Marseille: après l'attaque, la réaction de Mgr Georges Pontier

2 octobre 2017 Par

L'archevêque de Marseille et président de la Conférence des Evêques de France réagit à l'attaque terroriste qui a fait deux morts, dimanche, à la gare Saint Charles de Marseille.

Dimanche, en milieu de journée, le terrorisme frappait durement la ville de Marseille. Vers 13 heures, sur le parvis de la gare Saint-Charles, un homme s'attaquait violemment à deux jeunes étudiantes avant d'être abattu par des militaires, réservistes, de l'opération Sentinelle.

La peine de l'archevêque de Marseille

"J’ai une grande peine pour ces deux jeunes dont la vie vient d’être arrêtée de manière cruelle, et puis pour leurs familles. Elles avaient toute leur vie devant elles. Elles ont été fauchées par la cruauté, la bêtise, l’endoctrinement [...]" déclare Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille, au micro de Pauline de Torsiac.

Le président de la Conférence des Evêques de France a une pensée particulère pour les familles de ces deux jeunes filles [l'une des deux faisait partie du mouvement des Scouts et Guides de France NDLR].  "On aurait envie de connaître ces familles, et de les serrer dans nos bras. Elles vivent un moment terrible, qui va entraîner un combat en eux-mêmes, pour vivre avec cette blessure qui ne se referme jamais totalement. Cela fait désormais partie de leur histoire. Nous ne pouvons les aider qu’en leur montrant une grande chaleur humaine, et en les aidant à retrouver une certaine forme de paix" ajoute Mgr Georges Pontier.
 

Sentinelle: "une mission de service" pour Mgr Pontier

L'archevêque de Marseille n'oublie pas non plus les soldats de la force Sentinelle, à qui l'on doit la neutralisation du tueur de la gare Saint-Charles. "Quand on voit les hommes et les femmes de l’opération Sentinelle en action sur nos sites  à Marseille, et ailleurs, on éprouve un profond respect pour eux. Ils font une tâche qui est sans relief au quotidien, mais qui devient précieuse dès qu’il y a un incident. Je suis toujours touché de voir ces hommes et ces femmes dans une mission de service, qui extérieurement parlant n’a pas tellement d’éclat et ne correspond pas vraiment à ce qui devait habiter leur projet professionnel quand ils ont choisi ce métier. Ils sont là, serviteurs" lance-t-il à ce sujet.

Dans ce contexte de menace terroriste, s’est ouvert lundi 2 octobre, dans une ambiance lourde, le procès du frère de Mohamed Merah, accusé de complicité dans les attentats commis par son petit frère en mars 2012 dans la région toulousaine. "On peut céder à la peur mais il ne faut pas y rester. La peur ne conduit à rien de bon. Elle ne conduit qu’à la surenchère de la violence. Il faut se raisonner. Nous n’avons comme solution d’avenir que le fait de rester solidaires, de travailler à l’éducation et à la culture. De jeunes hommes qui se transforment en meurtriers ont en eux un manque d’intelligence. Ce qui doit nous motiver, c’est ce travail du respect et de la réflexion, de la fraternité humaine" conclut l'archevêque de Marseille.

Mgr Pontier insiste enfin sur le fait de ne pas céder au repli sur soi. Ne pas céder à la peur, et promouvoir la fraternité, c’est l’un des objectifs de "Marseille espérance", une instance où sont représentées toutes les communautés religieuses et qui vise à démontrer que l’on peut vivre ensemble. Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb pourrait d'ailleurs bien s’en inspirer pour créer ,d’ici la fin de l’année ,une "instance informelle de dialogue et de concorde entre les autorités des principaux cultes".

Mgr Georges Pontier au micro de Pauline de Torsiac: