Après Lyon Tête d'or, un nouveau centre Dentexia fermé

2 mars 2016 Par

Après le centre dentaire "Tête d'or", l'Agence Régionale de Santé vient d'ordonner la fermeture du centre de Chalon-sur-Saône pour des raisons d'hygiène.

C'est le deuxième centre Dentexia à fermer depuis le début du mois de février. A ce moment, L’Agence régionale de santé (ARS) Auvergne-Rhône-Alpes avait décidé de fermer le centre Dentexia «Tête d’or» de Lyon à la suite d’une inspection. Interpellés entre autres par des professionnels de la santé, l'ARS avait constaté sur place des manquements aux règles d'hygiène.

En cause notamment, la sécurité des actes qui n’était pas garantie, une insuffisance de produits de nettoyage et de désinfection, et un défaut d’évacuation des déchets de soins. Des éléments qui se retrouvent dans le centre de Chalon-sur-Saône et qui ont justifié sa suspension immédiate. La décision intervient alors que Dentexia est toujours en redressement judiciaire.
 

Une association de santé dentaire "low cost"

Composé de cinq centres dentaires dont trois dans l'agglomération lyonnaise, Dentexia est structuré sous forme d'association et connue pour ses services "low cost". Depuis sa création, elle propose des prix de soins inférieurs à ceux prodigués habituellement par les cabinets dentaires. Sa méthode: salarier les dentistes et rationaliser les actes, en regroupant par exemple en une seule date ce qui pourrait être fait lors de plusieurs rendez-vous. Dès l’ouverture du premier centre à Vaulx-en-Velin en 2008, Dentexia avait alors soulevé la colère de la profession. Pour l'ARS en Auvergne-Rhône-Alpes, pas question cependant d'épingler l'association sur l'argument du low-cost.
 

Un enlisement financier

Si l'ARS ne peut intervenir que sur les règles d'hygiène et de sécurité, la cause du scandale est multiple, et intrinsèquement liée aux difficultés financières de l'association. En novembre dernier l’association avait notamment été placée en redressement judiciaire par le tribunal de grande instance d’Aix-en-Provence. Depuis, l'association s'est embourbée dans des difficultés financières. Anne Exmelin est reponsable de la mission d'inspection et de contrôle à l'Agence Régionale de Santé Auvergne-Rhône-Alpes.

Aujourd'hui, près de 300 anciens patients dénoncent les pratiques des centres dentaires. Rassemblés dans un "Collectif contre Dentexia", ils racontent avoir payé l’intégralité des soins à l'avance, sans garantie que ceux-ci soient prodigués.

En Rhône-Alpes deux autres centres Dentexia sont encore ouverts, à Vaulx-en-Velin et dans le 8ème arrondissement de Lyon. Ces cabinets font aujourd'hui l'objet d'une surveillance accrue de la part de l'ARS.