"Nous ne sommes pas en période de persécution ! Mais en période de pandémie".

5 mai 2020 Par

© 2020 RCF - Mgr Laurent Percerou - Photo Diocèse de Moulins

Après une semaine de tension entre Gouvernement et Eglise de France les évêques se sont retrouvés ce lundi 4 mai 2020. L'occasion pour Mgr Laurent Percerou de lancer un message d'apaisement.

Une semaine après l'annonce du Premier Ministre les évêques de France se sont retrouvés ce lundi 4 mai pour une assemblée plénière en visioconférence. L'occasion pour les représentants des Diocèses d'échanger sur les tensions qui ont germés ces derniers jours mais aussi de préparer l'après 11 mai. Mgr Percerou, évêque du Diocèse de Moulins, parle d'un besoin "d'apaisement" et invite les catholiques à se tourner vers l'après 11 mai qui doit être "une sorte de recommencement".
 

"Le gouvernement n'a pas de volonté de porter atteinte à la liberté des cultes"

Si l'évêque du Diocèse de Moulin partage la décéption de ne pas pouvoir de nouveau célébrer avec les fidèles dès le 11 Mai il invite les catholiques à faire preuve de mesure et lance un appel à l'apaisement. "Le gouvernement n'a pas la volonté de nous bâillonner" insiste Mgr Laurent Percerou avant de rappeler que "nous ne sommes pas en période de persécution, nous sommes en période de pandémie". Une position que partage Mrg Eric de Moulins-Beaufort, le président de la Conférence des Evêques de France a expliqué que "L'Eglise n'a pas à lutter contre un énnemi extérieur, mais les catholiques doivent prendre leur part pour lutter contre un ennemi (le COVID-19) qui touche toute l'humanité et qui touche notre communauté nationale". Cette lutte les Chrétiens y ont largement contribué en étant "irréprochables" explique le Père Evêque tout en invitant les fidèles à se tourner vers l'objectif du 2 juin avec l'espoir de se retrouver légèrement avant pour la fête de la Pentecôte (Le Premier Ministre a évoqué devant les sénateurs la possibilité de laisser des cérémonies se dérouler à partir du 29 Mai, si le niveau de l'épidémie le permet).
 

Voir le 11 Mai comme un recommencement

Si le 11 Mai les célébrations ne pourront toujours pas se dérouler en présence des fidèles Mgr Laurent Percerou insiste sur le fait que la vie spirituelle ne s'est pas arrêtée et que le déconfinement progressif permettra de se déplacer dans les Eglises pour "retrouver un début de vie communautaire et fraternelle en petite équipe". Les bénévoles et les prêtres pourront de nouveau se retrouver en équipe de 10 personnes maximum pour "prier ou préparer la rentrée" et voir comment "relancer la cathéchèse pour les enfants même si cela sera compliqué. Mais on devrait pouvoir y arriver" précise l'évêque de Moulins. "Il faut donc voir cette date comme une première étape et nous redonner de l'Espérance et de la Joie si, ce que je n'espère pas, nous l'avions un peu perdu".
 

Prudent sur les messes "à la maison"

A l'occasion de cette visioconférence les Evêques de France ont aussi évoqué la possibilité de dire la messe directement au coeur des maisons des fidèles. Des messes domestiques qui "questionne" Mgr Percerou qui rappel que la "Messe à une dimension publique, elle ne doit pas être privée" et de rappeler qu'il sera difficile de "choisir" les familles qui pourront profiter de la Messe. "Si nous pouvons comprendre que cela soit possible pour accompagner les personnes mourantes, handicapées, c'est plus difficile pour les personnes valides" avant de préciser que c'est "L"église qui est le lieu ordinaire du rassemblement Eucharistique".
 

Ecoutez l'interview de Mgr Laurent Percerou, évêque du Diocèse de Moulins :

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