’asile et l’immigration.
 

Quels sont les principaux enseignements de votre rapport annuel ?

"Le principal enseignement c’est qu’on constate de façon assez unanime, que trop souvent, des personnes sont placées en rétention alors que la perspective de leur éloignement n’est pas assurée. 60% des personnes placées en centre de rétention alors que la finalité de cet enfermement n’est pas réalisée. Cela veut dire qu’il y a un défaut de discernement, qu’il y a des dossiers examinés trop rapidement, et qu’il y a une pression pour enfermer même si l’on n’est pas sûr de l’éloignement par la suite. On ne doit utiliser l’enfermement des personnes qu’en dernier recours" explique Jean-François Ploquin, directeur général de Forum Réfugiés COSI.
 

Est-ce que cela a un impact sur les personnes ?

"Le résultat c’est que l’on a des conditions qui se durcissent en rétention. La durée maximale de rétention est passée de 45 à 90 jours. Ces lieux ne sont pas du tout faits pour cela. Ils ont été conçus pour des durées de sept jours. Ce sont des cocottes minute. Vous avez des gens qui sont là, qui ne comprennent pas pourquoi ils sont enfermés alors qu’ils n’ont pas commis de délit. On a une pression qui devient de plus en plus forte. Cela se traduit par de la violence contre l’environnement, contre soi-même. On note une augmentation des automutilations, des tentatives de suicide. C’est un constat qui est très largement partagé par l’ensemble des opérateurs" ajoute-t-il.
 

Quelles solutions préconisez-vous ?

"On dit attention. Nous considérons qu’il y a deux sujets : ne pas placer en rétention lorsqu’on peut assigner à résidence. Et ne pas placer en rétention lorsqu’on est dans une perspective d’éloignement de la personne" conclut Jean-François Ploquin.

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Jean-Baptiste Labeur