Les paysans du XXIè siècle, retour à la terre

Présentée par Stéphanie Gallet

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Le temps de le dire

vendredi 26 février 2016 à 9h03

Durée émission : 55 min

Les paysans du XXIè siècle, retour à la terre

© Pixabay

L'agriculture ouvre son salon demain. Le secteur attire de nombreux urbains désireux de produire de la qualité en circuit court. On en parle avec Stéphanie Gallet.

Absence de reconnaissance, faible rémunération, conditions de travail difficiles... Dans le contexte actuel de crise agricole, on se demande bien ce qui peut motiver les uns et les autres à vouloir devenir agriculteur. Ils sont pourtant nombreux chaque année à entrer en agriculture. Ce sont des fils et filles d'agriculteurs mais aussi des jeunes éloignés du milieu rural ou des adultes en reconversion. Philippe Bréant qui dirige un lycée agricole dans l'Eure le constate: "Sur 100 élèves, seulement 25 sont fils et filles d'agriculteurs".

Cependant, on ne s'improvise pas éleveur ni paysan. Une fois le pas franchi et la décision prise, le plus dur reste à faire. Il y a des techniques à maîtriser, des règlementations à connaître, une expérience à forger. C'est aussi une question de moyens et d'accès à la terre. Le métier d'agriculteur a aussi un impact fort sur la vie de famille. "Surtout quand on a la responsabilité d'animaux", précise Sylvain Pechoux. Animaux dont il faut s'occuper "tous les jours et toute l'année", comme il en avertit aux futurs agriculteurs qu'il accompagne via l'association Les champs des possibles. A noter toutefois, comme le constate Marie Balthazar au sein de l'association Terre de Liens, "de plus en plus de porteurs de projets qui s'engagent vers le métier agricole le temps d'une petite carrière" et vers 40 ou 50 ans se tournent vers d'autres métiers mois difficiles physiquement.

 


Illustration ©Reporterre

 

L'image des enfants qui jouent dans la ferme quand les parents travaillent, c'est aussi ce qui attire les "néo-paysans", observe Gaspard d'Allens, qui a enquêté sur les trentennaires issus de milieux urbains, qui font le choix de la campagne. Un phénomène de société puisqu'ils sont de plus en plus nombreux. Selon le journaliste de Reporterre, c'est d'ailleurs une bonne nouvelle: "Si on veut garder notre souveraineté alimentaire et si on veut défendre notre modèle agricole, il faut faire en sorte que la ruralité soit vivante, ces territoires ne peuvent pas être délaissés ni désertifiés".

 

Illustration ©Reporterre

 

Devenir paysan c'est se donner le plaisir d'être au grand air, de travailler de façon autonome et surtout de pouvoir valoriser ses produits devant les consommateurs. En réalité si l'on veut faire de la qualité, la seule voie d'avenir pour les jeunes agriculteurs c'est le circuit court. Il y a là pour Philippe Bréant "un message d'espoir". Selon lui, de toute évidence "l'agriculture va changer", même s'il y aura toujours des agriculteurs traditionnels "pour fournir des produits à prix bas".

 

Invités

  • Gaspard d'Allens , journaliste à Reporterre

  • Philippe Bréant , directeur du Lycée agricole privé de Tourville sur Pont-Audemer

  • Sylvain Pechoux , accompagnateur de créateurs d'activités agricoles au sein de la couveuse d'activités agricoles Les champs des possibles

  • Marie Balthazar , coordinatrice de l'association Terre de liens Alsace

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L'émission

Tous les jours du lundi au vendredi, à partir du lundi 4 septembre 2017

La grande émission interactive pour aborder tous les sujets de société, qui font l'actualité. Stéphanie Gallet reçoit ses invités pour réfléchir, approfondir, apprendre et donner du sens à tous les sujets du moment. Posez vos questions ou témoignez en direct pendant l’émission 04 72 38 20 23 ou par mail à l'adresse letempsdeledire[arobase]rcf.fr.

Le présentateur

Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.