Birmanie: Aung San Suu Kyi déclarée victorieuse aux élections

Le dépouillement des bulletins de vote est toujours en cours, mais la victoire de l’opposante birmane Aung San Suu Kyi est désormais plus que probable.

La Birmanie est sur le point de vivre l'alternance politique. Le président par intérim du parti au pouvoir a reconnu sa défaite face au parti de l’opposante Aung San Suu Kyi. Le dépouillement des bulletins de vote est toujours en cours et les résultats définitifs ne sont pas attendus avant ce soir ou demain.
 
La ligue nationale de la démocratie semble l’emporter largement, même si le prix Nobel de la paix appelle pour sa part à attendre les résultats. Une chose est sure, il s’agit là d’une étape importante. C’est ce que nous dit Cécile Harl, coordinatrice pour l’association Info Birmanie, qui milite en faveur des droits de l’homme en Birmanie. Elle a suivi en tant qu’observatrice les élections à Rangoun.
 
Il s’agit d’une élection historique. Tout d’abord car la victoire de l’opposante ferait sortir le pays d’une longue période de junte, un pays désormais en ruine. Ensuite car lors des dernières élections, Aung San Suu Kyi était en résidence surveillée, aujourd’hui elle a les moyens de devenir Premier ministre.
 
Mais même s’il ne fait aucun doute que le prix Nobel de la paix remporte cette élection, se pose aujourd’hui la question de savoir à quel niveau va-t-elle la remporter. Une large victoire pourrait lui permettre d’obtenir la majorité des 2/3 au Parlement, ce qui permettrait au nouveau gouvernement d’envisager une révision de la Constitution. Un tel changement serait évidemment bénéfique pour le pays, après celle édictée par la junte.
 
Mais nombre d’observateurs craignent que le dépouillage des bulletins de vote, particulièrement dans les endroits les plus reculés du pays, ne soient l’objet de trucages de la part des soutiens de la junte birmane. Pas de quoi empêcher Ang San Suu Kyi de remporter le siège de Premier ministre, mais suffisamment pour lui mettre des bâtons dans les roues afin de remettre le pays sur les rails.

Les précisions de Cécile Harl, interrogée par Florence Gault