Et si nous entendions vraiment l'Évangile ?

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Halte spirituelle, l'intégrale

samedi 7 septembre à 4h00

Durée émission : 55 min

Halte spirituelle, l'intégrale

© Guillaume POLI/CIRIC - 15 Mai 2015 : Portrait de Frère Dominique COLLIN

L'Évangile n'est ni une morale, ni un catéchisme, ni une sagesse. Il est "bonne nouvelle" car il vient nous dire ce que vivre veut dire. Encore faut-il l'écouter et se laisser déranger.

Les Évangiles font partie des livres les plus vendus dans le monde, des textes qui datent de plus de 2.000 ans et qui ont eu un rôle majeur dans la façon même dont s’est construit l'Occident. Lu, relu, commenté, expliqué, l’évangile est aujourd’hui classé dans les bibliothèques au rayon sagesse ou religion, un beau texte qui appartient à l’époque d’une chrétienté révolue.

Dans le temps de crise que nous traversons, le salut ne passerait plus par Jésus mais par la raison, la technique et le marché : c’est en tous cas le refrain asséné au quotidien. Et si ce moment critique n’avait jamais été aussi favorable pour entendre véritablement la parole évangélique ? Dans une société où parler devient communiquer n'y a-t-il pas là une chance de l'écouter à neuf ? Des réflexions que le dominicain Dominique Collin partage dans son essai "L'Évangile inouï" (éd. Salvator).

"Bien plus qu'un message ou une biographie, l'Évangile et une opération, il agit en nous"

 

Quand le christianisme s'essouffle

"Ce modèle de chrétienté qui a duré plus de 1.000 est en train de s'essouffler, il y a quelque chose d'une grande lassitude", observe le dominicain. Bien souvent, les chrétiens ont le sentiment d'avoir déjà entendu les textes. Tel ou tel épisode de la vie de Jésus que l'on entend et réentend lors des offices ou au catéchisme. Plus largement, dans notre société déchristianisée, "l'Évangile est passé dans l'opinion dans la mentalité, dans l'art, dans la géographie, dans nos institutions, comme valeur, comme récit qu'on croit connaître".

Finalement, on est en venus à "réduire l'Évangile", selon les mots de Dominique Collin, "à une biographie ou à un catéchisme, c'est-à-dire finalement une extraction de croyances ou un recueil de normes". Précisément, ce que le dominicain souhaite montrer dans son livre, c'est que "l'Évangile n'est ni un catéchisme, ni une doctrine morale".
 

En quoi l'Évangile est nouveau ?

La période est donc "le moment pour entendre à nouveau l'inouï de l'Évangile". Inouï au sens de "ce que l'on n'a pas encore entendu". Les évangélistes rapportent souvent cette parole du Christ : "Celui qui a des oreilles, qu’il entende !" Entendre avec un effet de surprise, de choc, d'étonnement. 

Le mot évangile signifie "bonne nouvelle". "Quand l'Évangile dit qu'il est neuf c'est parce qu'il oriente autrement notre marche de l'histoire et il le fait en remettant à neuf notre rapport à l'origine." D'où venons-nous ? C'est "la grande question de l'être humain : d'où est-ce que je puis tirer la valeur de qui je suis ?" Pour le Fr Collin, "c'est en nous rapportant à ce qui nous a fait être humain que l'Évangile est original". 
 

La force de l'Évangile dans notre modernité vieillissante

"Bien plus qu'un message ou une biographie, l'Évangile et une opération, il agit en nous", écrit Dominique Collin dans son livre. "On a oublié que c'est un acte de parole, un événement de parole, une opération." Les Écritures ne sont pas tant à prendre comme une information qui nous serait communiquée mais comme un texte qui agit en nous, qui "nous partage une sensation, qui nous fait quelque chose". C'est "une annonce à effet de joie".

Un texte qui "vise d'abord à nous faire ressentir quelque chose" à une époque où l'on ne sait plus ce que vivre signifie. Dans cette "une crise de la modernité, vieillissante elle-même", vivre c'est le plus souvent "vivoter", ou "attendre la fin et le cataclysme". Ou encore "dévivre", un néologisme que Dominique Collin aime employer et qui est cette façon de nous soumettre "aux passions tristes", à "cette envie d'en finir qui est en train finalement de gangrener notre société et qui lui enlève cette capacité d'être dans un rapport à l'avenir".

 

Invités

  • Frère Dominique Collin, religieux, membre de l'ordre des dominicains, philosophe, théologien

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L'émission

Le samedi à 21h

Halte Spirituelle est une émission de radio animée par Béatrice Soltner et Véronique Alzieu et diffusée quotidiennement sur RCF. Des entretiens où l'on puise dans l'expérience chrétienne pour engager une réflexion spirituelle aussi profonde qu'accessible. L'émission de référence de RCF !

Le présentateur

Béatrice Soltner

Formée aux arts plastiques et à l'histoire de l'art Béatrice rejoint RCF en 1994. Elle aime faire émerger la parole et l'offrir en partage. La vie intérieure est son domaine de prédilection. Passionnée par la spiritualité et la psychologie, elle s'intéresse aussi au dialogue entre les églises chrétiennes.