"L'Europe les faisait rêver": enquête au coeur de la prostitution africaine

5 juillet 2017 Par

Plongée au coeur de la prostitution africaine et de ses réseaux à travers un reportage grand format de Camille Maleysson, de RCF Poitou.

Une vie de rêve en Europe?

Camille Maleysson est partie à la rencontre des femmes africaines victimes des réseaux de trafics d’êtres humains. Elle a enquêté sur la traite de jeunes nigérianes poussées à se prostituer alors qu’on leur fait miroiter une vie rêvée en France. En arrivant dans l'hexagone, elles déchantent bien vite et sont prises au piège.
 
L'idée d'un tel reportage est venue à la suite d’une rencontre avec un jeune migrant à la gare de Poitiers en décembre 2016. "Il nous a expliqué qu’il connaissait des filles mineures forcées à se prostituer. On a donc alerté les services de l’Etat auprès de qui nous avons pu recouper nos informations, mais sans plus de détails" déclare la journaliste.

Des femmes considérées comme des objets

 De fil en aiguille, la rédaction débute son investigation et contacte Catherine Coutelle, députée de la Vienne de 2007 à 2017, ancienne présidente de la délégation de l’Assemblée nationale aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes. Cette dernière oriente la journaliste vers Emma Crews, à la tête d’une association qui aide les victimes de la prostitution "Les Amies des Femmes de la Libération" à Poitiers. C'est part ce biais qu’elle entre en contact avec trois filles nigérianes dès le mois de mai 2017. 
 
L’enquête s’est étalée sur six mois, de décembre à mi-juin. Le temps de rassembler les informations nécessaires et recueillir les témoignages des jeunes femmes. Ce qui l'a le plus marqué, c'est sans aucun doute la violence. "Les trois jeunes filles que j’ai rencontrées ont à peu près mon âge, mais elles n’ont pas du tout eu le même destin que moi. Et très souvent les interviews se sont terminées en larmes, et j’avais du mal à rester "professionnelle", à garder de la distance.  Ce qui m’a frappé c’est la domination masculine, ces femmes sont considérées comme des objets, elles ne sont pas humaines pour les clients" conclut Camille Maleysson.
 

Le reportage de Camille Maleysson dans son intégralité: