Saint-Valentin - Faire de son couple une école de vie

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La fête de la Saint-Valentin, et si on en profitait pour parler d'amour? Les psychologues, conseillers conjugaux ou religieux sont unanimes: un couple ça se construit.

La vie à deux n'est pas un long fleuve tranquille! Alors qu'un couple sur deux se sépare, peut-on encore croire à l'amour durable ? Enfants, vie professionnelle, belle-famille... comment être suffisamment disponible à l'autre ? Comment rester soi-même et ne faire qu'un ? Comment établir ou rétablir un dialogue quand le quotidien use la complicité ? Du pardon au dialogue, faire vivre son couple se décide chaque jour.
 

Faire une retraite en couple: deux jours pour se parler et (re)bâtir un avenir à deux
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Saint-Valentin - Comment l'amour évolue-t-il dans le temps?

Saint-Valentin - Comment l'amour évolue-t-il dans le temps?

Comment être heureux et épanoui en couple? À la veille de la Saint-Valentin, le p. Stephan Lange, invité de Catherine Segouffin, répond à vos questions

Longtemps considérée comme une fête commerciale, la Saint-Valentin devient une occasion pour l’Église "d’évangéliser l’amour". En effet, de nombreuses paroisses et mouvements d'Église proposent aujourd'hui de redécouvrir la dimension spirituelle de la vie conjugale, du moins de faire de son couple une façon de grandir spirituellement. Ainsi, quelle que soit l'origine de la fête, elle reste un bon prétexte pour prendre soin de son couple! 
 

 

PARTICIPEZ À L'ÉMISSION ! - Le Père Stephan Lange vous répond ! Qu'est-ce qu'un couple aujourd'hui ? Comment préserver son couple ? Que se passe-t-il si la rupture s'annonce être la seule solution ? Pour intervenir directement à l'antenne, témoigner ou poser vos questions, vous pouvez appeler le 04 72 38 20 23 à partir de 21h. Vous pouvez écrire à unpretrevousrepond[arobase]rcf.fr.

 

découvrir Les sessions Cana

La communauté du Chemin Neuf propose les sessions Canades temps de rencontre avec d'autres couples pour échanger sur les difficultés et les richesses de la vie à deux. Des sessions à destination de ceux qui désirent s'engager en couple ou ceux qui veulent approfondir leur relation de couple. Les sessions Cana s'adressent aussi aux familles, aux parents, ou encore aux personnes séparées ou engagées dans une nouvelle union après un divorce.
 

Communiquer : connaître les langages de l'amour

Comment faire durer son couple et ses sentiments ? Le conseiller conjugal et pasteur américain Gary Chapman, auteur de "Les langages de l'amour" (1995), a identifié cinq moyens d'expression par lesquels nous manifestons notre amour : les paroles valorisantes, les moments de qualité, les cadeaux, les services rendus et le toucher physique. Chacun, en fonction de sa personnalité et de son vécu, privilégie l'un ou l'autre moyen. Au sein du couple il s'avère en effet utile de savoir de quelle façon l'autre communique son amour et quel forme d'expression on attend de l'autre
 

Suis-je heureux dans mon couple ?

Comment établir le bilan de sa relation ? Dans leur ouvrage "Satisfaits ou divorcés" (éd. Milan, 2007), Vincent Garcia et Cécile Maillat ouvrent quelques pistes afin de comprendre ce qui se joue au plus profond de l'individu. Ils donnent des pistes pour savoir quelles sont les bonnes questions à se poser en cas de crise, pour ne pas se quitter trop vite ou avoir le courage de partir si c'est la seule solution.

 

Saint-Valentin - Le couple au défi du sentiment amoureux

Saint-Valentin - Le couple au défi du sentiment amoureux

Le mot "amour" est si polysémique qu'on a parfois du mal à comprendre ce que signifie aimer l'autre en vérité. Un lent, patient mais exaltant travail quotidien, source de joie durable.

FAIRE DE SON COUPLE UNE ÉCOLE DE VIE - La vie à deux n'est pas un long fleuve tranquille! Alors qu'un couple sur deux se sépare, peut-on encore croire à l'amour durable ? Enfants, vie professionnelle, belle-famille... comment être suffisamment disponible à l'autre ? Comment rester soi-même et ne faire qu'un ? Comment établir ou rétablir un dialogue quand le quotidien use la complicité ? Du pardon au dialogue, faire vivre son couple se décide chaque jour.
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Le 14 février, jour de la Saint-Valentin, on fête l'amour et les amoureux. Qu'est-ce qui fonde ce lien si particulier, à la fois si fort et si fragile, si fécond et parfois qui semble endormi ? Antoine Bellier et ses invités sondent le mystère de l’amour pour tenter de recueillir quelques bons conseils afin de construire patiemment son couple.
 

Ce n'est pas parce qu'on n'a plus le sentiment amoureux que c'est fini

 

S'aimer soi-même pour aimer l'autre

"Un juste amour de soi, c'est un centrage dans l'optique d'un décentrage", explique Bénédicte de Dinechin. "Dans mon métier de conseillère conjugale j'ai vraiment constaté à quel point ne pas s'aimer soi-même pouvait être un écueil, parce que je ne vais pas croire l'autre quand il me dit qu'il m'aime." 

Au sein d'un couple, l'autre nous renvoie une image de nous que l'on a du mal à accepter si on n'éprouve pas une estime de soi suffisante. Il y a là un véritable "chemin quand on arrive sur une blessure, queque chose que l'autre nous renvoie et qui correspond à quelque chose qu'on a du mal à accueillir en soi", complète Damien Hanus. Avec sa femme Isabelle, ils sont responsables de Cana France, "une école du couple et de la famille" proposée par la communauté du Chemin Neuf.

 

 

Quand les sentiments évoluent

"Je suis parfois navrée de voir des couples qui se séparent parce que l'un des deux n'éprouve plus de sentiments amoureux", confie Bénédicte de Dinechin, autrice de "Le couple dont vous êtes le héros" (éd. Quasar), une sorte de guide avec des "travaux pratiques" pour "actualiser sa vie conjugale". Certes, le sentiment est essentiel c'est "ce qui guide" le couple : "Mais ce n'est pas parce qu'on n'a plus le sentiment amoureux que c'est fini, confirme Isabelle Hanus, c'est important de ne pas avoir peur que le sentiment amoureux puisse venir, partir, c'est lié à ce que l'on vit au quotidien..." 

Que faire lorsque l'on éprouve des sentiments amoureux pour une personne que son conjoint ? Valérie Ternynck recommande de "courir dans les bras de l'autre et de lui dire ce qui nous arrive". En parler, redire à l'autre que c'est lui que l'on choisit et que l'on se sent fragilisé par ce sentiment amoureux"Ce que l'on expériemente à Cana c'est l'importance de dire, de mettre des mots sur ce que l'on ressent, ajoute Damien Hanus, la dimension de la communication est essentielle."
 

 

Les sens de l'amour

Aucun couple n'y échappe : l'amour passe par des étapes. Il y a les moments de passion, de fougue, où le sentiment amoureux conduit le corps. Et puis on arrive "au véritable amour", celui où l'on est capable d'aimer l'autre malgré ses faiblesses, ses failles, ses blessures. "L'éros [l'amour passion, NDLR] c'est ce qui permet d'être idéaliste, de foncer vers l'engagement, et l'engagement ce qui permet d'être réaliste, d'aimer la personne telle qu'elle est", dit Valérie Ternynck qui vient de publier "Le sexe et le cœur - Aimer en toute liberté" (éd. L'Emmanuel). 

"Tout le monde peut y arriver", assure la conseillère conjugale, responsable nationale du mouvement, "Parlez-moi d'amour", mouvement d'éducation affective et sexuelle, qui sillonne les collèges et les lycées à la rencontre des jeunes. "On a tous une immense espérance quand on parle d'amour parce que c'est quelque chose qui nous habite profondément."

 

Émission enregistrée en duplex avec RCF Lyon et RCF Poitou

 

Le couple, entre désir d'être à deux et besoin d'être soi

Le couple, entre désir d'être à deux et besoin d'être soi

Il y a des couples enfermés dans une haine réciproque des conjoints. Le sociologue Jean-Claude Kaufmann les a étudiés. Il répond à Monseratta Vidal.

Les couples français ont connu 12.500 divorces en 2015. Dans trois cas sur quatre ce sont les femmes qui demandent à se séparer. Mais quand le couple s'enferme dans un piège et devient harcèlement mutuel, les femmes aussi bien que les hommes ont du mal à en sortir. C'est cette situation que le sociologue Jean-Claude Kaufmann étudie dans son dernier ouvrage "Piégée dans son couple" (2016).

Le couple est depuis longtemps son laboratoire d'analyse: Jean-Claude Kaufmann l'a choisi pour questionner au départ ce que Bourdieu appelait "l'habitus", c'est-à-dire ces automatismes que l'on a en soi de façon non-consciente. Le sociologue a voulu comprendre si cette mémoire inconsciente peut, ou non, changer. A ce titre, le couple l'intéresse pour les automatismes communs né de l'union de "deux mondes étrangers". En étudiant le couple, il dit avoir découvert "quelque chose d'extrordinairement compliqué et merveilleux".

"Il y a aujourd'hui une contradiction extrêmement forte entre le rêve d'amour conjugal et la grande difficulté à mettre en pratique ce rêve."

 

La méthodologie du sociologue pour étudier les couples c'est de leur proposer des questionnaires via Internet. Ce sont surtout les petits détails du quotidien qui l'intéressaient jusqu'au jour où une question sur le lit conjugal a fait naître des témoignages de femmes parfois très amers, dont certains reflétaient des situations de réelle souffrance - témoignages de femmes car quand le couple va mal, ce sont surtout elles qui en parlent. "Le lit est le révélateur des contradictions du couple", entre désir d'être à deux et besoin d'être soi et d'exprimer son bien-être personnel.

"Il y a un rêve romantique très répandu chez les femmes, mais je ne condamne pas ce rêve, il est nécessaire." Il peut encourage de réels moments de communion. La plupart du temps nourri par des lectures et des films, ces rêves sont cepêndant vecteurs de désillusions. Et ce d'autant plus qu'aujourd'hui on donne au couple de nouvelles fonctions. On attend de son couple qu'il soit un refuge devant un monde extérieur difficile. Quan don est enfin bien chez soi, on n'est plus sous le regard des autres. "D'où des attitudes régressives, comme porter des vêtements défraîchis ou s'avachir sur le canapé", observe le sociologue. Or, la vie conjugale a besoin de temps personnels mais aussi de temps d'attention à l'autre. 

(En)fermé dans son couple

(En)fermé dans son couple

Parfois il arrive que l'on se sente enfermé dans son couple: quand la vie à deux ressemble à un vide, quand elle ne ressemble plus à ce dont on rêvait. On en parle avec Stéphanie Gallet.

Pourquoi une histoire qui avait si bien commencé est-elle devenue cet espèce de vide dans lequel on a le sentiment d'être enfermé? Ce pourquoi? revient sans cesse aux oreilles de Jean-Claude Kaufmann depuis qu'il étudie les couples en crise. Dans son dernier ouvrage, "Piégée dans son couple", il décrit le temps où deux personnes qui s'aimaient n'en sont pas encore à la haine, mais sententun délitement de leur couple. Le sentiment de piège tient notamment au fait que souvent on ne veut pas en parler car cela va à l'encontre de tout ce dont on rêvait.

"Plus j'avance plus je découvre à quel point c'est compliqué un couple!" Depuis plus de 20 ans Jean-Claude Kaufmann a scruté tous les aspects de la vie à deux: la chambre à coucher, le bac à linge sale, la cuisine, les agacements et mêmes les conversations du dimanche soir, celles où l'on ne peut pas se raconter sa journée de travail. Depuis 20 ans, il écoute des hommes et des femmes - surtout des femmes. Assez massivement ce sont elles qui écrivent sur le blog du sociologue pour répondre à ses enquêtes. Souvent les hommes taisent en effet leur insatisfaction alors que les femmes en parlent et cherchent à comprendre.

Parmi ce qui soude un couple, Jean-Claude Kaufmann identifie d'abord ce qu'il appelle le "bavardage conjugal": on commente l'actualité ensemble, on fait des projets de vacances, on critique - gentiment - tel ami ou membre de la famille... Des échanges qui font une culture commune et qui présentent cet intérêt que les hommes y participent. On peut aussi trouver dans des activités communes, comme le jardinage, le sport ou un engagement associatif, un moyen de se rapprocher. Mais ce qui fait la solidité du couple, pour le sociologue, ce sont les "vraies conversations intimes", celles où l'est atttif à l'autre, à ses désirs et à ses insatisfactions. Un échange qui doit cependant se faire en des moments privilégiés, "avec doigté, pas tous les jours ni n'importe quand", prévient Jean-Claude Kaufmann.

Parler de sexualité en couple: pourquoi c'est important, avec Sophie Lutz

Parler de sexualité en couple: pourquoi c'est important, avec Sophie Lutz

Sophie Lutz vient de publier "Donne-moi des baisers de ta bouche" (éd. L'Emmanuel), un parcours de dialogue et de réflexion autour de la sexualité.

On la connaît pour ses chroniques dans Ombres et Lumières, Sophie Lutz est la mère de quatre enfants, dont Philippine, poly-handicapée, aujourd'hui âgée de 16 ans. Si ses publications portent essentiellement sur le handicap, en juin 2016 elle a publié "Donne-moi des baisers de ta bouche" (éd. L'Emmanuel). Une sorte de guide pour aider les couples à parler de sexualité. Selon elle, il est en effet "utile, urgent et important" de mettre des mots au sein du couple sur sa vie sexuelle. "Jean-Paul II parle de relecture de la vie sexuelle", explique-t-elle.
 

 

la sexualité pour souder un couple

Que des couples ne résistent pas à l'épreuve du handicap de leur enfant, Sophie Lutz le comprend. Elle témoigne que cette épreuve peut aussi rapprocher les conjoints. "L'épreuve vécue avec Philippine nous a soudés avec mon mari, comme c'était difficile on a cherché une consolation dans notre relation et notamment dans notre sexualité." Avec la justesse qu'on lui connaît, elle livre le questionnement qui a été le leur: "Quand le fruit de l'amour est abimé on se dit pourquoi notre amour produit-il du malheur? C'est perturbant quant à la signification de la sexualité." C'est avec tout autant de délicatesse qu'elle évoque dans son livre la sexualité.
 



 

La sexualité: en parler en couple

"Qu’il me donne les baisers de sa bouche" (Ct, 1n 2)* Le titre de l'ouvrage de Sophie Lutz est emprunté au Cantique des cantiques. Comme un clin d'œil pour signifier que le christianisme, religion de l'incarnation, a toute légitimité à parler de la sexualité. Il n'est pas nécessaire de signaler ici le paradoxe - "On hérite d'une période puritaine", admet Sophie Lutz. Il est au contraire essentiel de redire la bonne nouvelle que représente la sexualité pour les couples. Elle célèbre le mystère de l'autre.

Mariée, mère de quatre enfants, Sophie Lutz est conférencière, auteure de chroniques pour la revue Ombres et Lumières, de l'OCH (Offiche chrétien des personnes handicapées). En 2007, elle publie "Philippine, la force d’une vie fragile", et en 2012, "Derrière les apparences" (éd. L'Emmanuel).
 

 

Émission réalisée en janvier 2017

 

Sylvie et Stéphane Chanfreau : la foi comme ciment du couple

Sylvie et Stéphane Chanfreau : la foi comme ciment du couple

Les nouveaux délégués à la Pastorale des familles du diocèse de Quimper et Léon, Stéphane et Sylvie Chanfreau, évoquent leur engagement et aussi leur façon de vivre leur foi en couple.

Ils ont fait figure de précurseurs quand ils ont lancé, il y a une quinzaine d'années, la "Saint-Valentin autrement". Ou la fête des amoureux version spirituelle : une formule que beaucoup de paroisses proposent désormais chaque année. Sylvie et Stéphane Chanfreau ont longtemps accompagné les couples dans leur préparation au mariage chrétien. Depuis quelques mois, ils sont délégués à la Pastorale des familles du diocèse de Quimper et Léon. Rencontre avec un couple qui puise sa foi dans la vie fraternelle.
 

La Pastorale des familles, à quoi ça sert ?

Dans l'Église catholique, chaque diocèse a une "Pastorale des familles". Il s'agit d'un service d'accompagnement et d'écoute proposé par des laïcs et des membres du clergé.

"Notre souci c'est d'être dans l'accueil de tout le monde, de pouvoir faire en sorte que tout le monde puisse avoir sa place : c'est pas évident dans l'Église, c'est pas évident dans la société." Célibat voulu ou non choisi, maladie d'un enfant, infertilité... La Pastorale des familles est avant tout un service de vie fraternelle et de dialogue. Comme pour dire à chacun : ne restez pas seuls devant vos difficultés et partagez vos joies ! "L'impprtant c'est le cheminement, explique Sylvie Chanfreau, on n'a pas forcément de solution."
 

La Vitalité du dialogue

"De discussion en discussion, ça ouvre des perspectives." Ce que Sylvie et Stéphane Chanfreau ont pu expérimenter au cours de leurs différents engagement au service de l'Église - accompagnement au baptême, au préparation au mariage, etc. - c'est l'importance du dialogue. "Mettre des mots sur ce que l'on ressent c'est pas évident, ça nous pousse dans nos retranchements." 

La foi c'est un peu comme la vie de couple, il n'y a pas de recette miracle. En parler, s'ouvrir aux autres, être porté par une vie fraternelle, compter sur la prière d'une communauté de fidèles... Et sentir qu'on est relié par "un amour qui est au-delà de nous".

 

Jean-Pascal et Nolwenn: un couple guidé par Louis et Zélie Martin

Témoin

Convaincus de l'intercession de Louis et Zélie Martin en faveur de la guérison de leur fille, Jean-Pascal et Nolwenn témoignent à Hubert Moritz (RCF Orne) de leur dévotion pour le couple.

Elle a grandi dans la foi avec la communauté Réjouis-toi, lui avec la communauté de L'Arche, fondée par Jean Vanier. Nolwenn et Jean-Pascal habitent à Alençon, ils sont tous deux éducateurs spécialisés. Leur fille  Anne-Zélie a subi une lourde opération quelques jours après sa naissance.

Un événement bouleversant pour les jeunes parents, qui se sont sentis entourés des prières de leurs amis. Au moment de l'opération de leur fille, Louis et Zélie Martin étaient béatifiés. Aujourd'hui encore, et quatre autre enfants plus tard, Jean-Pascal et Nolwenn restent convaincus de l'intercession du saint couple en faveur de leur fille.

Mariés pour le meilleur et pour le pire... Témoignage de Sophie Barut

Mariés pour le meilleur et pour le pire... Témoignage de Sophie Barut

Huit mois après leur mariage, Cédric est victime d'un accident. Sophie Barut raconte quel a été son combat : ne pas fuir la réalité, s'appuyer sur ses amis, oser croire à l'amour de Dieu.

"Tu verras Cédric que je vais te donner des raisons d'aimer la vie. Je veux un mari éveillé, ancré dans la réalité qui est la sienne désormais, et lui apprendre à l'apprivoiser, à l'accepter." C'est ce que confie Sophie Barut dans son livre inspiré de son propre journal intime, "Je rentrerai avant la nuit" (éd. Nouvelle Cité). Un soir de 1998, son mari enfourche son vélo, part en promenade et lui dit : "Je rentrerai avant la nuit." Sur la route il est renversé par une voiture folle, la violence du choc est telle que plus rien ne sera comme avant. 20 ans après, Sophie Barut raconte son histoire dans un récit où l'on s'autorise à pleurer mais aussi à espérer.
 

"J'ai senti à quel point l'amour de Dieu et des hommes était vital pour moi et que je ne pouvais pas vivre comme s'il n'y avait pas tout ça"

 

L'épreuve

Ce 21 mai 1998, le jour de l'Ascension, une soirée de cauchemar. Sophie Barut en garde le souvenir très vif. Comme souvent après une journée de travail bien rempli Cédric part faire une promenade à vélo. "La nuit tombe mon mari ne rentre pas, et là je commence à prendre la voiture, à faire un tour, je ne le vois pas. Ma voisine sort s'inquiète me conseille d'appeler le commissariat de police le plus proche." On l'avertit qu'un jeune homme vient effectivement de percuter une voiture au-dessus de Saint-Étienne près de Montbrison. 

Elle qui n'avait pas l'habitude de fréquenter les hôpitaux se trouve confrontée à tout un vocabulaire, on lui parle de coma, de traumatisme, de réveil du coma... "Tout ça été une re-naissance, il a fallu que je réapprenne à vivre avec tous ces nouveaux codes autour de moi." Quand elle demande si son mari va pouvoir marcher, les médecins lui répondent : "La première question que vous devez vous poser c'est est-ce que votre mari va vivre?"

 



 

Sauvée par l'écriture

Depuis l'adolescence Sophie Barut tient un journal intime, mais depuis l'accident elle s'accroche à l'écriture. Un jour, elle note : "L'univers est doux." À cette époque la jeune femme allait voir chaque jour son mari à l'hôpital, elle se souvient d'un rythme "pesant" et pourtant. "Chaque soir je m'endormais d'un coup, j'avais des nuits très reposantes et je me réveillais avec une joie intérieure ancrée, qui m'étonnais moi-même vu les circonstances. Et je me souviens d'un matin m'être réveillée en me disant mais l'univers est doux, c'est-à-dire que la réalité qui nous entoure, ce monde tel qu'il a été conçu est fait pour notre bonheur, si tant est qu'on arrive à l'entendre, à voir les belles choses que Dieu a fait pour nous et les méditer.

Depuis que son livre est paru le 1er mars 2018, elle reçoit de nombreux témoignages de personnes qui ont prié pour elle et pour son mari. Des chaînes de prière, des nuits d'adoration... "J'étais dans un bain d'amour, d'amitié, j'étais portée." Recevoir des témoignages d'amitié, lire dans les yeux de son mari l'amour qu'il lui porte, lire beaucoup de récits de vie et y trouver des raisons d'y croire... Il a fallu du temps aussi pour ne plus fuir cette réalité.

"Cela faisait huit mois que nous étions mariés..." On se promet l'un à l'autre, pour le meilleur et pour le pire. "J'ai beaucoup disputé le bon Dieu, je ne comprenais pas ses règles du jeu." Eux qui voulaient une grande famille ont tout remis en question. "J'ai mis six ans à être sûre de vouloir des enfants avec Cédric", confie-t-elle. Aujourd'hui ils ont quatre enfants. "On peut être audacieux, de l'audace de Dieu."

 



 

L'espérance chrétienne

Quand elle lisait une perle de sagesse, Sophie Barut s'empressait de la noter. Il y a ce moine qui lui a dit un jour : "Chaque soir, ayez la sagesse de voir tout ce qui s'est bien passé dans votre vie : le mal ne fait pas grandir seule la contemplation du bien fait grandir." Dès lors s'efforcer de voir les progès de son mari "et pas tout ce qu'il avait perdu". "Avant l'accident, quand quelqu'un pleurait je lui disais mais non ne pleure pas, j'essayais de le consoler. Maintenant je m'aperçois qu'il faut aller au fond des choses, faut pas avoir peur. Avec Cédric quand on a des coups de moins bien, on s'autorise à pleurer tous les deux, je lui dis Cédric vas-y pleure un bon coup ce n'est pas facile ce qui nous est arrivé. On a le droit d'en vouloir au Bon Dieu pour certaines choses...

Quatre ou cinq après l'accident, Sophie donnait à manger à Cédric. "Ce petit homme fragile" était encore tétraplégique, "vais-je être garde-malade toute ma vie ?" se demande-t-elle. Tout plutôt que cet avenir "emmuré". Elle part trouver ce fameux professeur de philo. Une amie qui était là lui dit tu n'es pas seule... "À ce moment j'ai pleuré comme jamais des larmes de joie à sentir l'amour de Dieu, toute la chaîne d'amitié autour de nous. J'ai senti à quel point l'amour de Dieu et des hommes était vital pour moi et que je ne pouvais pas vivre comme s'il n'y avait pas tout ça."

 

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