Emmanuel Macron lance "En marche !", un nouveau mouvement politique

7 avril 2016 Par

Le ministre de l’Economie vient de lancer un nouveau mouvement politique. Ni à gauche, ni à droite, "En marche !" a reçu les félicitations du patronat, et à droite.

Emmanuel Macron prévient : il n’est pas candidat à l’élection présidentielle de 2017 et cette nouvelle formation politique n’est pas l’aveu de certaines ambitions électorales. Le ministre de l’Economie vient de lancer "En marche !", un mouvement politique qui n’est "pas à droite, pas à gauche", dans le but de "construire quelque chose d’autre", d’"essayer d’avancer" face aux "blocages de la société".

Une initiative qui n’a pas manqué d’être saluée par le patronat. Ainsi, Pierre Gattaz, patron du Medef, a salué le côté "rafraichissant" de cette formation politique. Interrogé sur France Inter, le président de l’organisation patronale a déclaré : "j’aime bien l’initiative d’Emmanuel Macron, ça permet de sortir de la politique politicienne". Pierre Gattaz n’est pas le seul patron à apprécier "En marche !". Selon les informations de Médiapart, la formation politique serait hébergée au domicile privé de Claude Bébéar, fondateur de l’Institut Montaigne.

A droite, la réaction qui aura fait le plus de bruit est sans doute celle de Jean-Pierre Raffarin. Interrogé sur France 2, l’ancien Premier ministre a déclaré que "ça va plutôt dans la bonne direction, ça apport un peu de sang neuf, ça fait peut-être bouger le vieux socialisme". Celui qui soutient le maire de Bordeaux aux primaires de la droite a également ajouté ne pas voire d’incompatibilité entre Emmanuel Macron et Alain Juppé. La semaine passée, invité de Face aux Chrétiens sur RCF, KTO, La Croix, et Radio Notre Dame, Jean-Pierre Raffarin avait déjà salué le ministre de l’Economie en déclarant être "d’accord à 99,9 % avec Emmanuel Macron".

A gauche, les réactions sont plus mitigées. Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, a estimé que "s’il contribue à élargir la majorité, son apport est positif" mais "s’il veut changer le centre de gravité de la gauche, il fait fausse route". Le parti socialiste craint en effet que l’initiative d’Emmanuel Macron ne désagrège encore plus la majorité à gauche. Au gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem a salué le côté vertueux de la démarche tout en précisant qu’elle adhérait moins au "ni droite ni gauche". La palme de l'humour revient enfin à la secretaire d'Etat aux personnes âgées et à l'autonomie, qui, après l'annonce d'Emmanuel Macron, a incité ses followers sur Twitter à écouter "Je Marche Seul", de Jean-Jacques Goldman !

L'analyse de Pierre Brechon, professeur de sciences politiques à l'IEP de Grenoble: