Notre-Dame-des-Landes: l’Etat débute les expulsions dans la ZAD

9 avril 2018 Par

Trois mois après l’annonce de l’abandon du projet de l’aéroport sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, les expulsions ont démarré.

Pas moins de 2 500 gendarmes ont été mobilisés lundi 9 avril pour mener une délicate opération d’expulsions prévue sur plusieurs jours. Ils avaient pour objectif de démanteler 97 squats. Il s’agissait aussi d’expulser les occupants de la zone qui n’auraient pas régularisé leur situation. De leur côté les zadistes ont prévu une résistance physique et déterminée.
 

"Personne n'est légitime pour se faire expulser"

La réaction de Camille à l'opération d'évacuation. Elle est habitante de la ZAD. "On dénonce une situation en complet paradoxe avec ce qui est prétendu par la préfète. Elle prétend vouloir trouver une solution sereine et apaisée à la situation et elle envoie 2.500 gendarmes. Elle prétend vouloir trouver une solution alors qu’il y a une délégation unitaire issue du mouvement qui a commencé un processus de discussion avec elle et avec la DDTM. Il faut du temps pour que des solutions puissent être trouvées. Tout le monde l’a reconnu. Et en fait elle est en train d’expulser les personnes qui ont défendu et préservé ce bocage" explique-t-elle.
 

Camille, zadiste à Notre-Dame-des-Landes:

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Pour cette dernière, habitante de la ZAD, les personnes en irrégularités n'existent tout simplement pas. "C’est un propos fallacieux de dire ça. En fait, même les paysans historiques sont techniquement encore squatteurs sur la zone. Il est faux de dire que certaines personnes ont régularisé leur situation et d’autres ne l’ont pas fait, et que donc il serait légitime de les expulser. Il faut arrêter de défendre ce discours. C’est ridicule. Personne n’est légitime pour se faire expulser et nous sommes tous solidaires les uns des autres" ajoute la zadiste.

Camille, au sujet des expulsions:

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"Des barricades enflammées" et des "bouteilles de gaz"

A la mi-journée, selon la préfète des Pays de la Loire, Nicole Klein, sept squats avaient été démantelés, trois étaient en cours d'évacuation et six personnes se trouvant sur un squat avaient été "expulsées", les autres squats étant "vides". Elle a ajouté que l’objectif de démanteler une "quarantaine de squats" sur 97 était "presque atteint" et que l’opération était "parfaitement dans les règles". "L’objectif est presque atteint, on a été plus vite qu’on pensait" a-t-elle également précisé.

De leur côté, les forces de gendarmerie se sont heurtées à une vive résistance. Richard Lizurey, directeur général de la Gendarmerie nationale a indique que l'opération s'était conduite assez rapidement, malgré une résistance importante. "Toutes les barricades ont été enflammées, certaines comportaient des bouteilles de gaz" a-t-il indiqué.
 

"Une évacuation qui ne cache pas la capitulation du gouvernement"

 Bruno Retailleau est sénateur de Vendée et ex-président de la région Pays-de-la-Loire. Il approuve la décision du gouvernement d'intervenir mais regrette sa capitulation sur le projet due selon lui à la violence des zadistes. "Je me réjouis de cette évacuation. Il y a longtemps qu’elle aurait dû avoir lieu parce que ces zadistes sont des ultraviolents. Ils ont terrorisé pendant des années les riverains. Ils ont brûlé une voiture de gendarmerie. Il faut s’en souvenir. Maintenant cette évacuation ne cache pas la capitulation du gouvernement puisque c’est grâce à la violence que le gouvernement a reculé. Il y avait eu un référendum, une consultation publique pour l’aéroport et près de 190 décisions de justice. C’est parce que les zadistes ont fait ce chantage à la violence que le gouvernement a décidé d’abandonner Notre-Dame-des-Landes" conclut le sénateur.
 

Bruno Retailleau, ex-président de la région Pays-de-la-Loire:

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