Abus dans l’Eglise : le plan de refondation de la communauté Saint Jean

8 novembre 2019 Par

Le chapitre général de la communauté Saint Jean s’est achevé vendredi 1er novembre dernier, avec une réforme en profondeur de ses statuts.

Réforme des statuts, suppression de la mention "figure spirituelle" pour évoquer le fondateur de la communauté, le père Marie-Dominique Philippe. Après les révélations concernant les abus pratiqués au sein des Frères et sœur de Saint-Jean, la communauté a réagi. Au terme d’un long processus, les nouvelles bases sont désormais posées.
 

Le père Marie-Dominique Philippe n'est plus la référence spirituelle

"On vient de vivre une étape clé de l’histoire de notre communauté. Nous avons eu une prise de position forte par rapport à deux éléments : notre rapport au fondateur et ensuite une revisite de notre charisme. Cela a été préparé depuis un petit moment. C’est l’aboutissement d’une longue démarche. Il y a un mouvement d’ensemble" explique le Frère Jean-Yves, en charge de la communication à la communauté.

Cette longue réflexion a donc abouti au constat que le fondateur ne puisse plus être considéré comme un père spirituel. "Le père Marie-Dominique Philippe reste notre fondateur. Mais il n’est plus notre référent concernant notre charisme. Le charisme est  vivant. Si jamais le charisme est vivant, il ne peut se référer à une vie déviante du fondateur. Il n’est plus la référence pour notre charisme" ajoute-t-il.
 

"On ne peut pas faire table rase de tout"

Les frères de Saint Jean doivent désormais penser à l’avenir, et à la reconstruction de leur communauté, sur ces nouvelles bases. "Si jamais il faut revisiter nos fondations, on ne peut pas faire table rase de tout. On a une histoire douloureuse, mais en même temps notre communauté porte du fruit" lance-t-il.

Des conclusions importantes pour les membres de la communauté, mais plus particulièrement pour les victimes. "Il y a eu des abus graves de la part de notre fondateur. Il y a eu des abus graves de la part de certains de nos frères. On voit qu’il y a quelque chose d’ancré dans notre histoire. C’est une manière de dire aux victimes : oui votre souffrance a le droit d’être exprimé. Oui il y a eu des abus graves, et nous faisons tout notre possible pour revisiter notre histoire, et pour que de tels actes ne puissent jamais se reproduire" conclut le frère Jean-Yves.
 

Frère Jean-Yves, en charge de la communication à la communauté Saint-Jean, au micro de Jean-Baptiste Labeur:

 

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